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A propos de la bibliothèque : BIBLIOTHÈQUE JEAN BALESDENS


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3, rue de l'Eglise
80260 NAOURS
France

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Les coups de cœur de ses bibliothécaires

  • Isabelle Ignaczak : La consolante - Anna Gavalda - Dilettante, Paris, France - 18/03/2008

Lorsque j'ai commencé les premières lignes de ce livre, j'ai été déconcertée. Son écriture est surprenante. Bien différente de celle d'Ensemble c'est tout. Il m'a fallu deux ou trois pages pour m'adapter mais ensuite, c'était parti. J'irai même jusqu'à dire qu'il me plaisait. On passe d'un texte qui se lit comme une succession de notes à une écriture plus romancée, plus sensible. Charles, le narrateur, énumère ses souvenirs et parfois se laisse gagner par les émotions. Enumérer comme pour se protéger de ces sentiments qui sont là et qui ne demandent qu'à s'exprimer. Froideur du texte comme pour se préserver de la douleur. D'ailleurs plus on avance plus le haché laisse la place à une écriture fluide et émue. Et plus ces petites notes ne sont là que pour nous indiquer des gestes entre de longues discussions ou pensées.

Anouk m'a bouleversée. Elle en a consolé du monde...

Quant à Charles je l'ai trouvé troublant, aussi bien dans sa gaieté que sa tristesse.

Et enfin Kate, un vrai bonheur à elle toute seule, cette personne pourtant elle aussi un peu abîmée par la vie.

Oh oui ils m'ont beaucoup plu tous ces personnages. Ils sont attachants, beaux dans leur caractère, leur amour, leur douleur, leur joie et leur peine.

Et puis quand Charles passe ce pont menant à la maison de Kate, un peu bohème, faite de bric et de broc, avec ses pots en terre partout, des enfants qui courent, ses animaux et son odeur de feu de bois et de gâteaux au chocolat, et bien le charme opère. L'esprit des lieux. Parfois on peut dire de certains passages qu'ils sont un peu trop romancés et idylliques, oui on peut, mais ce n'est pas grave, je prends, je saute à pieds joints dedans parce que ça fait du bien et que c'est du bonheur en pages !

L'amour est omniprésent dans cette histoire.

Enfin deux ou trois petites choses sont délicieuses. Je me suis demandée si Anna Gavalda n'était pas venue dans mon village pour observer la vie des gens. Et puis il y a ces petites piques ironiques à l'encontre de ce que moi aussi je déteste alors... régal ! Certains membres de la famille valent le détour et la description d'une certaine maison est très drôle ! Des petits plus que j'ai bien aimés.

Madame Gavalda, votre écriture est pleine de charme et j'ai beaucoup aimé votre livre ! Beaucoup ! J'en aurais bien repris quelques pages. Juste par gourmandise.


  • Isabelle Ignaczak : L'enfant silence - Cécile Roumiguière - Seuil Jeunesse, Paris, France - 16/03/2008

L'enfant silence c'est de l'émotion et de la beauté pure. Le texte est intense, les illustrations qui l'accompagnent sont touchantes, émouvantes et bien sûr magnifiques. Elles sont toutes si évocatrices des sentiments de cette enfant, si en accord avec le texte. L'un et l'autre se renforcent, donnent de la puissance aux émotions. Ce qui m'a le plus touchée c'est l'impression de silence. J'ai lu cette histoire, j'ai refermé le livre et je n'ai rien dit.
C'est un très beau livre.


Fais dodo, Colas mon petit frère, fais dodo, t'auras du lolo...

Tout le monde connaît cette berceuse ! Je l'ai souvent chanté à mes poulettes. Didier jeunesse vient de la sortir dans sa collection Pirouette, petits livres qui mettent en images des chansons bien connues.

Fais dodo est illustré par Delphine Grenier et il est...Ah je fonds ! Pastel, douceur, bébé, tendresse, amour, voilà tous les mots qu'il m'inspire cet album si joli. Regardez cette famille autour de ce petit qui n'arrive pas à s'endormir, c'est adorable.

Un bonheur à lire avec un tout petit !

Quelques titres dans cette collection : Pirouette cacahouette, Trois petits chats, Au clair de la lune, J'aime la galette, Dame tartine, Un grand cerf, Une poule sur un mur, loup y es-tu ?...


  • Isabelle Ignaczak : La rêveuse d'Ostende - Eric-Emmanuel Schmitt - Albin Michel, Paris, France - 09/03/2008

J'ai beaucoup aimé ce recueil de nouvelles.
Dans la première on oscille entre rêve et réalité. Qu'est-ce qui est vrai ? Qu'est-ce qui ne l'est pas ?
Dans la deuxième on se rend compte qu'une imagination débordante peut complètement fausser la réalité et amener quelqu'un à commettre le pire et ce par erreur !
La troisième nous montre que bien souvent on se voit à travers le regard des autres. Un mot gentil et charmeur et les inhibitions sautent. Une critique et l'on se referme sur soi.
La quatrième nous brosse le portrait d'un homme acerbe qui a des idées préconçues. Pourtant un jour il se laissera tenter par une chose qu'il refusait de faire avant : lire un roman !
Enfin dans la cinquième nouvelle, plusieurs personnes brodent une histoire autour de cette femme qui attend tous les jours sur le quai d'une gare.
Eric-Emmanuel Schmitt, dans un style simple et précis a su exprimer les émotions, la vision des choses de ses personnages, leurs impressions bonnes ou mauvaises. Il les exprime tellement bien que parfois on s'identifie à ces personnes. On se dit "mais oui ! je réagirais comme ça moi aussi".
J'ai vraiment passé un très bon moment en lisant ce livre.


  • Isabelle Ignaczak : Le loup de la 135e - Rebecca Dautremer - Seuil Jeunesse, Paris, France - 03/03/2008

Cet album vient de sortir et c'est un gros coup de coeur pour moi. Ma libraire jeunesse me l'a mis dans les mains dès que je suis entrée dans la librairie samedi. Elle savait très bien ce qu'elle faisait. Elle savait que je ne repartirai pas sans. Oh non pas dans un souci de vente, non ! Elle voulait que je ne rate pas ce livre. Parce que c'est un p'tit bijou.

Les illustrations de ce livre grand format sont à tomber. Des doubles- pages...waouuuh ! Et elles ne sont pas de Rebecca Dautremer. Et non ! Elle, sur cet album, elle est auteure. Et oui ! Les illustrations sont d'Arthur Leboeuf. Ce dernier a un sacré coup de crayon. Les personnages, les rues, les immeubles de briques rouges avec leurs escaliers de secours, les voitures -Cadillac, Pontiac, Chevrolet, Buick-Brodway, le pont de Brooklyn, les panneaux publicitaires, tout y est. Et le texte de madame Dautremer est vraiment très chouette. Le ton est en accord avec le quartier d'Harlem.

"Tu en ris maintenant, mais à l'époque, t'étais pas aussi fier : Chili Vince, le caïd de la 135e, s'était fait tirer les oreilles par un grand-père ! Il s'en était pas laisser compter le vieux Jonhson ! Tes chaussures à bout pointu et ton joli chapeau en poil de chameau, ça n'a pas du l'impressionner beaucoup !"

Elle sait tout faire cette dame !

Ce petit chaperon rouge version Harlem est un livre cool, bien balancé. Très chouette quoi ! A ne surtout pas rater !


  • Isabelle Ignaczak : La route - Cormac McCarthy - Ed. de l'Olivier, Paris, France - 21/02/2008

Voici un livre que j'ai lu parce qu'un ami m'a dit que je ne pouvais pas passer à côté, et ensuite parce que les critiques que j'ai lues à son sujet étaient élogieuses et présentaient ce roman comme hors du commun.

Hors du commun il l'est vraiment. Ils sont seuls, le père et le fils. L'apocalypse a eu lieu et autour d'eux des cendres, rendant le paysage gris. Parfois des villes, des maisons pillées. Ils cherchent de la nourriture ; parfois, par chance, ils en trouvent. Ils se cachent, se terrent parce que les gens qui ont survécu ne sont pas tous gentils. Ceux-là ont sombré dans la barbarie pour survivre. Ils souffrent du froid. Ils traversent des lieux où ils voient toutes ces choses qui sont bien inutiles maintenant. Ils survivent en sachant que de toute façon la mort les rattrapera. Et pourtant, il y a beaucoup d'amour entre ces pages sombres. L'amour que cet homme et ce petit se portent. Un amour qui les aidera à tenir malgré la peur et l'angoisse. Un amour qui fera qu'eux ne sombreront jamais dans l'horreur. Se fixant des limites à ne pas dépasser. Et ils se parlent. Peu mais ils se parlent. Le père le veut, lui dit. Il faut que tu me parles. Pour faire sortir les sentiments. L'angoisse. Mais il y a aussi l'espoir. Le petit se dit que peut-être ailleurs il y a d'autres gentils comme eux. D'autres enfants. Quelque chose les porte, les emmène chaque jour un peu plus loin. Ne pas s'arrêter. Continuer à marcher sur la route.

"Il faut que tu portes le feu.
Je ne sais pas comment faire.
Si, tu sais.
Il existe pour de vrai le feu ?
Oui, pour de vrai.
Où est-il ?
Je ne sais pas où il est.
Si tu le sais. Il est au fond de toi. Il y a toujours été. Je le vois."

Oui ce livre est hors du commun, inhabituel. Pas du tout mon genre de lecture en temps normal. Mais pourtant je ne regrette pas de l'avoir lu. Il est porteur d'un message. Je ne saurais pas vous dire lequel ! Oui je sais, c'est surprenant. Un livre à découvrir assurément.


  • Isabelle Ignaczak : L'échappée - Valentine Goby - Gallimard, Paris, France - 18/02/2008

C'est la guerre. Elle est jeune. Elle travaille dans un hôtel comme femme de ménage et serveuse. Le week-end elle rentre à bicyclette chez ses parents à 10 km de là. Un dimanche soir, elle rentre en retard, après le couvre-feu et bien sûr, deux agents la surprennent. Un homme, dont elle remarque toute de suite les mains si fines, lui vient en aide en disant qu'elle l'accompagne. Cet homme est un client de l'hôtel. Un allemand. Un pianiste. Ce sera le début d'une histoire. Avec tout ce que cela entraînera. Les regards méchants des autres employés. Les silences de la patronne qui semble comprendre. De cette rencontre naîtra un enfant. La guerre se terminera et il faudra vivre avec tout ça. Ce sera loin d'être facile. Comme un défi pour cette enfant.

Ce roman est très émouvant et éprouvant.

J'ai aimé le d'écriture rapide, aux phrases courtes mais exprimant beaucoup de sentiments. Rappelant justement ces temps de guerre pendant lesquels il ne fallait pas perdre de temps. Ecriture adaptée aussi à cette histoire cachée, haletante. Il faut savoir profiter de chaque instant, le temps est compté.

Quand elle l'écoute jouer du piano. C'est intense. Ils sont ailleurs, dans la musique. Moment de répit et beauté de l'instant. Les morceaux sont si bien décrits qu'on les entend presque. Et puis il y a à chaque fois le retour à la réalité et aux autres.

Et la guerre est bien là, si dure. Elle ôte tout droit d'aimer. Et tout le long du livre je me suis demandée si on avait le droit d'interdire d'aimer et surtout comment j'aurais réagi moi, à ce moment là et face à ces femmes qui ont aimé l'ennemi ? Je savais ce qu'on leur a fait après l'armistice, bien sûr, mais quand j'ai lu ce passage où on les tond... C'est terrible.

Et puis il y a ces différentes fins. Comme si Valentine Goby nous donnait la possibilité de respirer un peu en nous laissant le choix de celle qui nous conviendra le mieux.

C'est un très beau livre.


  • Isabelle Ignaczak : Le parapluie vert - Dong-Jae Yun - Didier Jeunesse, Paris, France - 17/02/2008

Il pleut et Yéong qui va à l'école est protégée par son parapluie vert. Ce parapluie, elle ira le donner à un mendiant dont tout le monde se moque. Il est assis par terre, contre un mur, sous la pluie, immobile. Après l'école Yéong reviendra le voir. Il n'est plus là. Il a laissé le parapluie appuyé contre le mur.

Cet album est comme une parenthèse. L'histoire est toute simple... mais en est-ce vraiment une ? Ce serait plutôt un moment de vie. La générosité de cette petite fille est touchante.

Les illustrations sont très belles, tout en douceur, avec ce parapluie comme tache de couleur.

Oui, comme une jolie parenthèse...


  • Isabelle Ignaczak : Swap - Antony Moore - Liana Levi, Paris, France - 14/02/2008

Un simple échange entre enfants. Pas un timbre-poste, ni un jouet, ni un autocollant. Une BD, échangée contre un banal tuyau en plastique. Un acte anodin au départ. Mais avec le temps, le Superman numéro un a pris une immense valeur. Et Harvey, devenu libraire, de bandes dessinées justement, ne rêve que de le récupérer. C'est même une obsession, le seul but de sa vie d'adolescent attardé : retrouver ce comic rarissime... Mais après toutes ces années d'attente, son scénario longuement mûri va dérailler, et il se retrouvera pris dans un imbroglio impitoyable.
Conseil de l'éditeur : ne commencez ce livre que si vous avez du temps, car vous ne pourrez pas le lâcher. (quatrième de couverture)

Je confirme, je ne l'ai pas lâché ce roman.

Anthony Moore est un anglais et cela se sent dans son écriture. Humour décapant et ton sarcastique. C'est drôle. J'ai très souvent éclaté de rire.

Ce pauvre Harvey ! Dans quel bazar il s'est fichu, et tout ça pour une BD ! Bien sûr cette BD de collection a pris beaucoup de valeur alors il aimerait bien la reprendre, surtout qu'il tient un magasin de bandes dessinées, mais il ne s'imagine pas où cela va le mener.

Les personnages sont très attachants et leurs conversations (en particulier celles d'Harvey avec ses parents) valent de l'or. Les pauvres, ils pensent bien faire et c'est tout le contraire qui arrive. Ils l'enfoncent. Et les situations dans lesquelles il se retrouve... on souffre pour lui.

Vous l'aurez compris, si vous avez envie de passer un très bon moment, de rire et en même temps de suivre une enquête et de comprendre le pourquoi du comment, il y a SWAP d'Anthony Moore ! Vraiment pas mal pour un premier roman.

Les lectures se suivent et ne se ressemblent pas.


" Après avoir été ambassadeur du livre pour enfants, j'ai souhaité réunir dans un recueil mes meilleures histoires - la plupart écrites au cours de ces deux années -, en y mêlant des réflexions sur le métier d'écrivain ainsi que sur mon travail de conteur. Je me disais qu'un tel mélange répondrait à bien des questions. Je vous souhaite autant de plaisir à le lire que j'en ai eu à l'écrire. "

Oh oui Monsieur Morpurgo, j'ai eu énormément de plaisir à lire votre livre. Je l'ai même volontairement fait durer ce plaisir tant je me sentais bien entre vos lignes. Vos histoires sont un enchantement, sont source d'émotions à fleur de peau, sont un vrai bonheur. Je vais le lire aux enfants de la lecture parce que je sais déjà qu'ils vont aimer autant que moi vos histoires. Je vais adorer lire La dame à la licorne à voix haute. Cette histoire m'a beaucoup touchée. Elles m'ont toutes touchée, émue. Je me suis retrouvée en certaines d'entre elles. Je me suis revue à l'école. Quelle émotion...

Merci Monsieur Morpurgo. Merci du fond du coeur ! Ah comme j'aimerais vous rencontrer. Ce que vous dites sur votre métier d'écrivain, sur votre vie est vraiment beau. Vous m'aviez déjà touchée avec La trêve de Noël mais là j'ai été emportée.

J'ai un vrai coup de coeur pour ce livre, vous l'aurez compris. C'est une merveille, un délice ! Il est édité en jeunesse mais il plaira aux adultes comme aux enfants.


Je découvre Henry Bauchau grâce à mon ami libraire et pourtant, il a écrit de nombreux livres. Celui-ci m'a éblouie. Cet auteur parvient avec une écriture simple à parler de pensées très philosophiques, à interpeller. J'aime beaucoup ce genre de livre que vous reposez souvent après avoir lu quelques lignes ou quelques pages pour fermer les yeux, et votre esprit se met à penser, réfléchir, se questionner, vagabonder. C'est pour moi signe d'une grande qualité d'écriture. Ils sont rares les auteurs qui me font cet effet. Je mets plus de temps pour les lire. Ils m'habitent longtemps.

Le narrateur nous parle de son amitié pour Stéphane. Comme j'aimerai connaître une amitié comme celle-ci. Intense, sans parler beaucoup, juste le regard, l'attitude qui porte l'autre, qui le pousse un peu plus loin, au delà de ce qu'il pensait être possible. Certains passages sont "simplement" beaux. Ils ne se sont pas connus longtemps, la seconde guerre les a séparés avec la mort de cet ami.

D'ailleurs le narrateur va rencontrer celui qui l'a tué. Un homme plein de haine. Là, l'auteur va nous emmener dans les couloirs secrets de la pensée de cet homme. De son fonctionnement moral. Impressionnant !

Cela, c'était dans le passé. Le présent, c'est sa belle-fille qui se bat à l'hôpital et qu'il va voir très souvent en prenant le boulevard périphérique. Et tout cela se mêle. Le présent, le passé, les souvenirs, les pensées sur cette amitié, la mort comme une fin en soi, sur l'amour. Il pose un regard sur ce qu'il a vécu, sur les personnes qu'il a rencontrées plein d'humanité. Il analyse les sentiments, les actes avec justesse. Il nous surprend. Toujours avec cette écriture sobre.

Ah... Je suis frustrée. Je me rends compte que ce livre mérite que l'on parle de lui bien mieux que je ne le fais.

Il est évident que je ne vais pas m'arrêter là avec cet auteur. Son écriture m'a séduite. D'emblée. Une écriture qui enrichit. Je veux découvrir ses autres livres, ses poèmes.


  • Isabelle Ignaczak : Le canapé rouge - Michèle Lesbre - Sabine Wespieser éditeur, Paris, France - 08/02/2008

Voici un livre que j'ai tout de suite aimé, dès les premières lignes. Chaque page me donnait à lire un passage qui me plaisait, qui me touchait ou encore qui m'interpellait. J'ai trouvé l'écriture de ce roman délicate et apaisante. J'ai aimé ce livre à tel point que je l'ai relu dans la foulée de peur d'en avoir fait une lecture trop rapide : je ne voulais pas le gâcher !

Anne est une personne que j'ai trouvé attachante. J'aime le regard qu'elle porte sur les gens, la nature et les choses. L'amitié qu'elle partage avec Clémence, la dame au canapé rouge, est simple et belle.

Un très beau livre.


Durant la lecture de ce roman, j'ai parfois pleuré tant le texte est émouvant. Comme lorsque Brodeck est sur la route du retour. Il revient du camp et un vieil homme lui offre le gîte et le couvert. Il le fait manger, il le lave comme un enfant, le fait dormir dans un lit aux draps tout propres et frais. Et lui se laisse faire. Il ne peut même plus parler tant ses forces l'ont abandonné tout au long de son horrible séjour "là-bas".

Comme également lorsque Brobeck rend visite au curé du village. Ce dernier lui parle de sa perte de foi en Dieu depuis la guerre. De l'horreur dont sont capables les hommes.

Comme ce qui se passe un soir au village alors que lui n'est pas là.

J'ai retrouvé l'écriture de Claudel. Les descriptions des paysages sont magnifiques, très imagées, pleines de poésie, ce qui allège un peu la dureté et la tristesse du récit. Tout est écrit avec beaucoup de pudeur, sans s'étendre.

Plus j'avançais dans l'histoire, plus je sentais poindre une menace. Et puis tout s'explique. Tout ce que la peur, la laideur et la violence font faire. Et ce dont est capable un homme par amour.

J'attendais avec impatience ce livre de Philippe Claudel parce que j'aime beaucoup ce qu'il écrit. Et encore une fois, même si c'est un triste récit, j'ai trouvé ce roman inoubliable, bouleversant, très très bien écrit.


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