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.. Doggy bag : l'intégrale

Couverture du livre Doggy bag : l'intégrale

Auteur : Philippe Djian

Date de saisie : 02/02/2011

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Julliard, Paris, France

Prix : 29.00 € / 190.23 F

ISBN : 9782260018834

GENCOD : 9782260018834

Sorti le : 04/11/2010

  • Les présentations des éditeurs : 02/02/2011

Tout commence lorsque Édith entre, sans se faire annoncer, dans le bureau des frères Sollens. A peine ont-ils le temps de la reconnaître, stupéfaits, qu'une onde de choc traverse la ville. Quarante-cinq secondes plus tard, le tremblement de terre cesse, mais l'existence de David et Marc Sollens vient de basculer pour toujours.

Première et unique «série» littéraire écrite à la façon des séries américaines, les six «saisons» de Doggy bag, extravagantes, déjantées, désopilantes, sont enfin réunies en un volume, à dévorer d'une seule traite.

Philippe Djian est né en 1949. Ses premiers romans sont parus aux Éditions Bernard Barrault (Échine, Maudit manège, Lent dehors) et plusieurs d'entre eux ont été adaptés au cinéma (37,2° le matin, Bien comme l'enfer). Aux Éditions Julliard, il a publié Ardoise en 2002, et chez Gallimard, entre autres titres. Impardonnables (2009) et Incidences (2010).

Doggy bag a reçu le prix Vaudeville en 2007.

«En attendant Godot de Beckett adapté comme une série télévisée, dans le style des Sopranos. Sauf que la littérature est au rendez-vous...»
Yann Plougastel. Le Monde 2

«Djian fait oeuvre de superbe littérature. Non seulement il crée un monde qui bruit de violences, de passions, il invente une histoire haletante qui brasse mythes et archétypes, psychanalyse et politique, mais il métamorphose en verbe haut en rythmes, en pulsions, en couleurs, cet étonnant chaos familial, conjugal, humain.»
Fabienne Pascaud. Télérama

«Djian touche à la grâce, quand bien même, on le sait, il est là pour s'amuser, et nous aussi. Il tient son rythme, sa narration et on en redemande.»
Raphaëlle Leyris. Les Inrockuptibles


  • Les courts extraits de livres : 02/02/2011

Certains hommes couchaient avec Béa dans le but d'obtenir une réduction sur l'achat de leur voiture. Sur certains modèles, ils pouvaient réaliser une économie appréciable.
Le jeune gars qui ronflait à côté d'elle, ce matin-là, ne méritait pas vraiment de rouler en Porsche. Elle était déçue. Elle se reprochait, la plupart du temps, d'agir dans la précipitation, de céder aussi facilement, mais pouvait-elle encore y changer quelque chose ?
A trente-deux ans, les mauvaises habitudes étaient prises. Elle se donnait jusqu'à trente-cinq, pas un jour de plus. Si rien d'intéressant ne se passait d'ici là, elle s'était juré de se ressaisir, de tourner le dos à la facilité. Elle prendrait alors exemple sur sa soeur qui s'était mariée une bonne fois pour toutes, qui passait son temps à courir les magasins, décorait sa maison et taillait son jardin entre deux séances d'aérobic. Ça ne semblait pas être le bout du monde. Et elles auraient alors des choses à se raconter.
Le printemps était encore frais, mais bien ensoleillé. On apercevait au loin quelques sommets enneigés qui étincelaient comme des lames. L'air était vif. Le long des avenues, les magasins s'ouvraient, les gens s'affairaient sous les rayons du soleil, balayaient devant leur porte, ramassaient leur courrier. Dans le bus, Béa feignit de ne pas remarquer les regards appuyés que lui lançait un homme, bien qu'il eût de belles mains, de lourdes mains de travailleur. «Est-ce que c'est écrit sur mon visage ?» se demanda-t-elle.
Ça la sidérait. Pourtant, elle avait pris une douche et son tailleur n'avait pas le moindre faux pli - il était déjà sur un cintre au premier pas qu'elle faisait dans une chambre.
Elle sortit un miroir de son sac et y jeta un bref coup d'oeil. Par pur acquit de conscience.

Au-dessus du parking que surplombait le logo géant de Mercedes-Benz, les fanions claquaient au vent, les banderoles se balançaient dans la langueur matinale et l'on entendait les câbles qui cliquetaient contre les mâts.
De son bureau, Marc Sollens suivit Béa des yeux et devina aussitôt qu'elle n'avait pas dormi chez elle - elle avait son air de femme insatisfaite et marchait d'un pas rapide.
Il l'entendit monter l'escalier, puis s'éloigner dans le couloir en direction des W.-C., comme c'était prévisible. Elle irait également se laver plusieurs fois les mains dans la matinée, bayerait aux corneilles en se posant des questions. Quand elle ne rentrait pas chez elle, quand elle avait couché avec un homme, on avait droit à la version complète.
Marc se demanda si elle avait effectué une vente.
«Je pense que c'est bon, pour la Porsche, lui déclara-t-elle un peu plus tard.
- Bien joué, Béa. Je vous tire mon chapeau.»


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