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.. Retour parmi les hommes

Couverture du livre Retour parmi les hommes

Auteur : Philippe Besson

Date de saisie : 30/01/2011

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Julliard, Paris, France

Prix : 18.00 € / 118.07 F

ISBN : 9782260018575

GENCOD : 9782260018575

Sorti le : 02/01/2011

  • Les présentations des éditeurs : 15/02/2011

«On m'a souvent demandé ce que devenait Vincent. Moi-même, plus d'une fois, je me suis dit : quels chemins a-t-il empruntés, cet amoureux brutalement rendu à la solitude ? J'ai fini par trouver une réponse.»

Ph.B

À la dernière page d'En l'absence des hommes, son tout premier roman publié en 2001, Philippe Besson laissait Vincent, son très jeune héros, dévasté par la mort de l'être aimé et résolu à rejoindre des contrées lointaines.
Sept ans plus tard, Vincent revient en France après avoir erré du Moyen-Orient jusqu'en Amérique. Il ne reconnaît rien du Paris qu'il a connu. Le hasard le met en présence d'un jeune homme talentueux, brillant, charismatique qui l'entraîne dans les milieux intellectuels parisiens et les folles nuits de Montparnasse.
Mais la malédiction n'est jamais loin. Ces enfants du siècle auront-ils le temps de grandir ?

Ce beau livre, à la fois grave et lumineux, est un chant d'amour déchirant à la gloire des disparus. Il dit aussi, en des jours incertains, l'espoir d'un renouveau.



  • La revue de presse Marianne Payot - L'Express, janvier 2011

Avec le retour de son jeune héros, Philippe Besson offre une suite à son premier roman, dix ans après. Une réussite...
A Paris, en cet été 1923, tout a changé : pour oublier les 10 millions de morts, la capitale danse, s'enivre et s'entiche du jeune auteur prodige du Diable au corps, Raymond (Radiguet), nouvelle - et très réussie - figure de l'opus bessonien. Lui aussi, on le sait, ira très vite rejoindre les forces de l'esprit... Quand on le quitte, Vincent a 23 ans. On aimerait ne pas attendre dix ans avant de retrouver ce jeune dandy désespéré si élégamment campé.


  • Les courts extraits de livres : 15/02/2011

J'ai vingt-trois ans. Je suis né avec le siècle.

Je sais que la paix est là, désormais, que depuis ce 11 novembre de 1918, nous en avons fini avec la guerre, avec la mort par millions, l'extermination vertigineuse, que les fusils et les canons se sont tus, que les nappes de poudre brune sont retombées, que des obus se sont assoupis sous la terre suppliciée, mais comment parviendrais-je à ignorer les croix blanches alignées dans les campagnes à perte de vue, les silhouettes sombres dans les cimetières, la marche claudicante de ceux qui ne sont plus tout à fait des hommes et qui ont le regard vide teinté de frayeur et dont on se détourne lorsqu'on les croise, comment ne pas entendre le silence assourdissant qui a succédé à l'affreux vacarme, la plainte étouffée qui a remplacé les cris et les râles, le mutisme prostré de ceux qui se souviennent du malheur, comment ne pas humer l'odeur des cadavres planant au-dessus des champs redevenus féconds, la puanteur du sang infiltrée dans nos vêtements et dont on ne se débarrasse jamais vraiment ? Oui, la paix est là, mais si vulnérable, si hésitante, si modeste.

Elle est ce calme précaire, tremblant, cette peur diffuse, vorace, ces sanglots réprimés, ces profils détournés. Ces cicatrices partout. Paris, où je reviens après sept années d'exil, est-elle autre chose qu'une ville cicatrisée, qui tente d'occulter ses blessures dans la légèreté et la désinvolture ?

Et puis, la paix des vainqueurs a désagrégé les empires, redessiné l'Europe, inventé des nations balbutiantes, fabriqué des frontières comme on trace des pointillés sur un atlas. Elle a humilié les vaincus, amputé l'Allemagne, exigé qu'on paie pour les ruines. Cependant, elle n'a pas réussi à nous faire oublier ce que nous avons appris : les civilisations sont mortelles. De savoir cela fait de nous, à jamais, des êtres épouvantés.

J'ai toujours les yeux verts en amande, des cheveux noirs mais plus courts, plus drus. Toujours une peau de fille, où pousse difficilement une barbe clairsemée. On ne me prend plus pour un enfant. L'enfant est mort, de la mort d'un autre.


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