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Auteur : Ludovic Debeurme
Date de saisie : 28/04/2011
Genre : Bandes dessinées
Editeur : Futuropolis, Paris, France
Prix : 29.00 € / 190.23 F
ISBN : 978-2-7548-0085-3
GENCOD : 9782754800853
Sorti le : 05/01/2011
Six ans après Lucille, Renée interrogera, dérangera et bouleversera autant ses lecteurs.
Un récit âpre, violent, sans concession, tout en justesse, pudeur et émotion. Ludovic Debeurme ne joue pas le jeu du pathos ou du désespoir, au contraire, il met en lumière la subtilité et la complexité des sentiments humains, et il sait faire surgir l'énergie, la tendresse et l'amour qui permettront à ses personnages en perdition de renaître.
Une pièce majeure de la bande dessinée.
Lucille est retournée vivre chez sa mère. L'anorexie semble être un mauvais souvenir, mais ses démons du passé n'en continuent pas moins à la hanter. L'absence du père, parti du jour au lendemain lorsqu'elle avait 11 ans, est toujours une souffrance, et les quelques explications arrachées à sa mère ne la réconfortent pas. Et il y a aussi l'absence d'Arthur, qui est en prison, pour meurtre. Il lui manque terriblement et les quelques visites qu'elle peut lui rendre au parloir ne comblent pas ce vide.
Pour Arthur, l'horreur du monde carcéral est rude à supporter. La cohabitation avec les autres détenus, d'authentiques durs à cuire, impitoyables entre eux, est d'une grande violence psychologique. «Tous les mecs ici sont des sacrés connards ! Leur cède rien, sinon tu t'fais bouffer...» Quand Eddy, son pote de cellule, est remis en liberté, il est remplacé par Denis. C'est un homme effacé, servile, maniaque proche du TOC. Il affirme être en prison pour fraude fiscale, la rumeur chez les détenus parle de pédophilie, et ils choisissent Arthur pour être leur glaive...
Et puis, il y a Renée, une jeune fille de l'âge de Lucille. Elle aussi n'est pas douée pour la vie, sans doute son enfance a-t-elle tout abimé. Angoissée, toujours insatisfaite, ne voyant que la laideur du monde, même l'amour de son jazzman ne peut la rassurer. Faut dire que si ce n'était la musique de sa trompette, jamais elle ne l'aurait remarqué ; elle trouve qu'il est le plus laid des humains.
C'est Arthur, sans la connaître, qui lui rendra sa liberté, celle d'être heureuse de vivre.
C'est Renée, qui sauvera Lucille d'une énième chute...
Avec Lucille, Ludovic Debeurme signe certainement l'un des ouvrages les plus marquants sur le monde de l'enfance et de l'adolescence. Parler de l'adolescence c'est, je crois, parler de ce qui est encore possible. De l'espoir.
Explorateur d'un monde onirique, autobiographe d'une narquoise candeur, il touche par un sens du bizarre qui le rapproche d'Edward Gorey et de Roland Topor. Marqué par la psychanalyse pour la liberté qu'elle offre dans l'exploration onirique, il travaille sur l'autobiographie et l'expression des fantasmes, transfigurés par un traité graphique épuré et un goût profond des jeux de l'enfance.
En 2006, Ludovic Debeurme publiait Lucille, un album sur la vie d'une anorexique. C'est aujourd'hui les aventures de Renée que l'on suit...
Les personnalités se construisent et se détruisent au gré de la violence (surtout) et de la tendresse (parfois) que les autres - leurs semblables - leur infligent. Il y a pourtant une petite lueur d'espoir, sur la fin, quand les deux jeunes femmes associent leurs manques pour en faire du plein.
Vous aimez être déstabilisé et bousculé par un livre ? Alors vous allez adorer Renée, de Ludovic Debeurme. Il aura fallu cinq ans à ce graphiste inclassable pour sortir une suite à Lucille, l'histoire d'une adolescente anorexique n'ayant jamais accepté le départ de son père quand elle avait 11 ans...
Tout récit, chez lui, bascule fatalement, à un moment ou à un autre, du côté de l'inconscient et emprunte des chemins de traverse, ceci afin de "mieux" dire les choses.
«J'ai commencé à écrire la suite de Lucille en utilisant le même processus, que pour mes autres livres, c'est-à-dire en l'improvisant tout d'abord, puis en posant petit à petit les grandes lignes. La psychologie humaine est complexe et mouvante. C'est la sinuosité de nos parcours qui me passionne, l'impact du temps et des rencontres, le poids ou parfois la légèreté du passé qui nous fabriquent, c'est cela dont je veux rendre compte. Quelle est la part du libre arbitre, comment se joue la bataille pour devenir l'auteur de sa propre vie, sont les questions que je pose dans Renée. En parler en tentant d'éviter les clichés, nécessite de l'espace et de prendre son temps. Il ne peut pas y avoir de notion d'efficacité dans ce domaine.
Je crois à l'idée du scénario improvisé, ou en tout cas ouvert. En ce qui me concerne, bien sûr, chacun sa voie, qui évolue au fil des années et des livres. Lorsque tu pars sur un récit de 450 pages, et qu'en plus tu mets 5 ans à le réaliser (j'ai fait d'autres livres entre temps), il est évident que celui que tu étais 5 ans auparavant n'est plus tout à fait le même. J'éprouve la nécessité de faire évoluer l'histoire, les personnages, au gré de ces changements personnels. Me figer dans un scénario définitif serait pour moi, à la fois d'un ennui terrible, et surtout m'empêcherait d'être au plus juste de ce que j'ai à dire.
Un scénario fait appel à des expériences vécues mais aussi aux moments moins connus de notre histoire symbolique.
Les ruptures affectives, qui nous construisent, baignent entre ce que l'on sait et ce que l'on a oublié, entre ce que l'on peut voir et ce qui reste hors de notre portée. Écrire à l'avance tel ou tel passage, qu'on sent plus ou moins consciemment, faire appel à des moments clés de notre histoire personnelle, c'est aussi se préparer à les revivre, ou tout du moins à y apporter une nouvelle lumière.
Ce livre encore plus que le précédent, qui parlait surtout du corps symptôme, parle de la colère, et de la façon dont elle s'incarne. Dans Renée, chaque personnage a une façon de l'exprimer, souvent malgré lui. Et parfois au détriment d'un autre. Il y a quelques moments tendres malgré tout.
(...)
1) Qui êtes-vous ? !
Ludovic Debeurme, auteur de bandes dessinées, artiste-peintre et musicien.
2) Quel est le thème central de ce livre ?
La colère, qui faute de trouver la sortie par la parole, trouve refuge dans le corps. La colère qui s'incarne.
3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
«Le temps n'a pas de coeur... Mais il bat... Il bat comme un démon. Il enfonce son rythme des enfers dans les plis de notre peau... Il débobine notre fragile pelote et nous tend, un jour venu, le bout du fil pendouillant."
4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
"Scissor" des "Liars".
5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Une intime étrangeté. Un paradoxe.
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