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.. Les insurrections singulières

Couverture du livre Les insurrections singulières

Auteur : Jeanne Benameur

Date de saisie : 23/01/2012

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Actes Sud, Arles, France

Collection : Domaine français

Prix : 18.00 € / 118.07 F

ISBN : 9782742795307

GENCOD : 9782742795307

Sorti le : 05/01/2011

Ce roman raconte les hommes ordinaires avec beaucoup de pudeur.
Antoine est à la croisée des chemins. Il est tiraillé entre ce qu'il est et ce qu'il aurait pu être. Fils d'ouvrier, il s'est toujours senti en décalage. Il ne cesse de s'interroger et refuse la résignation, il se politise, utilise les mots et la voix pour plaire, pour s'opposer, pour combattre. Et puis, il pourrait aller trop loin. Il est temps de partir, de choisir sa vie. Ce sera le Brésil, un voyage initiatique, une quête de soi qui entraine Antoine dans les ruelles animées de Monlevade. Il y rencontrera le peuple, les hommes, les êtres, cette humanité qu'il avait toujours cherché.


  • Les présentations des éditeurs : 22/01/2011

LE POINT DE VUE DES ÉDITEURS

Au seuil de la quarantaine, ouvrier au trajet atypique, décalé à l'usine comme parmi les siens, Antoine flotte dans sa peau et son identité, à la recherche d'une place dans le monde. Entre vertiges d'une rupture amoureuse et limites du militantisme syndical face à la mondialisation, il lui faudra se risquer au plus profond de lui-même pour découvrir une force nouvelle, reprendre les commandes de sa vie.
Parcours de lutte et de rébellion, plongée au coeur de l'héritage familial, aventure politique intime et chronique d'une rédemption amoureuse, Les Insurrections singulières est un roman des corps en mouvement, un voyage initiatique qui nous entraîne jusqu'au Brésil.
Dans une prose sobre et attentive, au plus près de ses personnages, Jeanne Benameur signe une ode à l'élan de vivre, une invitation à chercher sa liberté dans la communauté des hommes, à prendre son destin à bras-le-corps. Parce que les révolutions sont d'abord intérieures. Et parce que "on n'a pas l'éternité devant nous. Juste la vie".

Jeanne Benameur est l'auteur de sept romans, parmi lesquels : Les Demeurées (Denoël, 2001), Les Mains libres (Denoël, 2004) et Présent ? (Denoël, 2006), tous repris en Folio. En 2008, elle rejoint Actes Sud avec Laver les ombres (et Babel n° 1021).



  • La revue de presse François Busnel - Lire, avril 2011

Jeanne Benameur envoie Antoine, ouvrier dont la vie part à la dérive, à l'autre bout du monde... à la redécouverte de lui-même. C'est l'un des plus beaux romans de ce début d'année. Une invitation à laisser le monde entrer en soi, jusqu'à la métamorphose...
Changer la vie, clament les ouvriers syndiqués. Oui, répond ce superbe roman. Avec un livre. La vraie révolution n'est pas le Grand Soir, c'est le Grand Soi.


  • La revue de presse Martine Laval - Télérama du 12 janvier 2011

Avec poésie, Antoine, jeune prolo existentialiste, refuse un destin tout tracé...
Jeanne Benameur observe la vie, les re­lations familiales, les amours fragiles, les amitiés porteuses d'espoir. Elle fait d'Antoine un être qui ressuscite d'entre les ­oubliés - les muets, ceux qui n'ont pas le droit à la parole, et si peu à la littérature. A phrases tendues, parfois nettes comme de la poésie, elle l'accompagne dans son cheminement, lui invente une vivacité...
Celui qui en a «marre de faire l'imposteur» décide de ne plus «ravaler la fureur» et part à la recherche d'une dignité.


  • Les courts extraits de livres : 23/12/2010

Il y a longtemps, j'ai voulu partir.
Ce soir, je suis assis sur les marches du perron. Dans mon dos, la maison de mon enfance, un pavillon de banlieue surmonté d'une girouette en forme de voilier, la seule originalité de la rue.
Je regarde la nuit venir.

C'était un soir, dans la cuisine, celle qui est toujours là si je me retourne, que j'ouvre la porte et que je fais six pas pour arriver au fond du couloir. C'était comme ce soir, trop chaud. Mon père fignolait une de ses maquettes de bateaux anciens. Sur la toile cirée, ses doigts, quand ils avaient appuyé longtemps, laissaient une trace, comme la buée sur les vitres. Et puis la trace disparaissait.
Ce soir-là, j'ai eu peur. Peur, si je restais dans cette cuisine, dans cette maison, de devenir comme la trace des doigts de mon père. Juste une empreinte. Qui disparaîtrait aussi.

Je fixais la maquette.
Ma mère faisait la vaisselle. Le clapotis de l'eau dans l'évier pour accompagner tous les rêves de caravelle.
Et ma poitrine qui se serrait. J'avais huit ans.

Les maquettes, c'était le monde en miniature, un monde qui tenait dans le creux d'une main. Réduit. Moi, le monde, je le voulais grand. Pas réduit.
Et ma respiration se cognait contre les bords.

Mon père, ce bonhomme à la haute stature, courbait sa taille. Les yeux rivés à de minuscules filins, il s'affaissait.
Nous quatre dans notre maison, ma mère, mon père, mon frère Loïc qui faisait ses devoirs à l'étage et moi, je nous ai vus. Tout petits dans le monde. Si petits.
Réduits, nous aussi ?


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