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.. Burke, le futur en héritage

Couverture du livre Burke, le futur en héritage

Auteur : Patrick Thierry

Date de saisie : 04/03/2011

Genre : Philosophie

Editeur : Michalon, Paris, France

Collection : Le bien commun

Prix : 10.00 € / 65.60 F

ISBN : 9782841865284

GENCOD : 9782841865284

Sorti le : 18/11/2010

  • Les présentations des éditeurs : 29/11/2010

Le lecteur français connaît surtout Edmund Burke (1729-1797) pour l'assaut mené par les Réflexions sur la révolution en France. C'est réduire à une seule dimension l'oeuvre d'un penseur considéré dans le monde anglo-saxon comme un classique de la philosophie politique. La critique de la révolution n'est qu'un pan d'une oeuvre complexe, qui commence en 1757 avec l'Essai sur le Sublime et le Beau et se traduit dans des prises de position sur l'impérialisme britannique en Inde, la Révolution américaine et la question irlandaise. Et la remarque de Novalis («Burke a écrit un livre révolutionnaire contre la révolution») en indique l'ambivalence. Les tensions qui parcourent l'oeuvre se lient à l'urgence de l'actualité et aussi, pour Burke, à sa propre position d'Irlandais, partagé entre la fidélité à son île et l'ambition de peser sur le cours des choses. Mais elles s'accompagnent d'une réflexion sur le temps long et la continuité du corps politique, rappel aux Anglais de leur héritage (confirmé par la Révolution de 1688), et avertissement aux Français qui voudraient s'affranchir entièrement du passé. Élément essentiel du droit, le temps est aussi condition de possibilité d'une philosophie politique.

Patrick Thierry, agrégé et docteur en philosophie, est ancien élève de l'ENS de Saint-Cloud. Ses travaux, notamment La Tolérance, Société démocratique, opinions, vices et vertus (PUF, 1997), portent sur la philosophie morale et politique. Il est aussi le traducteur de Locke, Adam Smith et John Stuart Mill.



  • La revue de presse Jean Montenot - Lire, mars 2011

Il n'existait pas, en français, de monographie présentant la pensée d'Edmund Burke (1729-1797). L'ouvrage de Patrick Thierry comble ce manque. Le philosophe irlandais est pourtant un écrivain politique d'importance aux yeux des Anglo-Saxons, apprécié - fait plutôt rare - tant des conservateurs que des libéraux...
Par son fin décryptage des engagements et des textes du philosophe, Patrick Thierry restitue avec bonheur cette figure originale.


  • Les courts extraits de livres : 29/11/2010

Les silences d'Ulysse

«Il ne me paraîtrait, en vérité, rien de moins qu'impie de comparer le Parlement irlandais à un antre de cyclopes.»
Lettre à Sir Hercules Langrishe

On peut voir à Cork en Irlande un tableau inhabituel. Burke y est représenté sous les traits d'Ulysse et le peintre, James Barry, a pris lui-même place comme l'un de ses compagnons. L'oeuvre se réfère à l'épisode de l'Odyssée où Ulysse s'échappe avec ceux-ci de la caverne du cyclope Polyphème - endormi à l'arrière-plan - après l'avoir aveuglé. Le genre est celui du «portrait historique» où un moderne se voit revêtu des traits d'un personnage du passé qui, en retour suggère leur comparaison. Le portrait, en effet, fait signe et explicitement. Burke élève l'index selon un geste qui signifie à la fois le conseil et le silence. Dès lors, différentes interprétations peuvent être développées et d'abord celle-ci : la date, 1776, est l'année décisive des événements d'Amérique, celle où les colons proclament leur indépendance. Burke s'est placé à ce moment dans une position dangereuse et le cyclope à ne pas réveiller se nomme George III. La même année, Barry réalise aussi une gravure, «Phénix ou la liberté qui ressuscite». Celle-ci, morte en Angleterre, s'est transportée, pour y revivre, en Amérique. Un personnage mal identifié pourrait être Burke ; si c'est le cas, il est plutôt en mauvaise compagnie, celle d'auteurs «républicains» comme Locke ou Algernon Sidney.
Burke et Barry ont en tout cas en commun d'être irlandais et d'avoir un père officiellement protestant et une mère catholique. Et ce qu'évoque le tableau c'est bien une situation dangereuse pour les deux et plus généralement des croyances et des convictions qui doivent être dissimulées. Le couple d'Edmund reproduit celui du père : continuité de l'Église protestante établie d'un côté, de la foi catholique de l'autre ; et le protestant a un peu tardé à s'affirmer : Burke a grandi dans la vallée de Blackwater, enclave de propriétés catholiques en territoire protestant, et a été éduqué hors des circuits officiels, d'abord dans une des écoles catholiques clandestines (hedge-schools) qui se trouvaient alors en Irlande, puis sous la direction d'un Quaker, Abraham Shackelton. Son oncle maternel, Joseph Nagle, a été décrit comme «le plus détesté par les protestants de tous les catholiques du royaume.» Le père, Richard, n'aurait pu exercer sa profession d'avoué s'il ne s'était «conformé» à l'Église officielle.


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