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.. Tibère et Marjorie

Couverture du livre Tibère et Marjorie

Auteur : Régis Jauffret

Date de saisie : 01/01/2011

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Seuil, Paris, France

Collection : Cadre rouge

Prix : 18.00 € / 118.07 F

ISBN : 978-2-02-102250-6

GENCOD : 9782021022506

Sorti le : 07/10/2010

  • Les présentations des éditeurs : 22/01/2011

Va-t'en. Moi, je t'aime trop pour te quitter. Quand on aime trop, c'est comme une cuite. On ne tient plus debout, on ne peut même pas s'enfuir. On devrait changer nos noms, comme des bateaux qui changent de propriétaire. On ne sera plus ensemble, on ne sera plus les mêmes. On deviendra d'autres gens, ce serait une escroquerie de se faire appeler encore Tibère et Marjorie.

R. J.



  • La revue de presse Augustin Trapenard - Le Magazine Littéraire, décembre 2010

Que de rebondissements, pourtant, dans cette comédie phallocentrée qui tourne peu à peu au gigantesque foutoir ! On y trouve pêle-mêle un ministre au nez brillant qui parle le verlan, une croqueuse d'hommes aux mille et un amants, une octogénaire SM et sénile nommée Cruche Martinet - sans même parler du Président dont la femme est née Jauffret... L'auteur de Microfictions n'a pas son pareil pour enchaîner les scènes cocasses, de la course-poursuite sous perfusion à l'écroulement de palier, en passant par la fusillade d'ambulanciers à l'Élysée...
Dans Tibère et Marjorie, rien de tel qu'un éclat de rire pour oublier les tristes débandades, les petites morts et le drame du temps qui passe.


  • La revue de presse Jean-Claude Lebrun - L'Humanité du 25 novembre 2010

Régis Jauffret renoue ainsi avec le regard d'étrangeté, à la façon de Montesquieu dans les Lettres persanes, qui s'en donnait à coeur joie dans L'enfance est un rêve d'enfant. Dans le sillage de Volvic, c'est la vision dévastatrice d'un univers qui se déploie. La charge est d'une drôlerie extrême. Ce roman, à la légèreté affichée, décoche de véritables pluies de flèches avec un plaisir communicatif. Peut-être la distance n'est-elle pas si grande, entre les noires Microfictions de 2007 et cette comédie complètement débridée  ?


  • La revue de presse Didier Jacob - Le Nouvel Observateur du 25 novembre 2010

C'est dans un emploi qu'on lui connaît peu - la comédie légère que Régis Jauffret est le plus imparablement vicelard. L'écrivain, on le sait, a fait du glauque sa marque de fabrique. Mais l'heure était peut-être venue de cesser d'ajouter le sordide au sordide. Ecrire plus pour déprimer plus ? C'est avec ce nouveau roman, inventif, guilleret, déconcertant d'humeur espiègle, et dont le titre claque gaiement comme une sorte de «Tristan et Isolde» à la sauce ketchup, que Jauffret peut en tout cas décrocher le titre, si envié parmi ses contemporains, de Stendhal du slip...
Bref, on prend son pied, d'autant que Jauffret, parfois, vous envoie au tapis avec des phrases qui font de lui peut-être le meilleur auteur français d'aujourd'hui.


  • La revue de presse Christine Ferniot - Lire, novembre 2010

Cette parodie complètement hystérique montre à quel point ce romancier est un virtuose de l'obsession. Comme Philippe Djian jonglant avec les références populaires dans ses Doggy Bag, Jauffret se plaît à détourner les clichés en appuyant dessus aussi fort qu'il le peut...
Que reste-t-il à sauver ? Pas même les enfants ni les vieux. A peine les animaux. Sûrement pas les psychanalystes. En écrivant ce livre, Jauffret a fait l'économie d'une séance chez le praticien, et s'est offert le luxe de rafraîchir le vaudeville en plagiant les émissions de Jean-Luc Delarue.


  • La revue de presse Michel Schneider - Le Point du 28 octobre 2010

Quand vient la mort d'un amour, ou la mort tout court, on est cueilli comme par une balle perdue. Comme le combattant qui, sans avoir rien vu venir, tombe dans un duel absurde. Double erreur sur la personne. Celle qui meurt. Celle qui tue. C'est comme ça, la fin : ça dure. La séparation, c'est comme le cancer. Il n'y en a pas de bon, sauf celui qui vous abat d'un coup, quand une partie de vous s'en va, dévorée par l'autre. Voilà que j'écris sur Régis Jauffret comme il écrit lui-même, multipliant les "comme", cherchant l'image juste pour parler de ce qui ne peut pas se dire sans métaphore ni comparaison. Mais il n'a pas seulement une vision. Il a un style. Précis, au scalpel, qui met à nu la chair des choses. Admirons.


  • La revue de presse Nils C. Ahl - Le Monde du 28 octobre 2010

A petit trot halluciné dans les rues de Paris (la nuit, l'alcool, le sexe), Régis Jauffret a le don du malheur un peu abruti, délirant et drôle. On jurerait qu'il en fait des livres sans le savoir. La respiration tranquille, comme si le souffle n'était pas seulement le secret des grands athlètes, mais aussi (parfois) des écrivains...
Dans la langue : dans ses excès, ses accumulations, ses comparaisons, car Régis Jauffret est un styliste anarchique, un dépouillé exubérant.


  • La revue de presse Philippe Lançon - Libération du 7 octobre 2010

C'est la vieille histoire de l'impasse sexuelle et de l'amour impossible, ni avec toi ni sans toi. Mais ce n'est pas un roman réaliste, ni même psychologique. Tout se développe, se contredit et se rabâche par l'absurde et par le muscle au cours d'une déambulation dans Paris, un dernier itinéraire du couple sous le volcan qui finit par ressembler à une balade en train fantôme...
Le véritable sujet est comme toujours le processus des phrases : cette vie déréglée, masturbée par la caresse affolante et désinhibante des comparaisons. Qu'elles fassent merveille, scandale ou flop est secondaire : c'est l'accumulation qui compte.


  • Les courts extraits de livres : 27/10/2010

Le soleil ne s'était pas montré ce jour-là. Le soir tombait, la pluie faisait du bruit sur la tente du Père Tranquille, café des Halles, un quartier de Paris, vieille ville européenne que certains habitants du sud des États-Unis confondent parfois avec Paris Texas. Quand il est arrivé, elle a rompu.
- Je veux faire un break.
Elle tenait une tasse dans sa main. Le thé ne reflétait rien, même pas le rouge des convecteurs qui chauffaient la terrasse.
- Il faut que tu disparaisses.
Elle laissait tomber son regard. Elle avait peur de ses yeux d'homme grands ouverts. Des pupilles comme deux points noirs dans des iris presque beiges.
- Tu comprends, je n'y comprends rien. Je ne t'aime plus, et puis en même temps, je t'aime trop.
- Depuis quand ?
- Je ne me souviens pas.
Il a soufflé. Il l'aurait dispersée volontiers si elle avait été une poignée de plumes.

Le serveur lui a demandé de garer son sac de voyage qui encombrait l'allée.
- Vous voulez boire quelque chose ?
- Non.
Le sac n'a pas bougé. En s'éloignant le serveur lui a donné un coup de pied.

Elle a commencé à pleurer. Sa cigarette a grésillé d'avoir été atteinte par une larme.
- Va-t-en. Moi, je t'aime trop pour te quitter. Quand on aime trop, c'est comme une cuite. On ne tient plus debout, on ne peut même pas s'enfuir.


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