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.. Fils à papa

Couverture du livre Fils à papa

Auteur : Ivan Roussin

Date de saisie : 25/01/2011

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Ed. du Toucan, Paris, France

Collection : Essais et documents

Prix : 16.00 € / 104.95 F

ISBN : 9782810003846

GENCOD : 9782810003846

Sorti le : 06/10/2010

  • Les présentations des éditeurs : 21/01/2011

Pour la plupart des garçons, le football est un jeu de copains, parfois un sujet de bagarres si l'arbitre n'est pas compréhensif, éventuellement un sport qu'on pratique sans trop forcer jusqu'à quarante ans, et au pire, un peu plus tard, une bonne excuse pour aller au stade avec ses collègues de bureau. Mais quand vous avez sept ans et que votre père est espion, que le jour de vos quatorze ans il n'est pas là parce qu'il doit parler à Jacques Chirac, et qu'à vos vingt ans il devient un «ex-ministre aux prises avec la Justice», le football n'est plus un divertissement, c'est une planche de salut ! En repassant ses souvenirs des trente dernières années, Ivan Roussin y a vu bien sûr des filles, des amis, des juges d'instructions mais surtout...des matchs de légende et des ballons au fond des filets, même si c'étaient parfois ceux de son équipe !

Fils à papa est le premier livre d'Ivan Roussin. Mais quand on a 40 ans, comme le PSG, il n'est jamais trop tard...



  • La revue de presse - Valeurs Actuelles du 14 octobre 2010

Le métier de "fils à papa" a ses inconvénients, comme a pu s'en apercevoir le rejeton de Sarkozy. Pour se dépêtrer de leur oedipe, certains optent pour le mimétisme, d'autres pour le contre-pied. Dans les deux cas, on leur reprochera de n'avoir bricolé leur ego qu'avec du matériau paternel. En écrivant «Fils à papa», Ivan Roussin a pris le risque d'une catharsis publique. C'est le fils de mon ami Michel Roussin ; à ce titre, j'ai ouvert son livre avec une curiosité amusée. Or la plume de ce quadra a de la verve, de l'humour ; avec une tendresse retenue, elle raconte l'histoire très générationnelle d'un fils d'officier de gendarmerie, puis d'espion, puis de politique, avec quelques incursions dans le privé et quelques soucis avec la justice. Le tout enrubanné dans une passion fiévreuse pour le foot et agrémenté de confessions sentimentales drolatiques. Des matchs capitaux et d'autre folklo scandent ces pages où un Michel Roussin quelque peu intime se surajoute au personnage que je connais depuis l'époque où il dirigeait le cabinet de Chirac à la Mairie de Paris. Auparavant, il avait dirigé celui de Marenches, alors patron du SDECE, ce qui l'auréolait d'une réputation d'homme de l'ombre. Après, il fut un très bon ministre de la Coopération de Balladur jusqu'à ce jour, évoqué pudiquement par son fils, où un juge l'expédia à la Santé. Pour peu de temps, mais la traque judiciaire n'a eu de cesse depuis, jusqu'à passer les bornes de l'absurde.
Le côté positif de ce genre de mésaventure, c'est qu'on compte ses amis. Ceux de Michel Roussin sont nombreux, parce qu'il n'a jamais manqué à personne. Aucun des politiques que j'ai pu côtoyer n'est plus fin psychologue, plus enjoué, plus lucide, et surtout plus fiable. Son "fils à papa" n'a pas à se plaindre, et d'ailleurs, il ne se plaint pas, son livre déborde d'amour pour ses parents, avec en prime une dérision soft et cool qui est de son âge et de son époque et à certains égards justifie un parallèle avec Beigbeder. Car s'il est compliqué d'être le fils d'une personnalité en vue, il l'est plus encore d'être quadra dans une société en panne sèche d'idéal.
(...)


  • Les courts extraits de livres : 21/01/2011

Extrait du préambule

Je fais souvent un rêve étrange. L'ambiance est solennelle dans la basilique Sainte-Clotilde, une foule recueillie et assez élégante assiste aux obsèques de mon père. À côté de la famille et des amis, le casting est impressionnant, avec au premier rang Bernadette Chirac, qui «représente son mari malheureusement retenu», des politiques en pagaille, Sarkozy, Balladur, Charasse, etc., des anciens de l'Hôtel de Ville, de Matignon 1986, du ministère de la Coopération, des militants de la troisième circonscription de Paris. Il y a également des grands patrons, Bolloré, Proglio, Roverato, des représentants de ce que mon père continue à appeler le «privé», et puis bien sûr des ambassadeurs africains, des généraux, des préfets, des journalistes comme Giesbert et Catherine Nay... Beaucoup d'avocats. Je distingue même Tillinac et Orsenna, discrètement assis côte à côte au fond de l'église.
Un personnage que je ne connais pas vient me voir et m'explique qu'il a fréquenté mon père quand il était officier de liaison à Bucarest en 1977.
Je retrouve dans cette foule un concentré de sa vie d'homme de l'ombre, qui aura beaucoup souffert de son passage à la lumière.

Ma femme et mes enfants sont sur la droite, mes trois garçons portent des petites vestes sombres et des cravates. Ils sont un peu overdressed, mais j'ai tenu à ce qu'ils soient impeccables. Je repense aux images de John John enfant faisant un ultime adieu à son père, raide comme un «I», engoncé dans un petit manteau anglais, saluant le drapeau américain.
Je suis face à tous ces gens, derrière le pupitre, et je vais prononcer un discours que j'ai mis beaucoup de temps à écrire. Je fais passer des messages simples sur la vertu de l'exemple, le courage et l'honneur de Papa. Je suis ému et sais que j'aurai du mal à arriver au bout. Pour faire diversion, je pense aux formations de «prise de parole en public» et me concentre sur la forme : eye contacts, débit lent avec des respirations, changement d'intonations et forte conviction.

Et puis le réveil sonne, il est 7h 15, il faut préparer un «bib' chocolat» pour Jules, pendant que ma femme sort les habits des «grands».
Je dois les déposer le plus tôt possible pour éviter de me faire enlever ma voiture, garée dans une rue avec stationnement résidentiel... mais du mauvais côté. Bref, la vie reprend son cours.


  • Le courrier des auteurs : 21/01/2011

1) Qui êtes-vous ? !
Je m'appelle Ivan Roussin, je suis un père de famille de 40 ans qui vis et travaille dans la communication à Paris ; je suis l'auteur du livre «Fils à papa».

2) Quel est le thème central de ce livre ?
C'est une autobiographie rythmée par des matches de football ou comment vivre une passion qui permet de s'affirmer et d'exister à côté d'un père charismatique et mystérieux tour à tour espion, haut fonctionnaire auprès de Jacques Chirac et ministre ?

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
Même s'il n'est pas évident d'exister aux côtés d'une telle personnalité, j'ai très vite voulu marquer mes distances avec ce père encombrant. Comme nous sommes proches sur la majorité des sujets il m'a fallu cultiver mon indépendance et ma singularité à travers un choix fondamental : celui du sport.

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
«You'll never walk alone» chanté par les supporters de Liverpool

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
La sincérité d'un récit autobiographique, le second degré, l'humour et bien sûr mon amour du football.


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