Inscrivez-vous àla Lettre des Bibliothécaires.
Bibliothécaires,partagez vos découvertes.
Clubs de lecture,envoyez vos choix.
Editeurs,valorisez vos livres.
Auteur : Bertrand Matot
Préface : Patrick Modiano
Date de saisie : 16/09/2010
Genre : Histoire
Editeur : Perrin, Paris, France
Collection : Synthèses historiques
Prix : 20.90 € / 137.10 F
ISBN : 978-2-262-03334-7
GENCOD : 9782262033347
Sorti le : 19/08/2010
Sur la colline de Montmartre, le lycée Rollin (aujourd'hui Jacques-Decour) fut le creuset des parcours les plus stupéfiants de la Résistance et de la collaboration françaises. Une France miniature, où se côtoyèrent cancres et bons élèves, collaborateurs et résistants de la toute première heure.
Berty Albrecht, Henri Alleg, Jean-Claude Brisville, Jacques Decour, Jean-Toussaint Desanti, André Essel, Yves Jouffa, Yvonne Le Tac, Edgar Morin, Jacques-Francis Rolland, François Truffaut, et, après la guerre, Lucie Aubrac, Jean-Louis Curtis, Boris Cyrulnik, Jean-Pierre Vernant : tous sont passés par le lycée Rollin. Certains sauvèrent l'honneur de la France, d'autres furent miliciens ou Waffen-SS de la tristement célèbre division Charlemagne. A la fois «fabrique» d'antifascistes et de collaborationnistes, ce lycée fut un lieu à part, où cancres et surdoués connurent des destins croisés, toujours extrêmes et souvent oubliés. Il fut aussi une pépinière des mouvements artistiques et intellectuels de l'après-guerre, tels que les Lettres françaises et le «Groupe de la rue Saint-Benoît» pour la littérature ou le mouvement de la Nouvelle Vague pour le cinéma.
Avec ce livre, Bertrand Matot, né en 1964, retrace une histoire inédite de la France pendant la dernière guerre, nourrie de témoignages exceptionnels et d'archives poignantes.
«Il y avait, à Rollin, plus d'électricité parisienne dans l'air que dans les autres lycées : voilà sans doute pourquoi il fut, pendant l'Occupation, "l'école de la Résistance".»
Patrick Modiano
Par une sorte de miracle, Bertrand Matot a reconstitué la vie de ce lycée. Miracle, parce que les archives qu'il a retrouvées auraient pu disparaître sans que personne ne s'en rende compte. Assistant d'éducation dans cette école, il tombe sur ces documents oubliés des années 1930 et 1940. Que découvre-t-il ? «À Paris, au cours des années 1930, le lycée Rollin fut une «fabrique» d'antifascistes qui inventa la résistance. Une bande de cancres désobéissant à leur milieu et une poignée de professeurs marginaux ou de parents d'élèves, comme Berty Albrecht et Yvonne Le Tac, allaient sauver l'honneur de la France.»
Un lycée géométrique comme un camp romain, situé au sommet du 9e arrondissement et au pied de la butte Montmartre, qui comptait, en 1939, 2000 élèves et fut une sorte de condensé du Paris occupé. Un lycée très politisé, qui fabriqua à la fois du courage et de la lâcheté, de l'intelligence et de la veulerie, de l'extrême-droite et de l'ultra-gauche, de l'antifascisme et du pronazisme. Un lycée qui paya son tribut à l'Holocauste - 27 élèves juifs déportés ne revinrent jamais, parmi lesquels le petit Hans Helmut, qui inspira à Louis Malle, un ancien de Rollin comme François Truffaut, le film «Au revoir les enfants». Un lycée d'où sortirent aussi bien des résistants que des SS de la division Charlemagne. Mais surtout des résistants. Et de très jeunes, qui entrèrent dans des réseaux clandestins, fabriquèrent des tracts et des journaux, apprirent dans les bois à tuer du boche, déposèrent des commandements menaçants sur les bureaux des profs pétainistes...
Les élèves qui, aujourd'hui, 2 septembre, entrent dans ce lycée, carrefour de si singuliers destins, vont enfin savoir, en lisant ce livre précieux, qui était Jacques Decour et il ne leur déplaira pas d'apprendre que, parmi les garçons ayant fait face héroïquement aux pelotons d'exécution, il y avait beaucoup de cancres.
Copyright : lechoixdesbibliothecaires.com 2006-2012 - Informations légales - Programmation : Olf Software - Accessibilité, CSS et XHTML : Gravelet Multimédia