Depuis toujours ce grand oiseau est le symbole des Andes, la terre des Indiens Quechuas.
Leurs contes disent que le condor peut se transformer en homme pour épouser une jeune fille, sans cesser pour autant d'être un rapace terrible.
Ils nous font découvrir la sorcière Achique, lancée à la poursuite de deux enfants qu'elle dévorerait assurément si les bêtes de la montagne et des vallées profondes ne venaient à leur secours.
Renard prétentieux, mouffettes déchaînées, colibri tout-puissant, pumas féroces peuplent ces histoires à la tonalité très particulière.
À la fois drôles et mélancoliques, les contes quechuas portent la trace d'une histoire marquée par la domination des Incas puis des conquistadors. Mais la langue dans laquelle on les raconte s'est maintenue, tout comme certaines de ces histoires venues de la nuit des temps.
Monique Stérin est philosophe de formation. Elle est née à Paris, a vécu au Japon et maîtrise l'espagnol et le japonais. Elle aime les bibliothèques dans lesquelles elle explore de vastes collectes de contes populaires. Après avoir réalisé le recueil de contes japonais de l'école des loisirs, elle s'est consacrée à la recherche de contes recueillis auprès des Indiens Mapuches et Quechuas au début du XXe siècle.
Les courts extraits de livres : 08/09/2010
Avant-propos de Monique Stérin
Le terme «Quechua» désigne avant tout, le groupe de langues amérindiennes le plus important du continent sud-américain. Il est parlé par dix millions de personnes dont près de la moitié vivent au Pérou. Il est aujourd'hui, avec l'espagnol, la langue officielle du Pérou, de la Bolivie, de la Colombie et de l'Équateur. Il est également pratiqué en Argentine et au Chili.
Le déploiement de la langue quechua sur de si vastes territoires est dû à son adoption par les Incas puis les Espagnols afin d'unifier leur empire.
Par sa superficie, le Pérou est le troisième pays d'Amérique latine, après le Brésil et l'Argentine. Il s'étend le long de la côte Pacifique et il est traversé par la cordillère des Andes qui abrite près de la moitié de la population du pays. Le Pérou connaît une grande biodiversité. Outre sa côte et sa chaîne montagneuse, il comprend une jungle amazonienne, des déserts, des volcans et des lacs, qui fournissent aux contes leurs décors naturels.
Les Indiens Quechuas du Pérou vivent principalement sur les hauts plateaux de la cordillère des Andes, entre 2500 et 4000 mètres d'altitude. Leurs conditions d'existence sont très rudes. Ils subsistent grâce à l'agriculture et l'élevage. Ils cultivent la pomme de terre, l'orge et le maïs. Les lamas représentent la figure emblématique de leurs troupeaux, parmi lesquels on compte également vigognes et alpagas.
Leur mode de vie est étudié par de nombreux ethnologues et historiens péruviens ou étrangers. Leurs traditions ont fait l'objet de multiples témoignages au cours des siècles qui ont suivi la pénétration espagnole.
Afin de réunir les contes de ce volume, nous nous sommes appuyés essentiellement sur les travaux de Jorge Basadre et de José Maria Arguedas, considérés aujourd'hui comme les plus grands spécialistes de la littérature orale des Indiens Quechuas du Pérou.