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.. Petite soeur, mon amour

Couverture du livre Petite soeur, mon amour

Auteur : Joyce Carol Oates

Traducteur : Claude Seban

Date de saisie : 02/12/2010

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Philippe Rey, Paris, France

Prix : 24.00 € / 157.43 F

ISBN : 9782848761695

GENCOD : 9782848761695

Sorti le : 07/10/2010

  • Les présentations des éditeurs : 22/01/2011

S'emparant d'un fait-divers, un mystère jamais résolu, qui bouleversa l'Amérique - l'assassinat le soir de Noël 1996 de la petite JonBenet Ramsey, six ans et demi, célèbre mini-Miss vedette de concours de beauté -, Joyce Carol Oates reconstruit l'affaire qu'elle n'hésite pas, elle, à dénouer. Une histoire effarante racontée dix ans après par le frère de la victime. La petite fille s'appelle maintenant Bliss, c'est une championne de patinage sur glace, l'enfant adoré de ses parents, la coqueluche d'un pays, la soeur aimée et jalousée par son frère, son aîné de trois ans, Skyler. Skyler qui, depuis le meurtre, a vécu dans un univers de drogues, de psys et d'établissements médicalisés. Âgé aujourd'hui de dix-neuf ans, il fait de son récit une sorte de thérapie. Ses souvenirs sont à la fois vivaces et disloqués. Peu à peu émerge le nom du coupable : est-ce le père - homme d'affaires ambitieux, la mère - arriviste forcenée, un étranger cinglé ou bien... le narrateur lui-même ?

Tous les ingrédients préférés de Joyce Carol Oates sont là : la vanité féminine, la stupidité masculine, la famille dysfonctionnelle, l'angoisse du parvenu, le christianisme de charlatan, les dérives de la psychanalyse, le vampirisme des médias, l'incompétence de la police. Pour produire en fin de compte un chef-d'oeuvre hallucinant, un dépeçage au scalpel de l'âme humaine et de l'horreur ordinaire...

Membre de l'Académie américaine des Arts et des Lettres, professeur de littérature à Princeton, titulaire de multiples récompenses littéraires (dont le prix Femina étranger en 2005 pour Les Chutes), Joyce Carol Oates occupe depuis longtemps une place au tout premier rang des écrivains contemporains.



  • La revue de presse Jean-Luc Douin - Le Monde du 3 décembre 2010

Le texte que Joyce Carol Oates consacre à ce "cold case", un cas refroidi en quelque sorte, est décapant comme un badigeonnage d'acide, tant sur le plan de la satire de moeurs que de l'écriture. Donnant la parole à un déjanté chimérique, "un mec zarbi" aux "grimaces de martyr", l'écrivain compose un récit anticonventionnel où surgissent phrases en italiques et pulsions imprimées en gras, carré noir reflétant une phase d'amnésie catatonique ou reproduction en fac-similé d'un cahier d'adolescence suicidaire...
Malice suprême de l'écrivain Oates, l'écrivain Skyler s'excuse du caractère chaotique de son texte, réclamant l'indulgence pour ses répétitions, maladresses. Or, ces faux dérapages stylistiques sont les flèches acerbes dont la romancière crible sa cible, dénonce cette culture de sandwich à la dinde et frites grasses, éducation à se laisser manipuler comme une poupée mécanique.


  • La revue de presse Florence Colombani - Le Point du 18 novembre 2010

Tragédie, conte d'horreur, poème : ce mélange des genres, la grande Joyce Carol Oates nous l'administre de livre en livre avec la même époustouflante virtuosité...
On retrouve là tout l'univers de Joyce Carol Oates : le regard acéré sur la société contemporaine, la compassion pour la fragilité enfantine, l'obsession de la névrose familiale...
Dans ce grand roman de l'enfance blessée, Joyce Carol Oates réussit l'impossible : faire revivre l'enfant morte, restituer la douleur de celui qui reste, élever le fait divers du sordide à l'épique. Car à travers l'histoire de Bliss Rampike, c'est tout un pan de l'histoire américaine d'aujourd'hui qui se donne ici à voir.


  • La revue de presse Nathalie Crom - Télérama du 20 octobre 2010

S'emparant du sinistre fait divers, Joyce Carol Oates ne s'emploie pas à le reconstituer, façon Truman Capote et De sang-froid, mais en bâtit un roman plus que noir, saisissant d'inconfort, usant jusqu'au vertige de cette éminente pénétration psychologique qui est sa force, son talent singulier...
Le constat est glaçant, nauséeux, brutal, poignant.


  • La revue de presse Thomas Stélandre - Libération du 7 octobre 2010

A la manière dont elle s'était saisie de la vie de Marilyn Monroe dans Blonde (Stock, 2000), Joyce Carol Oates s'empare du fait divers, qu'elle façonne à peine...
Mais si Joyce Carol Oates colle au plus près du fait divers, elle s'offre aussi la liberté de démêler les choses comme elle l'entend. Et, pourquoi pas, de mettre fin au mystère en désignant un coupable. Elle s'amuse dans la peau crasseuse de son Skyler. La voilà écrivain amateur, s'excusant pour ses répétitions et son manque de style. «Dieu ! Que je déteste écrire», lui fait-elle même dire. Venant d'une femme qui, à 72 ans, sort un nouveau livre tous les six mois, c'est un joli pied de nez.


  • La revue de presse Marie-Laure Delorme - Le Journal du Dimanche du 3 octobre 2010

C'est bien connu. Les enfants sont ingrats. On fait tant et tant de choses pour eux. On passe son temps à les déposer ici et à les chercher là; on se préoccupe de dégoter les meilleurs médecins, les meilleurs psychiatres et les meilleurs professeurs ; on surveille, comme le lait sur le feu, leurs bonnes fréquentions ; on multiplie les activités extrascolaires pour qu'ils atteignent un plein épanouissement; on les expédie dans des établissements à vider les comptes en banque en un tour de main; on aligne sur leurs tables de chevet vitamines, piqûres, médicaments car il faut soigner corps et tête. Et tout ça, pour quoi ? Une fille maussade aux ongles rongés et un garçon boiteux aux pensées torves. Les enfants sont ingrats. Joyce Carol Oates dépeint du sol au plafond, dans Petite Soeur, mon amour, les névroses de la famille contemporaine. La romancière est partie, pour ça, d'un célèbre fait divers. La petite Américaine JonBenet Ramsey, mini-miss vedette de concours de beauté âgée de 6 ans, a été retrouvée assassinée chez elle un soir de Noël 1996. On n'a jamais arrêté le meurtrier de l'enfant. L'auteur des Chutes (prix Femina, 2005) recrée l'affaire, avance un nom de coupable, décrit le pays. Elle s'abandonne à une réflexion sur le succès et l'échec. Elle renverse la légende pour raconter une histoire à se boucher les oreilles...


  • La revue de presse Astrid Eliard - Le Figaro du 7 octobre 2010

Dans Petite soeur, mon amour, la grande romancière Joyce Carol Oates s'est emparée avec force d'un fait divers atroce qui a secoué l'Amérique...
Ce livre n'est pas un album macabre avec photos d'autopsie ou violation du secret de l'instruction. C'est un roman, avec toute la magie que cela suppose. Un roman effrayant, qui nous emmène dans les souterrains nauséabonds d'une famille crucifiée par la vanité...
Petite soeur, mon amour est le récit de Skyler, témoin de l'affaire Bliss, frère aimant, parfois jaloux, et suspecté de l'assassinat. Il dit écrire en «amateur» - n'oublions pas que c'est le vétéran Joyce Carol Oates qui tient le stylo ! À l'instar de Skyler, son texte souffre de multiples syndromes, notamment la schizophrénie et ce dysfonctionnement du cerveau qui génère l'impression de déjà-vu. C'est là, niché dans ces pathologies, qu'éclate la beauté, étrange, dérangeante, de ce livre.


  • Les courts extraits de livres : 03/09/2010

«SURVIVANT»

LES FAMILLES DYSFONCTIONNELLES SE RESSEMBLENT TOUTES. Idem pour les «survivants».
Moi, je suis l'enfant «survivant» d'une famille américaine tristement célèbre mais, près de dix ans ayant passé, vous ne vous souvenez probablement pas de moi : Skyler.
Un prénom qui en jette, non ? Skyler : sky - ciel.
Un prénom choisi tout spécialement par mon père, qui plaçait de grands espoirs en moi, son fils premier né.
Un prénom qui, de l'avis de mon père, Bix Rampike, mettrait son porteur à l'abri du platement ordinaire.
Mon nom de famille - «Rampike» - vous a fait battre un cil, n'est-ce pas ? Ram-pike. A moins de vous prétendre «au-dessus de tout ça» (à savoir la terre ravagée de l'Amérique tabloïd), d'être délibérément obtus, déficient mental ou vraiment très jeune, ce nom vous dit certainement quelque chose.
Rampike ? Cette fameuse famille ? La petite patineuse, celle qui...
Et on n'a jamais su qui...
Les parents, ou un maniaque sexuel, ou...
Quelque part dans le New Jersey, il y a longtemps, une bonne dizaine d'années au moins...
Raison pour laquelle - finalement ! - je me suis obligé à commencer ceci, sans trop savoir ce que ce sera, un genre de document personnel - un «document personnel unique» - pas simplement un témoignage mais (peut-être) une confession. (Vu que pour certains Skyler Rampike est un suspect, je devrais avoir beaucoup à confesser, vous ne croyez pas ?) Comme de juste, ce document ne sera pas chronologique/linéaire, mais suivra un chemin d'associations libres organisées par une logique intérieure invariable (quoique indécelable) : sans prétention littéraire, d'un amateurisme crasse désarmant, imprégné de culpabilité, conforme au «survivant» qui abandonna sa soeur de six ans à son «sort» aux «petites heures» du 29 janvier 1997, dans notre maison de Fair Hills, New Jersey. Oui, je suis ce Rampike-là.


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