Une vengeance implacable Une fresque historique éblouissante
1691. Un bateau fuit les côtes de l'Irlande tombée aux mains des Anglais ; à son bord, Harry et Lilly Bateman. Lui, fils de prostituée, elle, enfant illégitime d'une famille noble, mariés contre leur gré, ils embarquent vers une terre inconnue : l'Amérique.
A peine sortis de l'adolescence, ils se connaissent peu, ils ne savent pas où ils vont : tout leur reste à construire.
Ils découvrent une Amérique en devenir, entre nouvel Eden et nouvel Enfer, dont les Européens se partagent les immensités vierges, implantant des comptoirs, des forts et des villes, poussant les tribus indiennes à se déchirer.
Industrieux et visionnaires, Harry et Lilly se heurtent dans la jeune colonie de New York à un Anglais richissime et retors, Augustus Muir, qui tente de les détruire. Désormais, entre les Bateman et les Muir, la haine s'installe, une haine inextinguible qui va se transmettre à leurs descendants et inspirer la plus noire des vengeances...
Romain Sardou explore dans cette nouvelle trilogie romanesque trépidante toute l'histoire d'un vaste pays bâti par des hommes simples, artisans, cultivateurs et aventuriers. Au fil des années, des péripéties, des épreuves et des amours rencontrées par les Muir et les Bateman, c'est un événement majeur qui prend forme sous nos yeux : la naissance de l'Amérique !
La revue de presse Agathe Fourgnaud - Le Point du 7 octobre 2010
Sardou aime la narration efficace : "Je ne suis pas du genre à faire des pages de littérature gratuite." Moyennant quoi l'écriture cavale au rythme d'une intrigue à rebondissements multiples. "Pour tenir la distance sur trois livres, il faut avoir des cartouches", explique-t-il. Certains personnages ont réellement existé. La terrifiante prison de la Fleet, où chaque prisonnier devait s'acquitter d'un loyer à vie, aussi.
Les courts extraits de livres : 10/09/2010
Le jeune Indien pouvait avoir entre treize et quinze ans, les yeux noirs, basané de peau, les cheveux noués en fines tresses tirées vers la nuque, dégagés aux oreilles, torse nu.
De discrets tatouages de griffes d'ours étaient piqués à la naissance de son cou ; motifs qui, suivant l'usage de la tribu des Yeohs, l'élevaient au-delà de l'enfance mais pas encore dans l'âge d'homme.
Sans un bruit, le jeune chasseur s'était extrait de la forêt de red cedar et de pins géants qui dominait les rives du Sawanwaki. Les eaux du fleuve commençaient à miroiter au soleil ; le matin sentait la résine et les relents fades des marécages tropicaux ; c'était l'heure de tous les attroupements et des attaques éclairs.
L'Indien se retourna pour savoir s'il avait été suivi : son frère et ses trois compagnons yeohs, partis à l'aube pister les hardes de daims et terminer les lots de peaux destinés aux Blancs, avaient disparu.
Les semer avait été un jeu d'enfant.
Le jeune archer appuya son arme et son carquois contre le tronc mince d'un genévrier. Il resta un moment à contempler le fleuve : tout un système d'îlots effilés était né en son milieu. Peu d'adultes yeohs osaient s'aventurer à la nage avec autant d'aplomb que lui : le garçon plongea dans les eaux du Sawanwaki pour franchir les cent brasses qui le séparaient de l'une des îles désertes.