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.. L'année du mensonge

Couverture du livre L'année du mensonge

Auteur : Andreï Guelassimov

Traducteur : Joëlle Dublanchet

Date de saisie : 30/08/2010

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Actes Sud, Arles, France

Collection : Babel, n° 1025

Prix : 8.00 € / 52.48 F

ISBN : 9782742793051

GENCOD : 9782742793051

Sorti le : 01/09/2010

  • Les présentations des éditeurs : 30/08/2010

Grand amateur de boissons fortes et d'aventures féminines, Mikhaïl, jeune loser moscovite, se retrouve un beau jour avec la singulière mission d'apprendre à boire, à fumer et à courir les filles au jeune fils renfermé de son ancien patron. Mais l'éducation sentimentale de l'adolescent prend un tour inattendu lorsque Mikhaïl tombe amoureux de Marina, la petite amie de son protégé, clone parfait d'Audrey Hepburn.
De tromperies en trahisons, les personnages de Guelassimov - aussi désespérants de mauvaise foi que terriblement attachants - vont bientôt se retrouver pris au piège de situations inextricables dans lesquelles le mensonge reste invariablement la seule issue possible. Commence une équipée rocambolesque au coeur d'une Russie empêtrée dans ses paradoxes économiques lors de la grande crise de 1998 et dans laquelle toutes les valeurs se sont effondrées. Par son brio et son sens consommé de la drôlerie, L'Année du mensonge compte parmi les cinq ou six réussites qui ont refondé le roman russe contemporain.

Né en 1965 à Irkoutsk, en Sibérie, Andreï Guelassimov est l'un des écrivains les plus prometteurs de la nouvelle littérature russe. Actes Sud a déjà publié la soif (2004 ; Babel n° 765), Fox Mulder a une tête de cochon (2005), l'année du mensonge (2006) et Rachel (2010).


  • Les courts extraits de livres : 30/08/2010

LE PRINTEMPS

MIKHAÏL

J'ai passé en revue tous ceux qui pourraient me dépanner, ne serait-ce qu'une semaine. Et je me suis dit que je ne trouverais personne. Lorsque j'avais été engagé dans cette société, tout le monde vous prêtait de l'argent sans problème. C'était une boîte solide. Avec des partenaires aux États-Unis et en Europe, des bureaux high-tech, et un patron possédant son avion personnel. Qui pouvait prévoir qu'il y aurait des licenciements ? Comment faire maintenant pour rembourser mes dettes ? On m'avait viré comme un chien galeux, et j'en étais réduit aujourd'hui à glander sur ce boulevard, dans une gadoue pas possible, et à ronger mon frein. Le printemps est là, bonnes gens, le printemps est là ! Et merde !

Après le déjeuner, je suis resté assis un moment boulevard Gogol, puis j'ai émigré à côté de l'église Saint-Sauveur et ensuite près de la statue de Dostoïevski, sur les marches de la bibliothèque, et quand j'ai été complètement gelé, je me suis transporté au jardin Alexandre. C'est encore ici que les bancs étaient le plus confortables, pas raides du tout, presque tièdes, un vrai bonheur. J'en étais arrivé au stade où mon postérieur pouvait aisément faire la différence entre un banc du boulevard Tverskoï et ceux qui sont aux abords du Kremlin.
- Vous n'auriez pas du feu par hasard ?


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