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.. Harcèlement et brimades entre élèves : la face cachée de la violence scolaire

Couverture du livre Harcèlement et brimades entre élèves : la face cachée de la violence scolaire

Auteur : Jean-Pierre Bellon | Bertrand Gardette

Date de saisie : 21/08/2010

Genre : Education, Pédagogie

Editeur : Fabert, Paris, France

Collection : Penser le monde de l'enfant

Prix : 20.00 € / 131.19 F

ISBN : 9782849221020

GENCOD : 9782849221020

Sorti le : 16/08/2010

  • Les présentations des éditeurs : 25/09/2010

Des moqueries, des surnoms déplaisants, des insultes, des menaces, des manoeuvres d'isolement, des rumeurs... toutes ces petites actions malveillantes peuvent par leur répétition rendre la vie quotidienne de certains élèves parfaitement insupportable. Cette forme de violence scolaire, que l'on désigne dans les pays anglo-saxons par le terme de school-bullying, reste encore assez méconnue en France. Pourtant, selon une enquête réalisée par les auteurs de cet ouvrage auprès de 3000 collégiens, 10% des élèves reconnaissent en être régulièrement les victimes.

Jean-Pierre Bellon et Bertrand Gardette présentent une analyse approfondie du harcèlement entre élèves, en montrant ce qui le distingue et ce qui le relie aux autres formes de violence. À travers de nombreux témoignages, ils décrivent comment ce phénomène est vécu au quotidien par les différents acteurs concernés : les victimes, leurs parents, les différents témoins et même les harceleurs. Ils montrent aussi comment différentes stratégies de prévention peuvent permettre d'enrayer cette face cachée de la violence scolaire.

La collection Penser le monde de l'enfant propose d'aborder dans une perspective pluridisciplinaire - historique, sociologique, éducative et psychologique - les différentes représentations de l'enfant telles qu'elles sont apparues au cours de l'histoire.

Collection dirigée par Jean-Paul Mugnier, thérapeute familial et de couples.

Jean-Pierre Bellon est professeur de philosophie en lycée. Il a participé à la rédaction de plusieurs manuels scolaires d'Éducation Civique, Juridique et Sociale (Magnard 2000-2002).

Bertrand Gardette est conseiller principal d'éducation en lycée professionnel. Il intervient dans la formation des CPE dans le cadre de l'IUFM d'Auvergne.

Ensemble, ils ont créé en 2006 le site Internet www harcelement-entre-eleves.com et fondé en 2007 l'Association pour la Prévention des Phénomènes de Harcèlement entre Élèves (A.P.H.E.E.)


  • Les courts extraits de livres : 25/09/2010

Extrait de l'introduction

«EN COURS DE MATHÉMATIQUES, il se passait pas mal de choses. Les élèves se déplaçaient sans demander la permission. Il y avait aussi des jets d'encre pour abîmer les vêtements de ceux qui étaient devant. C'était vraiment le désordre. Les élèves prenaient la liberté de faire tout ce qu'ils voulaient. Un jour, ça a été pire que tout ; il y a des élèves qui sont arrivés dans des états pas possibles. Il y avait tout : des cris, des déplacements, des objets lancés. Tout ce qu'on peut imaginer et qui ne se fait pas dans une classe. A un moment, le professeur a commencé à ne plus pouvoir supporter. Il a demandé qui étaient les délégués et s'ils pouvaient aller chercher la conseillère d'éducation. Le premier a refusé parce que l'élève la plus perturbatrice était une de ses copines. Le deuxième, c'était moi, et je suis allé chercher la CPE.
A partir de ce moment, c'est devenu infernal : des insultes sans arrêt, des projectiles dont j'étais à chaque fois la cible. Pendant des mois, je n'ai plus eu un seul moment de paix. Il n'y avait plus qu'un garçon et une fille de ma classe qui continuaient à me parler et à faire comme si cette affaire n'avait jamais eu lieu. Des autres, je devenais la cible d'insultes, de jets d'objets ou des fois les deux. Ensuite, ils s'en sont pris à ma famille : des rumeurs ont été lancées par des gens de la classe. J'ai encaissé, ça été dur, je ne disais rien. Les seules personnes à qui je me confiais, c'étaient des amis qui habitaient très loin. Je leur parlais à eux, je savais qu'ils ne répéteraient rien. Tout accumulé, je n'en pouvais plus : je cherchais toutes les excuses possibles pour ne pas aller en cours. Un jour, c'étaient les maux de ventre, un autre l'envie de vomir. La situation en était arrivée à un tel point que, pour m'éviter les problèmes, il fallait que je ne voie plus ces gens-là au quotidien. Et la seule solution pour moi était de ne plus aller au lycée.
Le professeur principal de ma classe a appelé à la maison au sujet de mes absences. Depuis le début de l'année scolaire, il m'avait bien cerné. Il avait compris ce qui s'était passé et c'est lui qui a mis mes parents au courant. Moi, je m'étais enfermé dans le silence qui me paraissait être la seule solution. Le fait que le professeur principal ait compris m'a déjà réconforté. Je me suis dit : si j'y retourne, il y aura certainement quelque chose qui sera fait. Et en fait, le jour où je suis revenu au lycée, le professeur principal m'a fait sortir un moment du cours et il s'est expliqué clairement avec tous les élèves de la classe, et particulièrement avec les trois ou quatre principaux meneurs. Il leur a dit qu'il avait compris leur manège, qu'il fallait qu'ils arrêtent parce que ça pouvait aller très loin.
Ça a cessé une semaine. Une semaine pendant laquelle dans tous les cours, cours de mathématiques compris, j'avais la paix. Puis, ça a recommencé. Il n'y avait plus d'accusations sur ma famille, mais pour le reste, oui, ça a recommencé : les jets d'encre, les boulettes de papier...
Sur les conseils du professeur principal et à la vue de mes résultats, on m'a proposé une réorientation. Au début, j'étais sceptique mais, pour moi, la seule solution, c'était d'être loin des élèves qui m'avaient ruiné l'année scolaire, donc de partir. Aujourd'hui, je n'ai plus aucun souci, je vais vraiment mieux, j'ai retrouvé tout ce que j'avais avant, ma joie de vivre. Ça se ressent partout, y compris sur mes résultats. Pour moi, c'est fini, c'est du passé. Il faut vivre ce qui se passe maintenant, et oublier. Quand je revois des gens de cette époque, ceux qui m'ont fait subir les pires choses, je détourne la tête.»


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