Pyongyang, Corée du Nord.
LE DERNIER PAYS OÙ LE PIRE N'EST PAS IMAGINABLE...
Seth Balbhan, rédacteur en chef d'un quotidien américain, apprend que Michaël Wong, l'un de ses collaborateurs, est piégé en Corée du Nord. Face à l'absence de réaction de sa hiérarchie, Ballahan voit rouge. Contre vents et marées, il décide de secourir le jeune Wong. Dans Pyongyang, la capitale fantôme où les hommes ne sont que des ombres, il cherche de l'aide auprès de Suzan, ravissante correspondante d'une O.N.G. canadienne.
C'est alors que surgit : un tueur monstrueux laisse dans son sillage une longue suite de cadavres atrocement mutilés.
Paik Dong-Soo, brillant militaire nord-coréen, se lance sur ses traces.
Ils se retrouveront tous, à l'issue d'un parcours halluciné, en un lieu oublié. Celui qu'annonce
Jean-Luc Bizien est né en. 1963 au Cambodge. Il a publié de nombreux ouvrages dont Marie Joly (Sabine Wespieser, 2004] et la série historique La Cour des miracles (Grands Détectives, Editions 10/18]. Il a reçu, entre autres, le prix Gérardmer Fantastic'Arts et le Prix du Roman d'Aventures en 2002.
Les courts extraits de livres : 01/03/2011
La nuit était venue, condamnant le pays au noir absolu. À l'exception de sa capitale, tout le territoire avait succombé aux ténèbres conquérantes. Pyongyang, ultime bastion dressé dans un halo de lumière, adressait un pied de nez dérisoire aux satellites espions.
L'ombre galopait, enivrée à l'idée de noyer les villes. Elle s'était répandue à travers les villages, elle submergeait les hameaux. Escamotés les champs, disparues les cultures, effacés routes et chemins...
Les ténèbres avaient pris possession de la forêt depuis deux heures déjà et Michael leur en était reconnaissant. Plissant les paupières, il devinait le visage blême de la lune pleine, dont les rayons transperçaient çà et là les feuillages drus, comme le harpon du pêcheur se glisse entre les mailles du filet avant de s'enfoncer dans les flancs du poisson emprisonné.
Michael se surprit à admirer les fils de lumière qui luisaient au coeur de ce noir absolu. Le jeune homme se remémora un instant les vitrines de la ville, les tours aveuglantes, les débauches de publicités, les effets clinquants. Les sirènes, les klaxons retentirent à ses oreilles et il dut secouer la tête pour se débarrasser de ces cauchemars bruyants.
Il s'arracha à sa contemplation béate, puis étouffa un rire amer. Qui aurait pu prédire, tandis qu'il arpentait les trottoirs de la mégapole, le visage tourné vers le sommet des buildings, qu'un jour il se terrerait dans la jungle ? Qui aurait dit, à le voir s'enivrer de ces messages publicitaires défilant sur les écrans géants, s'abreuver de la pulsation frénétique qui agitait Manhattan, qu'il appellerait la pénombre de toutes ses forces ?
Michaël battit des cils.
On ne revenait pas en arrière.
Jamais.