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.. Un train pour Tula

Couverture du livre Un train pour Tula

Auteur : David Toscana

Traducteur : François-Michel Durazzo

Date de saisie : 26/10/2010

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Zulma, Honfleur, France

Collection : Littérature étrangère

Prix : 19.50 € / 127.91 F

ISBN : 9782843045226

GENCOD : 9782843045226

Sorti le : 02/09/2010

  • Les présentations des éditeurs : 08/07/2010

ORPHELIN NÉ D'UN VIOL, enfant maudit tenu à l'écart, Juan Capistrán se voue dès l'adolescence à la conquête d'une fillette qui le dédaigne. Devenue femme, la belle Carmen l'ignore plus que jamais. En toile de fond des histoires du vieux Capistrán et des interprétations romanesques qu'en fait son faux biographe : la ville frontalière de Tula, fabuleux théâtre peuplé de personnages hauts en couleur, comme Fernanda, la mère morte en couches de Juan, le Père Nicanor ou le maestro Everardo Fuentes, entre autres témoignages de l'orgueil légendaire des «Tultèques», tous un peu héros de la guerre civile, trafiquants en illusions, aventuriers et nécromants.
Les aventures picaresques de Juan Capistrán évoquent irrésistiblement Don Quichotte. La ville deTula.qui n'est pas sans rappeler le Macondo de Cent ans de solitude, est l'occasion de tableaux de genre hilarants. Au service du mythe de la passion impossible, le réalisme baroque de Toscana nous entraîne dans un labyrinthe de fausses pistes et d'authentiques chausse-trapes.

C'est avec toute l'inventivité propre à la littérature hispanique, de Cervantès à Juan Rulfo, que l'auteur d'EI último lector (Zulma, 2009) bouscule allègrement le genre romanesque, avec mises en abyme et déconstructions savantes. Remarquablement traduit, Un train pour Tula se transmet, d'un lecteur l'autre, comme le témoin d'une course sans fin dans les territoires de l'imaginaire. David Toscana, né en 1961 à Monterrey au Mexique, est invité au festival Belles Latinas du 6 au 13 octobre 2010.


  • Les courts extraits de livres : 08/07/2010

Peut-être Juan Capistrán a-t-il exigé qu'on lui fasse très tôt sa toilette et qu'on le parfume avec une lotion pour dissimuler l'odeur de la chair rance. On ne lui a pas offert beaucoup de choix. Il a dû se contenter d'une bouteille d'eau de Californie qu'il s'apprêtait à verser maladroitement sur sa poitrine quand la soeur Guadalupe lui a demandé :
- Voulez-vous que je vous peigne ?
- Je peux le faire tout seul.
Elle a ouvert la fenêtre et le doux bourdonnement de la rue a laissé place au rugissement des voitures et des camions, aux pas des gens pressés, aux cris des vendeurs de journaux et de chicharrón. Avec le bruit s'est immiscé un courant d'air brûlant qui, peu à peu, a emporté l'humidité de la pièce et cette sensation étouffante de se trouver à côté d'un pot de chambre.
- Vous allez téléphoner ?
- Oui, monsieur Capistrán. Tout de suite.
La soeur a poussé le fauteuil roulant jusqu'au miroir. II a pris le peigne et, de cette main sûre que lui enviaient les autres vieux, il s'est fait la raie sur le côté gauche, passant le peigne entre ses cheveux à plusieurs reprises, comme s'il avait voulu graver son crâne. Dans le reflet, il a vu le Borgne se traîner à petits pas vers lui.


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