Bien plus qu'un jeu de cartes, le poker est devenu un véritable phénomène de société. S'il ne faut que quelques minutes pour en comprendre les règles... une vie entière ne suffit pas pour maîtriser toutes ses finesses : voilà certainement ce qui rend aujourd'hui le poker aussi passionnant, aussi populaire, et pourquoi il fait autant rêver les amateurs qui se voient rapidement millionnaires. La réalité du monde professionnel du poker n'est pas aussi simple qu'il n'y paraît.
Les ouvrages consacrés au poker se comptent par dizaines, mais la plupart se limitent à des suites de conseils et d'exercices pour améliorer sa technique de jeu. L'objectif de ce livre est tout autre : faire découvrir le poker à travers l'expérience et les témoignages des meilleurs joueurs français (Bruno Fitoussi, Isabelle Mercier, Bertrand «ElkY» Grospellier, Antoine Saout, Patrick Bruel, Bruce Toussaint, Vikash Dhorasoo...). Treize portraits brossés de jeunes prodiges venus d'Internet, de vieux briscards à l'expérience bien trempée et de personnalités qui se sont piquées au jeu et racontent comment on arrive, un jour, à basculer dans le monde professionnel et faire d'un jeu au passé sulfureux son gagne-pain quotidien.
Aymeric Renou, 40 ans, est reporter au service société du quotidien Le Parisien - Aujourd'hui-en-France. Joueur amateur, il a couvert les derniers championnats du monde à Las Vegas.
Les courts extraits de livres : 06/07/2010
Il s'appelle Sébastien. 27 ans. Célibataire. Fraiseur dans une entreprise d'aéronautique à Niort, dans les Deux-Sèvres. Particularité : passionné de poker. Son rêve ? Devenir champion et, pourquoi pas, joueur professionnel. Ce samedi 27 mars, ils sont 350 comme Sébastien à tenter leur chance dans une salle des fêtes parisienne transformée en tripot improvisé. L'enjeu ? Cinq places à gagner pour participer à la finale d'un tournoi européen aux îles Canaries, organisé par le site Internet Everest Poker et doté de 100 000 euros de prix.
Comme tous les autres, Sébastien s'est qualifié gratuitement sur Internet. Une belle performance puisque 60 000 joueurs en Europe y ont eux aussi mis leurs espoirs. Le poker en ligne est sa principale occupation, son seul et unique loisir. Pas de petite amie pour le rappeler à l'ordre quand il enchaîne les parties, il passe des heures, chaque soir et tous les week-ends, devant l'écran de son ordinateur à tenter de grappiller quelques euros par-ci, quelques centimes par-là.
Le voilà maintenant dans le grand bain. Les jetons sont désormais réels. Il a soigné son look : sweat-shirt à capuche, lunettes noires. La panoplie est la même que celle de ses idoles, ces jeunes joueurs d'à peine 20 ans qu'il voit à la télévision s'affronter pour des millions de dollars dans de prestigieux tournois.
La partie commence. Il faut se jeter à l'eau. La lutte est acharnée, les coups difficiles à négocier. Malgré toute la passion qu'il met dans les cartes, l'envie de gagner et un mental d'acier, il va rapidement boire la tasse. Une heure de jeu suffit pour que tous ses jetons s'envolent. Sébastien est dépité. «Je suis sorti sur un bad-beat Dommage. C'est le poker !»