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.. La colère du rhinocéros

Couverture du livre La colère du rhinocéros

Auteur : Christophe Ghislain

Date de saisie : 10/11/2010

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Belfond, Paris, France

Collection : Littérature française

Prix : 19.00 € / 124.63 F

ISBN : 9782714446176

GENCOD : 9782714446176

Sorti le : 19/08/2010

  • Les présentations des éditeurs : 30/07/2010

J'ai roulé doucement vers la sortie du garage, un peu trop ailleurs pour me concentrer sur ce que je faisais. Il y avait Hélène et la puce, mon père, mes espoirs de môme et mes souvenirs d'adulte, le manque de mille autres souvenirs que j'aurais aimé avoir, des cercueils et la peur de mourir, des glaces qui fondent trop vite, du sable dans les yeux, l'amour à la sauvette, le clapotis de l'eau qui cogne contre le matelas gonflable sur lequel on se laisse bercer, des maisons sous la pluie, des phares tragiques et des falaises étonnantes, des tonnes de poissons, des hydravions et des rhinocéros en veux-tu en voilà qui faisaient la bringue dans mon cerveau.

La Colère du rhinocéros est un roman polyphonique porté par une écriture savoureuse, un western poétique et drôle explorant les méandres de vies tombées en morceaux, un questionnement sur le sens de l'existence édifié autour du rêve en ruine d'un vieux fou absent : le père de Gibraltar.

Christophe Ghislain est né en 1978 dans la région de Liège, en Belgique. Après des études de lettres et de philosophie, il s'est orienté vers la réalisation et a obtenu en 2005 pour Lost in La Hesbaye le prix du meilleur premier film au Festival international du film indépendant de Bruxelles. La Colère du rhinocéros est son premier roman.



  • La revue de presse Claire Julliard - Le Nouvel Observateur du 4 novembre 2010

Roman polyphonique où alternent les voix de Gibraltar, d'Emma et de l'Esquimau, le livre a des allures de western moderne. L'auteur situe son intrigue dans un plat pays imaginaire, désertique et plombé par une chaleur caniculaire. Un lieu improbable où autrefois, le père du héros fit construire un phare. Porté par un style poétique, ce roman délivre l'énigme d'un passé que les trois narrateurs reconstituent par petites touches. Christophe Ghislain est dans la lignée des surréalistes belges.


  • Les courts extraits de livres : 30/07/2010

Gibraltar

Il y a une chose étrange, avec les accidents de voiture. Ils font partie de ces moments que vous tentez d'éviter toute votre vie, pourtant rien ne vous rappelle autant qu'eux à quel point vous êtes vivant.
Je n'ai jamais eu d'accident de voiture.

Je n'étais encore qu'un môme quand j'ai appris à conduire. Farrell avait pris les clefs de son père et le soir on avait piqué la Grande Ourse, une vieille américaine, une automatique que le père en question bichonnait plus encore que sa collection de couteaux. Farrell avait mis les clefs sur le contact, s'était poussé du côté passager et m'avait regardé droit dans les yeux. Bon anniversaire, il m'avait dit... On s'était payé une bonne balade dans les champs. Ma tête ne dépassait pas la hauteur du volant, et malgré les chaussures à semelles compensées empruntées à sa soeur, j'avais du mal à atteindre les pédales. Mais c'était la première fois que je conduisais quoi que ce soit, que je pouvais décider où j'allais, et c'était une sensation enivrante. Surtout t'arrête pas, me répétait Farrell. Profite... Il n'avait pas réussi à détacher leur caravane accrochée à la voiture, et ça valdinguait derrière nous au rythme des bosses et des trous.


  • Le courrier des auteurs : 26/08/2010

1) Qui êtes-vous ? !
Obi-Wan Kenobi. Mais par souci d'anonymat, et pour préserver la vie privée de mes proches, j'ai opté pour un pseudonyme.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
Je ne sais pas. Le roman fait 331 pages. Divisé par deux : 165 et demi. A la page 165 et demi, donc, se trouve cette réplique :
Ca va ?
Ainsi, voilà le thème central du livre. N'est-ce pas complètement dans l'air du temps ? ! La Colère du rhinocéros est un roman soucieux de l'humain, pétri d'empathie, que vous trouverez au rayon «bien-être» entre Mon vagin et moi et 2011, l'Odyssée de l'horoscope : bienvenue dans l'année du Buffle qui ne chiait que de profil. Ceci dit, et parce qu'en matière de présentation je suis une vraie brelle, mon éditrice a eu la bonté de m'écrire un pense-bête. Dont voici la copie :

L'amorce : Gibraltar, le personnage central.
Au départ, un homme, la trentaine, une femme et un enfant, cumulant les petits boulots et ne finissant jamais ce qu'il entreprend (l'image du scénario qu'il abandonne à la page 2 est excellente) parce qu'il a peur... De quoi ? On le devine malade. Et il décide de partir, de retourner dans son village natal, qu'il a quitté adolescent, pour retrouver son père qu'il n'a jamais revu. Il part à bord d'un corbillard (tu expliques le cocasse de la scène, son dernier job, le macchabée dans le coffre). L'arrivée au village. Gibraltar ne semble pas le bienvenu. Retrouve deux personnes qui ont marqué son enfance : Emma et l'Esquimau.
A partir de là, je pense, il ne faut pas entrer plus dans les détails mais développer le fond et la forme. La construction du livre : 3 voix (Gibraltar, Emma et l'Esquimau) qui vont se faire écho entre elles, l'histoire de Gibraltar qui se dessine comme les pièces d'un puzzle qu'on mettrait bout à bout. Là, tu peux être plus précis et parler de ce père qui a voulu aller au bout d'un rêve fou, mais dont l'obstination a entraîné tout le monde à la dérive : le départ de la mère, l'hostilité du village, sa mort... Mais aussi : pourquoi Gibraltar veut-il terminer l'ouvrage inachevé de son père ? Etc... L'univers : écriture poétique, un imaginaire métaphorique et nourri par des images que t'a inspiré le cinéma.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
«Je suis à la recherche d'une moitié de cigare, planté dans la bouche d'un grand fils de chienne, un type blond et qui parle peu.»
... euh... non, ça c'est dans Le bon, la brute et le truand.

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Du Samuel Barber, immanquablement. Joué nu, dans un champ de tournesols, à s'en crever les tympans. A ne plus savoir rien d'autre que le soleil qui cogne. Le goût salé de la sueur. Une danse fragile, insensée, les pieds crasseux dans la terre, la peau brûlée et les yeux s'inventant des mondes sur lesquels se poser, des mondes comme on n'en voit que dans ses rêves d'enfant.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Rien - je ne les connais pas. Sinon, une bonne bouffe.


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