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.. La moitié du ciel : enquête sur des femmes extraordinaires qui combattent l'oppression

Couverture du livre La moitié du ciel : enquête sur des femmes extraordinaires qui combattent l'oppression

Auteur : Nicholas D. Kristof | Sheryl WuDunn

Préface : Manon Loizeau

Traducteur : Olivier Colette

Date de saisie : 18/06/2010

Genre : Documents Essais d'actualité

Editeur : Les Arènes, Paris, France

Prix : 22.00 € / 144.31 F

ISBN : 9782352041061

GENCOD : 9782352041061

Sorti le : 05/04/2010

  • Les présentations des éditeurs : 10/09/2010

Ce livre est un choc. Il nous raconte ce que vivent des millions de femmes au-delà de nos frontières : l'esclavage sexuel, les crimes d'honneur, les mutilations, les viols.

Selon Amartya Sen, prix Nobel d'économie, il manque aujourd'hui cent millions de femmes dans le monde, parce que des centaines de milliers de petites filles meurent avant un an, faute de soins.

Pendant cinq ans, deux grands reporters américains ont sillonné les campagnes et les taudis d'Asie, d'Afrique et du Moyen-Orient.

Ils ont rencontré des centaines de femmes qui refusent l'oppression : Rath, Cambodgienne de quinze ans échappée d'un bordel ; Salma, battue par son mari et sa belle-mère qui, grâce à un microcrédit, s'est imposée comme chef de famille ; Mahabouba, paralysée après un accouchement, abandonnée dans la brousse et aujourd'hui aide-soignante dans un hôpital. Chaque fois, c'est une leçon de courage et de dignité qui nous galvanise.

Un livre époustouflant qui nous montre que l'oppression des femmes n'est pas une fatalité.

Nicholas D. Kristof et Sheryl WuDunn sont grands reporters au New York Times et tous les deux lauréats du prix Pulitzer.

Manon Loiseau, qui a signé la préface française, est journaliste, lauréate du prix Albert Londres.


  • Les courts extraits de livres : 10/09/2010

Extrait de la préface de Manon Loizeau

Elles sont les bannies du monde. Elles représentent près de la moitié de l'humanité. Une moitié trop souvent violentée, exclue, cachée. Nicholas Kristof et Sheryl WuDunn nous entraînent dans un incroyable voyage à la rencontre de ces femmes qu'on ne voit pas, qu'on n'entend pas, et qui pourtant «portent la moitié du ciel». Ils ont recueilli les témoignages de ces rescapées qui, au plus profond de la douleur, ont puisé la force de parler. De parler et d'agir, surtout. Des femmes entrées en résistance. En survivantes, elles lancent un défi aux sociétés fondées sur la discrimination.

Les témoignages des femmes de La Moitié du ciel m'ont rappelé d'autres femmes croisées lors de mes reportages en Afghanistan, au Pakistan, en Inde, en Iran, en ex-URSS. Comme un écho de douleurs, une communauté de destins. Des femmes aux souffrances infinies, trop longtemps réduites au silence. Des femmes qui, un jour, ont brisé le cercle de la violence, de l'enfermement, de l'humiliation, parfois de la mort, en prenant la parole. Des femmes debout, au courage immense.
Dans un village perdu du Tamil Nadu, j'ai aussi perçu cette violence masquée, normalisée, acceptée par la communauté. J'ai rencontré la douleur des mères criminelles, des mères qui ont tué leurs filles à la naissance. Le conseil des anciens du village ne leur avait pas laissé le choix : une fille, c'est une malédiction. Selon un proverbe indien, «élever une fille, c'est comme arroser le jardin de son voisin». En d'autres termes, non rentable...
Hema, mère «infanticide», a osé me parler. Et braver l'interdit, car le crime, admis par tous, n'en demeure pas moins caché. Non avouable. Cinq ans après le meurtre, elle me disait entendre, chaque nuit, la voix de sa petite fille la supplier de vivre. L'association Terres des hommes s'est occupée d'Hema. Lui a expliqué qu'avoir une fille n'est pas un crime, et a longuement travaillé auprès des chefs de village, des hommes de la communauté. Depuis, Hema a eu quatre filles. Comme un affront aux traditions immuables. Une résistance et un défi à sa communauté.
Je me souviens de cette mère, accouchant d'une petite fille dans une maternité de la banlieue de Delhi et détournant la tête. De son visage impassible, indifférent, et de ses grands yeux noirs habités d'une infinie tristesse, vivant la naissance d'une fille comme un châtiment. Dans la province de l'Haryana, d'autres douleurs de femmes m'avaient saisie. La douleur de celles qui avaient tué leur fille avant même qu'elle ne naisse. On appelle cela le «foeticide». Depuis l'apparition de l'échographie, les femmes indiennes et chinoises avortent dès quelles apprennent que l'enfant à venir sera une fille. Des millions par an. Dans certains hôpitaux, des foetus de cinq ou six mois jonchent les sols encrassés. L'élimination quasi systématique de la femme à venir est en marche dans une grande partie de l'Asie.
Il manque aujourd'hui plus de cent millions de femmes dans le monde. Elles seront deux millions supplémentaires à ne pas naître cette année. On les appelle «les femmes manquantes». Poids des traditions, de la dot, pressions de la belle-mère, du mari. Mais aussi, selon l'aveu d'Indira, jeune femme de vingt-cinq ans d'une caste supérieure, parce que les femmes le décident : «Je ne veux pas avoir une fille pour qu'elle vive les mêmes souffrances que moi.» Trop de douleurs tues, trop de violences au quotidien qui encouragent les femmes à s'éliminer elles-mêmes. Dans certains villages indiens et chinois, la femme est devenue invisible. Elle est l'«Absente».


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