Colonna est depuis sept ans en prison. Il attend que dehors on s'inquiète pour les libertés fondamentales, piétinées dans les tribunaux d'exception.
Il attend justice. Il attend sa liberté. Nous ferions bien de défendre la nôtre en exigeant la sienne.
Gérard Amaté
La comparaison avec Dreyfus, évoqué en analogie s'agissant de Colonna, est dénoncée comme «moralement inacceptable et politiquement intenable»... Ce livre est la démonstration du contraire. Hélas.
Yves Duteil
Les courts extraits de livres : 14/06/2010
Préface d'Yves Duteil
Par principe, la Cour d'Assises Spéciale n'a pas besoin de motiver son verdict. Comment sinon aurait-elle pu prononcer les attendus de sa décision pour condamner Yvan Colonna sans preuve, en présence d'éléments contraires aux thèses de l'accusation, comment aurait-elle pu justifier la discordance des dires qui l'incriminent, écarter la logique des faits qui le mettent hors de cause, balayer les doutes assourdissants qui jonchent le chemin d'une instruction fondée sur le nom du coupable désigné pour conduire à sa condamnation programmée ? Quand son nom apparaît, le «Wanted Assassin de Préfet» découvre sur sa photo à la une de la presse ce titre bafouant toute présomption de son innocence. Il tourne les talons et prend le maquis. Sa fuite est interprétée comme une preuve accablante de culpabilité. Son arrestation est une occasion de le placer à nouveau au rang des assassins par les voies politique et médiatique. Tout est verrouillé. Plus personne n'osera supposer qu'il n'est pas le meurtrier. Avant même l'enquête, plus rien n'arrêtera la machine à broyer. Au-delà de l'assassinat du préfet Erignac, dont l'implacable violence nous saisit d'effroi, une autre affaire se profile, obérée par la gravité de l'acte. La comparaison avec Dreyfus, évoqué en analogie s'agissant de Colonna, est dénoncée comme «moralement inacceptable et politiquement intenable»... Ce livre est la démonstration du contraire. Hélas.
Un jour, l'impossible vérité officielle cessera d'occulter la réalité des faits. Quand les voix exprimées puis étouffées seront entendues, quand on rebâtira l'édifice depuis la base vers le sommet et non l'inverse, quand on pourra enfin évoquer la question de son innocence comme une hypothèse vraisemblable et non poser sa culpabilité comme un postulat, alors la machination apparaîtra, dans son étonnante et dérangeante vérité : Yvan Colonna n'a pas pu tuer le préfet Erignac.