Jean-Pierre Otte nous emmène dans le Lot où il réside depuis plus de vingt ans. Il rend un hommage passionné à cette contrée marginale devenue le pays d'élection de nombreux artistes et écrivains, d'excentriques, et tout simplement d'hommes et de femmes en quête d'une manière plus exaltante d'être au monde. Du Causse, préservé de l'invasion touristique et de la spéculation immobilière, il dit la dignité austère, l'aspect surréel, sauvage et splendide. Sous sa plume, le canton méconnu de l'Arnal devient une contrée exotique fascinante, avec ses «autochtones», ses «parachutés» et ses «nomades» dont il nous raconte les passions très particulières et les amours. Pour «vivre heureux, vivons cachés», recommande le diction. En lisant ce livre, on comprend en quoi la notion de marge peut coïncider, parfois, avec celle de bonheur. Mais, surtout, ne le dites à personne. Seuls les initiés sont admis !
Jean-Pierre Otte est l'auteur d'un grand nombre d'ouvrages sur les rites amoureux des animaux, dont la célèbre Sexualité d'un plateau de fruits de mer. Passionné par des disciplines aussi diverses que la biologie ou ta philosophie, spécialiste des mythes de la Création, il est un des écrivains les plus originaux de notre époque.
Les courts extraits de livres : 03/06/2010
La nuit se retire d'une étreinte confuse et la première lueur commence à blanchir l'horizon. Une longue barge de nuages apparaît à la ligne de séparation des mondes, où les étoiles pâlissent. Les constellations que le noir de la nuit révélait comme une joaillerie, le jour les efface dans la lumière qui grandit. Le monde s'offre tel un seuil absolu. Le bleu déjà se devine.
Progressivement tout le paysage se dévoile en ébauches successives, en parties rapprochées, rapportées les unes aux autres ainsi que dans un patchwork. Les brumes blanches dans les vallées ne se dissiperont qu'aux alentours de midi mais le soleil est déjà sur les falaises.
Des reliefs émergent. Les crêtes de calcaire semblent des fontanelles mal soudées et les lieux s'éveillent sous le trille des oiseaux, les premiers cercles aériens d'un milan noir. Le Lot réapparaît ainsi par degrés, se libérant des langes et des linceuls de la nuit, comme il réapparaît à chaque aube nouvelle depuis le commencement des temps.