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.. Les chevaux n'iront pas en enfer

Couverture du livre Les chevaux n'iront pas en enfer

Auteur : Jan Krauze

Date de saisie : 23/08/2010

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Rocher, Monaco, France

Collection : Cheval, chevaux

Prix : 19.00 € / 124.63 F

ISBN : 9782268069500

GENCOD : 9782268069500

Sorti le : 25/05/2010

  • Les présentations des éditeurs : 28/08/2010

Une jeune femme et un homme d'âge mûr, sans vraiment savoir pourquoi, choisissent de lier leur sort à celui de quelques centaines de pur-sang arabes d'un grand haras polonais, ballottés, pendant toute la seconde guerre mondiale, entre l'est et l'ouest. Avec eux, ils fuient d'abord les Allemands, puis les Soviétiques, jusqu'à se retrouver au coeur d'une Allemagne en pleine débâcle, sous le grand bombardement de Dresde ou dans des wagons réquisitionnés par Himmler, le chef des SS. Pour l'un et l'autre, il s'agit d'un second exode, après celui qu'ils ont subi vingt ans plus tôt, au lendemain de la révolution russe. Comme les hommes, les chevaux sont frappés par la guerre, mais différemment. Ils la traversent avec un mélange de courage opiniâtre, de souffrance mais aussi d'indifférence souveraine. Quant aux héros du roman, ils se demandent si ce qu'ils font a un sens. Pourquoi, au milieu d'un monde qui s'écroule, privilégier l'accessoire, trouver une sorte de refuge auprès d'animaux étrangers à la folie de l'histoire ?

Si les deux héros principaux sont imaginaires, la plupart des autres personnages du livre ont réellement existé, et l'histoire de cet invraisemblable exode est strictement conforme à la réalité historique.

Ancien correspondant du quotidien Le Monde à Varsovie, Washington et Moscou, Jan Krauze est aujourd'hui éleveur de chevaux de course en Normandie.



  • La revue de presse Bruno Frappat - La Croix du 7 juillet 2010

À quoi pensent les animaux en temps de guerre ? Comment vivent-ils la folie destructrice et suicidaire des hommes ? Quel regard portent-ils sur nos actes ? C'est le cadet de nos soucis. Les chiens peuvent bien hurler, les chevaux peuvent bien s'affoler, ruer, courir en tous sens, les oiseaux peuvent bien continuer à chanter et survoler les champs de bataille : nos tristes affaires ne sont pas leurs affaires et leur ressenti un souci secondaire. Ils sont les victimes collatérales, jamais principales. L'homme en guerre ne s'intéresse qu'à lui. Qui pourrait lui en vouloir ? Les autres espèces ? Peu nous chaut. Ce n'est pas l'avis de tout le monde. Dans son «roman», Jan Krauze, passionné de chevaux (il est aujourd'hui responsable d'un élevage de pur-sang en Normandie après avoir été longtemps journaliste et correspondant du Monde à Varsovie, Moscou et Washington), met en scène une histoire authentique qui eut pour décor la Seconde Guerre mondiale. Une histoire authentique, mais incroyable, oubliée et dont il restitue les épisodes sans aucun pathos (il écrit droit, comme on se tient à l'arrêt sur une selle, au présent de narration). Sobre et passionnant récit, de bout en bout...
À chaque étape de ce périple, le chaos, l'horreur, les humains tués le long des routes, les cadavres gisant, décomposés ou brûlés, dans les ruines des villes. À chaque épisode, des chevaux terrorisés fuyant la colonne qui s'étire sur des kilomètres et que les palefreniers tentent de retrouver dans la nuit. À chaque fois, ce mystère humain de responsables, d'abord polonais puis allemands, préoccupés du sort des chevaux comme s'il s'agissait de leur propre famille. Jusqu'à Himmler qui, en 1945, quelques semaines avant la déroute finale, se soucie encore de faire rassembler les chevaux rescapés dans le nord de ce qui reste du Reich.


  • La revue de presse - Le Figaro du 23 juin 2010

Ces deux personnages de fiction, mais dont l'histoire s'inspire de faits réels, s'interrogent sur leur acharnement à défendre leurs chevaux. Dans un monde dévasté, leur action a-t-elle un sens ? Et si leur amour des équidés était une façon ultime de surmonter les horreurs de la guerre ?


  • Les courts extraits de livres : 28/08/2010

21 SEPTEMBRE 1939

Les roues de la voiture crissent sur le sable de la cour, les sabots martèlent violemment le sol. Les chevaux arrivent au grand trot jusque devant le perron de la maison, où Vania les arrête d'un violent coup de guides. Qu'est-ce qui lui prend ? Il est toujours si gentil, si doux avec les animaux, Vania, notre cocher, notre homme à tout faire, mais aujourd'hui, il a l'air très excité. Mon père, lui, est tout pâle. Il saute à terre, et avant même d'avoir monté les marches du perron, il appelle maman. «On part. Ils arrivent, on part tout de suite. Vite, vite !»
Halina est encore à moitié endormie, enfouie dans le foin de la grange où elle a passé la nuit. Elle entend vaguement des coups de canon, au loin. Elle se retourne, incapable de s'arracher à la douceur du foin. Cela fait trois semaines que la guerre a commencé, trois semaines que la Pologne est bombardée, attaquée de tous les côtés à la fois. Mais ce qu'elle revit dans son demi-sommeil, tourne et retourne dans sa tête, c'est un souvenir ancien. Elle était toute petite, en Ukraine. C'était il y a vingt ans, en 1919 : la voiture qui arrive en trombe devant la maison de Harcyzk, le cocher affolé, sa mère qui court chercher son grand frère en train déjouer dans le jardin, les trois grosses valises de cuir bouclées précipitamment, et puis Fedosia, la niania, à qui sa mère demande si elle veut rester ou venir, et qui répond, en larmes : «Je vais avec vous, j'ai peur des bolcheviques.»


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