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.. La mer à la folie

Couverture du livre La mer à la folie

Auteur : Christian Clères

Date de saisie : 25/05/2010

Genre : Récits de Voyages

Editeur : Glénat, Grenoble, France

Collection : Mer

Prix : 19.95 € / 130.86 F

ISBN : 978-2-7234-7576-1

GENCOD : 9782723475761

Sorti le : 12/05/2010

  • Les présentations des éditeurs : 02/06/2010

La mer a toujours inspiré la crainte, et les marins en savent quelque chose. Face à l'immensité de l'océan, seul dans la brume ou la tempête, l'homme se retrouve confronté à ses propres angoisses. Et la folie n'est jamais loin... Perdu quelque part sur le 49e parallèle, le narrateur erre au gré du vent, en perdition comme l'ont été tant d'autres avant lui. Entre réalité et hallucinations, lui reviennent peu à peu en mémoire des récits de marins succombant à une déraison passagère ou sans retour. Depuis Ulysse qui entend le chant des sirènes, jusqu'aux navigateurs solitaires dont le manque de sommeil altère la perception, nombreuses ont été les manifestations de délire en mer.
Peurs paniques, extases mystiques, calmes maudits, brumes soudaines, sirènes, vaisseaux fantômes, monstres marins et apparitions divines... ces phénomènes attisent notre curiosité et réveillent nos angoisses. Vérité ? Élucubrations ? Que faut-il croire ?
Les cloches d'Ys, la furie collective des naufragés de La Méduse, la démence de Donald Crowhurst lors du Golden Globe, les hallucinations d'Alain Bombard, les suicides à bord de l'Ivan Vassili sont quelques épisodes parmi la centaine de récits à frémir que nous raconte Christian Clères, traversant l'histoire de l'aventure en mer en suivant le fil rouge de la folie.

Fils de marin (son père travaillait à la Compagnie générale transatlantique), Christian Clères a été auteur pour Claude Villers sur France Inter (Marchands d'histoires, Les Routes du rêve...). Il a créé de nombreuses émissions et séries diffusées sur le réseau de Radio France, la RTBF, la Radio suisse romande ou Radio Canada. Scénariste pour la télévision et le cinéma, il a également écrit une quinzaine d'ouvrages dont France, un rêve de géant, Tempêtes en mer, Terre ! et Le Livre de la Lune aux éditions Glénat.


  • Les courts extraits de livres : 02/06/2010

PARTIR

Tout commença vraiment lorsque le vent, brusquement, cessa. Jusqu'alors, je voguais dans la plus parfaite insouciance. J'étais parti avec l'état d'esprit d'Alain Gerbault à la conquête de l'océan : seul et enthousiaste. Pour un peu, j'aurais pastiché l'énigmatique carte postale, datée du 6 juin 1923, qu'il posta avant d'entreprendre sa traversée transatlantique en solitaire : «Chers parents, 300 litres d'eau, 40 kg de boeuf salé, 30 kg de biscuits de mer, 15 kg de beurre, 24 pots de confitures, 30 kg de pommes de terre.» J'aurais repris ses mots, sans en changer une virgule : «Je suis tout heureux d'avoir trouvé ma voie et de réaliser mon rêve. Je récite à la barre mes poèmes préférés de la mer. La nuit passe très vite. Une à une les étoiles disparaissent. Une clarté grise arrive de l'Orient. Mon bateau est beau lorsque vient le jour.» Moi, que mon père, marin au long cours, m'avait affublé du gentil sobriquet de «marin d'eau douce sur un bateau en cale sèche» (quand ce n'était pas «moussaillon des bacs à sable»), je m'imaginais déjà en capitaine Némo, héros des Vingt Mille Lieues sous les mers de Jules Verne, et à qui le naturaliste Arronax demandait s'il aimait la mer. «Oui ! Je l'aime ! La mer est tout ! Elle couvre les sept dixièmes du globe terrestre. Son souffle est pur et sain. C'est l'immense désert où l'homme n'est jamais seul, car il sent frémir la vie à ses côtés. La mer n'est que le véhicule d'une surnaturelle et prodigieuse existence ; elle n'est que mouvement et amour; c'est l'infini vivant, comme l'a dit l'un de vos poètes». Et de conclure : «Ah ! Monsieur, vivez, vivez au sein des mers ! Là seulement est l'indépendance ! Là je ne reconnais pas de maître ! Là je suis libre !»


  • Le courrier des auteurs : 02/06/2010

1) Qui êtes-vous ? !

Un (chic ?) type qui adore raconter des histoires et ne s'en lasse pas. Un (sale ?) mioche qui, du temps de son adolescence n'a pas compris son père - marin au long cours - et qui, maintenant, rattrape le temps perdu en écrivant des livres maritimes et grand public.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
La folie. Celle des hommes confrontés aux océans. L'humilité aussi, face à la nature. Une humilité qu'il serait urgent de retrouver.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
«Tout commença vraiment lorsque le vent, brusquement, cessa». La première phrase. C'était dans les derniers jours de novembre 2009. Depuis plusieurs nuits, je dormais mal, à cause, justement, de l'écriture de ce livre. Parce qu'il était temps de plonger et que je connais la durée de l'apnée : deux mois, au moins, à ne penser qu'à cela, à ne vivre que pour cela. Si j'avais déterminé la forme de mon récit (un roman-documentaire, à moins que ce soit un document romancé...), je n'en avais ni le style, ni le rythme, ni le contenu chapitré. Et puis soudain, dans une espèce de «rêve éveillé», cette phrase s'imposa. Je me souviens parfaitement de l'heure - 04h10 -, aucunement de la date. Je me suis levé, je suis allé à mon bureau et je l'ai notée. Puis je suis retourné me coucher. À peine allongé, une deuxième phrase vint : «Jusqu'alors, je voguais dans la plus parfaite insouciance». Je me suis relevé, je suis allé l'écrire à la suite de la première. Puis j'ai attendu, au cas où cette espèce d'écriture automatique aurait continué. Mais non. Rien. J'ai pris une feuille et un crayon, je les ai posés sur ma table de chevet ‘au cas où' (marre de se lever...), je me suis recouché. Et là... J'ai dormi du plus profond sommeil, certainement soulagé et heureux, car je savais que les milliers de phrases qui suivraient s'imposeraient avec naturel jusqu'au point final. Ce qui fut, effectivement, le cas.

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Pendant l'écriture de ce livre j'ai beaucoup écouté les groupes de mon adolescence, justement : Siouxsie and the Banshees, Bauhaus, Lords of the New Church, Cure... des musiques un peu sombres par des artistes volontiers provocateurs ou véritablement allumés, qui correspondaient bien à l'état d'esprit qu'il me fallait approcher pour me croire, moi aussi, en pleine perdition. Mais en fait, la musique qui est la plus proche de «la mer à la folie» est, je pense, «La Walkyrie», de Richard Wagner. Lire en écoutant ses grandes chevauchées, c'est tentant...

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Un sourire complice : on a vécu cette histoire ensemble. Ce sourire est également l'expression de ma gratitude pour toutes les personnes qui, en lisant ou recommandant aux autres cet ouvrage, m'expriment leur intérêt et leur confiance.


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