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.. Emboîtements

Couverture du livre Emboîtements

Auteur : Charles Matton

Préface : Paul Virilio

Date de saisie : 27/05/2010

Genre : Art - Peinture

Editeur : Flammarion, Paris, France

Prix : 60.00 € / 393.57 F

ISBN : 9782081237285

GENCOD : 9782081237285

Sorti le : 15/05/2010

Dominique Cara (Librairie La Hune)


  • Les présentations des éditeurs : 29/07/2010

Vouant passionnément sa vie à la création, convaincu que chaque art possède sa spécificité mais aussi ses limites, Charles Matton aimait se définir comme un «fabricant d'images». S'il ne cessa jamais d'être peintre, il fut aussi dessinateur, graveur, illustrateur, sculpteur, photographe, cinéaste et écrivain. L'art fut pour lui une quête formelle, esthétique et métaphysique, un mode d'emploi de la vie, une thérapie. Car l'entreprise est désespérée : il s'agit pour Matton de décrypter la réalité afin de nous la restituer sous toutes les formes d'expression possibles - soit de traquer inlassablement les apparences qui, selon lui, loin de refléter le réel, nous le camouflent. Ses sujets sont la vie alentour, femmes, enfants, lieux et objets aimés, qu'il représente en tous mediums, sous toutes formes. Marginalisé à une époque où la réalité elle-même se virtualise, mais soutenu par des penseurs tels Jean Baudrillard, Paul Virilio et Alain Finkielkraut, Charles Matton connut néanmoins de grands succès publics lors d'expositions à Paris, New York et Pékin.
Cet ouvrage Charles Matton, Emboîtements rassemble la majeure partie des boîtes de l'artiste qu'il définit lui même comme des sculptures polychromes, reconstitutions de lieux, espaces miniatures. Véritables microcosmes artistiques, elles se déclinent ici en peinture, dessin, photographie, le tout lié par des textes inédits. Pivot central ou lien entre médiums, elles expriment la logique de l'oeuvre dans sa complexité foisonnante.
Durant une quinzaine d'années, Charles Matton a photographié ses boîtes avec un procédé stéréoscopique, afin que le relief du modèle soit restitué au spectateur d'expositions, voire au lecteur. Une visionneuse stéréoscopique pliable a été conçue pour cet ouvrage.
Préfacé par Paul Virilio, ce livre s'ouvre également sur un texte de Sylvie Matton, qui en est le directeur d'ouvrage.

Romancière et essayiste (entre autres Océane et les barbares, Srebrenica, un génocide annoncé) et scénariste (Rembrandt), Sylvie Matton fut commissaire d'expositions de Charles Matton, et son épouse durant plus de trente ans.


  • Les courts extraits de livres : 29/07/2010

L'OEUVRE SOUS SÉQUESTRE
PAR PAUL VIRILIO

L'étrange profondeur de champ de l'oeuvre de Charles Matton mériterait à elle seule une thèse de philosophie. En effet, si le modèle réduit, la maquette, sont des objets magiques qui fascinent, c'est que la question esthétique de la grandeur nature échappe toujours à celui qui veut l'illustrer et cela aussi bien en peinture qu'en sculpture, la troisième dimension et son «relief» ne changeant rien à l'affaire. De fait, toute représentation n'est jamais qu'une réduction initiale de l'ampleur objective, l'abusive appropriation d'une réalité qui ne cesse de fuir, de s'échapper dans ses proportions véritables. Chaque fois que l'artiste, l'auteur en question tente de jouer l'équivalence d'ampleur avec son sujet, il se trompe et trompe aussi ses regardeurs.

C'est là toute l'histoire du réalisme et d'une cartographie qui se superposerait avec exactitude au territoire qu'elle prétend représenter...
Avec Charles Matton, la question n'est donc pas tant celle de «la miniature» que celle de la contraction - tellurique - du monde qui l'entoure.
Aujourd'hui, ce qui en effet est inouï, c'est le temps «réel», la pollution des proportions, des délais comme des distances et la perte soudaine de cette «grandeur nature» d'autrefois, cette compression temporelle d'un CONTINUUM géophysique qui cependant nous entoure de toutes parts. D'où notre incrédulité devant l'exactitude extrême des «Boîtes» de Charles Matton, véritable mise sous séquestre d'une réalité démesurée et d'un Art cette fois «sous réaliste» ou plutôt, d'un art NANOTECHNOLOGIQUE en accord avec les recherches les plus avancées sur l'infiniment petit des particules élémentaires.

Mais pour coller aussi exactement à l'actualité restrictive du moment, il fallait à Charles une intelligence cinématique du mouvement et de ce cinématographe qui n'est pas tant le «septième art» qu'un art qui s'efforce de contenir tous les autres, grâce à la pulsion scopique d'une esthétique de la disparition où l'énergie du visible de l'image animée ne se contente plus, comme hier, de réduire l'espace des scènes qu'elle donne à voir, mais qui contracte cette fois le temps, le TEMPO de l'instantanéité de la vue.


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