Pour les quatre membres du groupe canadien okay, la vie a longtemps rimé avec sexe, drogue et rock'n'roll. Ils sont jeunes, talentueux et fous de musique. Une musique qui les comble, comme elle peut les détruire. Sur scène, le succès est au rendez-vous. Mais côté coulisses, la réalité est tout autre... partagée entre solitude, jalousie et désenchantement. Vingt ans et quelques échecs discographiques plus tard, le temps d'un ultime bilan est venu. A 42 ans, Clap, le batteur du groupe, vient d'apprendre qu'il est atteint d'un cancer. Il revient sur l'histoire de ses amis musiciens - Mono, le bassiste, Syph, le chanteur, et Crab, le percussionniste-, sur ces nuits et ces jours qui les ont vus briller et sombrer. Et sur l'existence de ces éternels grands enfants, incapables de devenir de vrais adultes.
Toby Litt est né à Bredford en 1968. En six romans, dont Un hôpital d'enfer paru aux éditions Phébus, en 2008, il est devenu le chef de file de la nouvelle littérature anglaise. Se réinventant sans cesse, au travers d'univers toujours différents, il s'est imposé comme un auteur majeur.
Les courts extraits de livres : 14/05/2010
CHIEN N° 1
«Là tout de suite, ça serait pas trop cool d'être japonais ?»
Nous sommes perdus dans un brouillard épais à Rotterdam, Europe.
«Un pont qui enjambe un fleuve près d'une église. On n'est pas déjà passés par là ?»
Celui qui analyse l'interface pont-fleuve-église, c'est moi. Nom : Clap. Le nippothéoricien qui m'accompagne s'appelle Syph.
Nous sommes canadiens. On fait partie du groupe okay, à écrire en italique et minuscules. C'est notre deuxième tournée européenne.
«Non, sérieux. Ils arrivent à être hyper stylés alors qu'ils nous pompent toutes les bonnes idées. Et nous, on rame. Tu vois, Clap, le truc, c'est qu'on a oublié comment être nous-mêmes. Mais pas eux. Le principal est de choisir ce qu'on veut être plutôt que de suivre une voie toute tracée. Ils le savent et leurs choix sont meilleurs que les nôtres.
- On peut s'asseoir une minute ? Je me sens pas super bien.
- Quand les Japonais décident de devenir punks, ce sont les plus grands keupons de l'histoire; quand ils se la jouent rockabilly, même Elvis peut aller réviser son jeu de jambes.»