Derrière les barbelés est le récit douloureux d'un juif letton par sa mère, allemand par son père engagé dans le parti nazi. Le narrateur raconte à son thérapeute son enfance et son adolescence entre la Lettonie et l'Allemagne des années 1930. Jamais la vie quotidienne dans cette Allemagne nazie n'avait été narrée de l'intérieur, à travers le regard de l'enfance, avec autant de réalisme - Hitler et ses acolytes, leur goût du stupre et de la luxure, leur haine des juifs, leur décadence morale, la montée de l'horreur. Pendant la guerre, le héros quitte l'univers du bourreau, il est envoyé en camp de concentration. Ce sont les mêmes horreurs, les mêmes souffrances, les mêmes bourreaux sous la domination russe comme sous celle des nazis.
Avec l'aide de son psychothérapeute, il analyse les ressorts de cette haine à l'égard des juifs.
Docteur ès lettres, Gwendolyn Chabrier a consacré sa thèse à William Faulkner. Elle devient professeur de littérature américaine et de littérature comparée aux universités de Rouen et de la Sorbonne. En 1988, elle publie son premier livre, William Faulkner, la saga de la famille sudiste. Depuis, elle se distingue dans l'écriture de biographies d'écrivains : Norman Mailer, un prophète américain paraît en 2008 chez Ramsay. En 2006, elle publie son premier roman, intitulé Un Destin asiatique. Avec son dernier ouvrage, Derrière les barbelés, elle inaugure un genre nouveau à mi-chemin entre le roman historique et le roman psychologique.
La revue de presse Marianne Payot - Lire, juin 2010
C'est à New York que l'auteure américaine Gwendolyn Chabrier (biographe de Norman Mailer) et George Schwab, un temps directeur du Comité juif américain, se sont rencontrés. De cette amitié, nourrie de confidences, est né ce roman psychologique, mi-témoignage mi-récit sur une facette méconnue de l'Holocauste, l'extermination de quelque 70 000 juifs lettons...
Par miracle, George Schwab, matricule 8551, échappe à la mort. Mais son grand-père (empoisonné), sa grand-mère (dirigée vers Auschwitz), son frère aîné ("trié" à Kaiserwald), son père (pendu pour collaboration avec la CIA) ne survivront pas à la terreur noire. Pourquoi pas moi ? Des années plus tard, le rescapé de Riga n'en finit pas d'être hanté par ses fantômes.
Les courts extraits de livres : 28/04/2010
NEW YORK
«Écoutez, Monsieur, maintenant je vais raccrocher.
- Monsieur Schwabe ! Monsieur Schwabe... attendez !
- Non, je me suis juré de ne plus jamais remettre les pieds en Allemagne.
- Je comprends, mais il s'agit du procès de Heinz Wisner.
- Quoi ? Wisner ? Vous l'avez attrapé ?
- Oui. Vous savez que votre témoignage ferait toute la différence.
- Oh, mon Dieu ! Wisner. Mais comment ?
- Tout-à-fait par hasard. Il a réclamé une augmentation de ses remboursements de santé et il a inclus son adresse. Nous l'avons vite repéré dans la station thermale où il se reposait avec sa femme.
- Wisner ! Le bourreau de Kaiserwald ?
- Oui, Monsieur Schwabe, je sais pour votre frère.
- Oui, mon frère, je lui dois cela, je le dois à sa mémoire. Au nom de mon frère, au nom des miens... Je viendrai.
- Merci.»