1956, baie de Minamata au Japon : une étrange malédiction s'abat sur une population de pêcheurs. Les enfants du village tombent malades victimes d'un virus inconnu. Des chats, des dauphins, des poissons décèdent dans d'étranges circonstances... 1984, Bhopal en Inde : une cuve de l'usine Union Carbide explose et décime une partie de la population, Gaz naît dans la nuit du drame. Quatorze ans plus tard, il s'installe dans l'épave du bâtiment industriel, Des destins d'adolescents bouleversés, La survie... mais à quel prix ?
Avec ces deux nouvelles, Christophe Léon alimente le débat et interroge le lecteur sur le sort que nous réservons à notre planète et à ses habitants.
Christophe Léon a étudié aux Beaux-Arts et a publié son premier roman Tu t'appelles Amandine Keddho (éditions du Rouergue) en 2002. En 2006, il se tourne vers la littérature jeunesse avec Longtemps (L'école des Loisirs). Son thème de prédilection est l'écologie et la défense de l'environnement. Il a participé au recueil Les nouvelles (re)vertes, paru chez Thierry Magnier, et a publié Silence on irradie chez le même éditeur. Il propose également un site écologique : l'écologithèque sur lequel il publie des chroniques de livres et de films (www.ecologitheque.com).
Les courts extraits de livres : 28/05/2010
Poisson-lune
Au printemps, nous capturions des lucioles. Dès la
- tombée de la nuit, nous sortions de nos maisons montées sur pilotis. Nous dévalions les passerelles faites de traverses disjointes et sautions sur la terre ferme. Nous cavalions vers le petit bois de pins qui n'était qu'à un jet de pierre.
Ma soeur n'était pas encore née, mais déjà le ventre de ma mère trahissait sa présence. Ma grand-mère, qui en connaissait un bout sur le sujet, prédisait qu'elle arriverait en novembre. J'étais l'unique garçon de la famille. Nous avions aussi un chat, mais ça ne compte pas.
Nous étions une dizaine de garnements. Chacun d'entre nous s'était fabriqué une lanterne en papier
- un lampion rudimentaire, bricolé avec les moyens du bord : une armature en branchettes que nous liions avec les tiges solides des mauvaises herbes ainsi que du papier journal désencré dans de l'eau de mer et séché au vent. Pour l'assemblage final, nous utilisions de la colle à la pâte de riz.