La mégalomanie de Ceausescu a cassé la structure de Bucarest mais n'a pas détruit son âme. Pour la retrouver, il faut déambuler le long de la rue de la Victoire, «calea Victoriei», qui figure toujours la colonne vertébrale de la ville et serpente jusqu'aux rives de la Dambovitsa. Élégantes demeures fin de siècle, sobres façades Belle Époque, édifices monumentaux aux lignes tarabiscotées, la «calea Victoriei» offre le visage qui a valu à Bucarest, avant 1945, le surnom de «Petit Paris». Bucarest se dévoile dès que l'on s'aventure à pied dans le dédale de ses quartiers. Au milieu d'ensembles architecturaux brutaux - les bloks -, se faufilent des églises coiffées de bulbes, des rues tranquilles bordées d'hôtels particuliers et de jardins secrets. À découvrir en compagnie de Eugène Ionesco, Albert Londres, Paul Morand, Dominique Fernandez, Panaït Israti, Claudio Magris, Mircea Eliade, Roger Vercel, Catherine Cusset, Mihail Sebastian, Virgil Tanase, Vincent Hervouët, Jens Christian Grøndalh, Renaud Camus, Jean-Pierre Péroncel-Hugoz et bien d'autres...
Textes choisis et présentés
par Sophie Massalovitch
Les courts extraits de livres : 13/04/2011
Extrait de l'introduction de Sophie Massalovitch
«Il suffit de quitter Magheru et de couper par les petites rues en direction du boulevard Dacia, pour découvrir un Bucarest plus vrai, plus intime, qui se souvient de ses origines marécageuses et forestières : partout des arbres, des jardins, des maisons isolées entourées de verdure, au milieu d'un fouillis de ruelles, de passages, de cours. Beaucoup de bâtisses 1900, de fort belle allure encore, avec juste ce qu'il faut de vétusté et d'abandon pour transformer le kitsch en poésie.»
DOMINIQUE FERNANDEZ
Rhapsodie roumaine
Au premier abord, Bucarest apparaît comme une ville éclatée. La mégalomanie de Ceausescu, bousculant son âme, a cassé sa structure. Le visiteur pressé traverse des avenues sans joie, gorgées d'automobiles. Il est dérouté.
Pour apprivoiser Bucarest, il faut déambuler le long de la rue de la Victoire, calea Victoriei. Elle figure toujours la colonne vertébrale de la ville. Prenant son élan au-delà d'une réplique miniature de l'arc de Triomphe de l'Étoile, elle serpente ensuite jusqu'aux rives de la Dambovitsa. Ses trois kilomètres de longueur soulèvent le voile gris du communisme. Soudain, il fait très beau sur la cité. La bordent tantôt d'élégantes demeures fin de siècle, tantôt de sobres façades Belle-Époque. Parfois, à l'intersection d'une rue, se dresse un édifice monumental aux lignes tarabiscotées. La calea Victoriei offre un résumé méticuleux du visage qui a valu à Bucarest, avant 1945, le surnom de «Petit Paris», Micul Paris.