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.. Le beau visage de l'ennemi

Couverture du livre Le beau visage de l'ennemi

Auteur : Catherine Lépront

Date de saisie : 01/06/2010

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Seuil, Paris, France

Collection : Cadre rouge

Prix : 17.00 € / 111.51 F

ISBN : 978-2-02-101962-9

GENCOD : 9782021019629

Sorti le : 04/03/2010

  • Les présentations des éditeurs : 22/01/2011

Alexandre T., scénographe septuagénaire, reçoit la visite d'une jeune femme algérienne, Ouhria, médecin qui travaille à l'hôpital Saint-Joseph et attend un enfant. Elle vient lui demander des comptes sur la mort de son grand-père Driss, qu'il a connu : en témoigne une photo des deux jeunes gens, quand ils avaient 25 ans, en pleine guerre. Alexandre a en effet été appelé mais il a refusé de se battre et a sympathisé avec un étudiant en droit, sur le point de se marier. Cette amitié n'a été comprise de personne et la mort soudaine de Driss, abattu, en Grande Kabylie, a été attribuée à une trahison d'Alexandre.
Catherine Lépront écrit un pendant à Esther Mésopotamie, qui était un magnifique livre sur l'amour inavoué. Ici, c'est un roman sur l'amitié entre «ennemis». Sur le fond atroce de la guerre d'Algérie (mais dans les dernières années, durant une période presque pacifiée en Grande Kabylie, déjà «nettoyée» de ses rebelles), elle dessine deux très beaux portraits d'hommes nobles et pacifiques. Elle réfléchit, bien sûr, sur l'ignominie des périodes coloniales, sur le rapport de l'Histoire et des destins individuels, sur la mémoire.

Catherine Lépront est l'auteur d'une quinzaine de romans parus d'abord chez Gallimard, puis depuis douze ans au Seuil. Citons : Namokel, Le Café Zimmermann, Des gens du monde, Esther Mésopotamie, Disparition d'un chien. Elle est aussi l'auteur de plusieurs essais sur la peinture et la musique, et de pièces de théâtre.



  • La revue de presse Jean-Luc Douin - Le Monde du 28 mai 2010

Catherine Lépront démasque les non-dits et dénonce les fictions de l'Histoire d'une manière (mieux vaudrait dire : d'un style, tant son approche est élégante) qui noue les tragédies intimes et les horreurs collectives par la grâce d'une alchimie littéraire rare. Que les jurés des prix littéraires y restent sourds et aveugles est l'un des mystères de l'époque, à moins que ce déni ne trahisse de leur part l'aveu qu'ils sont incompétents, ou cyniques au point de refouler une plume irréductible à leur système. Catherine Lépront avait déjà évoqué les plaies laissées par la guerre d'Algérie dans Namokel, roman polyphonique sur le deuil, les guerres "dégueulasses". Le Beau Visage de l'ennemi nous emmène de nouveau en Kabylie, à l'heure des règlements de comptes de l'ère coloniale et des leurres cultivés par ces épisodes douloureux.


  • La revue de presse Baptiste Liger - Lire, mai 2010

Si elle évoque frontalement la guerre d'Algérie, Catherine Lépront se place à hauteur d'individus, préférant batailler sur d'autres terrains - ceux de la mémoire, de la construction de soi, du deuil, de la trahison. Et, surtout, de l'amitié. Dans une écriture discrète et originale (utilisation récurrente des parenthèses), l'auteure entrelace avec intelligence les époques et démontre qu'une vérité humaine n'est jamais totalement saisissable. A l'image de la dernière phrase, hautement symbolique, de ce roman touchant : "On ne peut pas tout dire."


  • La revue de presse Alain Nicolas - L'Humanité du 15 avril 2010

Le beau roman de Catherine Lépront, qu'on lit d'un trait, allie la tension de l'énigme de cette trahison à la gravité de la réflexion sur la loyauté et l'appartenance, l'histoire et le temps, la haine et l'amitié. Ses phrases, longues, tournent sur elles-mêmes pour ne rien laisser en arrière, et s'accompagnent parfois de paragraphes entre parenthèses. La simplicité n'y perd rien, et le lecteur avance dans ces pages en toute clarté, porté par une émotion discrète née de la passion maîtrisée d'une auteure en pleine possession de ses moyens.


  • La revue de presse Nathalie Crom - Télérama du 10 mars 2010

Plongée fascinante dans les méandres d'une amitié, figée par la guerre...
Il faudrait, pour évoquer avec justesse ce roman remarquable, savoir dire de quelle façon Catherine Lépront parvient dans chaque page, chaque paragraphe, dans chaque phrase même, à entremêler le passé et le présent, l'Histoire collective et l'intimité la plus ténue, la vie quotidienne du village algérien des années 1960 et celle d'Alexandre T., septuagénaire parisien, peintre et scénographe. Dire la façon dont l'écrivain enchâsse, dans la narration, la méditation intelligente et profonde qui est le coeur battant de ce livre - réflexion multiple sur l'amitié, l'amour, la haine, la transmission, l'image, le visage...


  • Les courts extraits de livres : 16/03/2010

L'affaire est simple mais la relation en est confuse. Une femme a sonné vers les quatre heures, a demandé à voir Alexandre T., a précisé qu'il attendait sa visite, Yveline a répondu qu'il n'était pas là, n'a pas voulu ouvrir pour qu'elle mette un mot dans la boîte aux lettres, ni lui donner le numéro de téléphone lorsque la visiteuse le lui a demandé. Elle aurait pu s'en tenir à cela et en rester là, mais elle encombre son récit de divers considérations et arguments, dit par exemple qu'elle n'est pas née de la dernière pluie et qu'à elle on ne la fait pas, que le timbre-poste a été inventé justement pour ça, pour que les mots aillent dans les boîtes même quand les portes ne sont pas ouvertes, que par les temps qui courent on ne peut pas ouvrir à n'importe qui, que si monsieur paye pour être sur la liste rouge elle ne va pas lui faire jeter l'argent par les fenêtres et donner son numéro aux passants.


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