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Auteur : Etienne Balibar
Date de saisie : 06/03/2010
Genre : Sciences humaines et sociales
Editeur : Galilée, Paris, France
Collection : La philosophie en effet
Prix : 35.00 € / 229.58 F
ISBN : 978-2-7186-0694-1
GENCOD : 9782718606941
Sorti le : 11/02/2010
Les origines de ce livre remontent à un exposé, " Violence et politique ", présenté en 1992 à la décade de Cerisy autour de Jacques Derrida, " Le passage des frontières ".
Il s'articule en deux ensembles : l'adaptation française, fidèle à l'original, des Wellek Library lectures de 1996 à Irvine, " Extreme Violence and the Problem of Civility ", et une série de textes plus récents (rédigés entre 2001 et 2006) qui tentent d'articuler les catégories de la guerre, de la souveraineté, de la révolution et de la lutte des classes. La conclusion est un essai de 2003 " sur les limites de l'anthropologie politique " et la pensée moderne de la tragédie.
Le livre propose une réflexion sur l'autre scène de la politique où son rapport constitutif à la violence n'est plus normalisé par le droit, les institutions, l'idéologie qui opèrent la " conversion " de l'extrême violence. Il cherche à dessiner une topographie de la cruauté, où viennent se superposer sans se confondre ses formes ultra-subjectives (délires d'identité, extermination, vengeance de la loi) et ultra-objectives (surexploitation capitaliste, production et élimination de la vie comme déchet).
Il engage une comparaison des stratégies de civilité qui se partagent la possibilité de formuler un concept de la politique comme anti-violence, telles que les ont esquissées différents courants de la philosophie contemporaine. La critique des positions de Marx et des marxistes occupe ici une position centrale. Mais il faut la replacer dans une généalogie plus longue et plus conflictuelle, remontant à Hegel et Clausewitz et se confrontant à la conception schmittienne de la souveraineté telle que l'auteur du Nomos de la terre l'a recherchée dans son interprétation de Hobbes.
Le recueil - conçu comme une contribution à la théorie des conditions réelles de la transformation et de l'émancipation - débouche sur la " rencontre manquée " de Lénine et Gandhi et sur le problème d'une civilisation de la révolution : unité de contraires dont le défaut équivaut pour la politique à la barbarie, dont parlait déjà Rosa Luxemburg en 1914.
De la violence, Vladimir Jankélévitch disait qu'elle est la «force du faible». La force, en effet, est tranquille. Elle sait certes que sa faiblesse tient à ce qu'elle peut toujours trouver plus fort qu'elle, mais, si ce n'est le cas, elle s'exerce froidement, son seul souci étant de trouver le point d'appui le plus producteur et la cible la plus décisive...
La plus grande catastrophe serait que la violence fasse sauter en éclats la politique et que la politique se réduise à la violence, alors qu'elle est censée en être la «négation» ou la «relève», et qu'elle s'institue pour limiter son «enchaînement infini», tel qu'il apparaît dans la vengeance, et pour la cantonner «dans une sphère de l'a-socialité et de l'illégalité». Il faut donc dessiner une topique où «différentes modalités de la violence et différentes stratégies de la civilité» puissent se rencontrer «sans se confondre». Mais la tâche est difficile...
Impossible ici ne serait-ce que d'esquisser les voies que le philosophe doit explorer, à partir, chez Hobbes et Hegel, de la question de la «conversion» de la violence en institutions, en droit ou en pouvoir, jusqu'à la «rencontre manquée» entre Lénine et Gandhi, en passant par la confrontation non seulement avec ses auteurs de prédilection, Marx et Spinoza, mais aussi avec Carl Schmitt, Hannah Arendt, Simone Weil, Deleuze, Badiou, Foucault, Carl von Clausewitz ou Zygmunt Bauman.
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