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.. Quand hurlent les loups

Couverture du livre Quand hurlent les loups

Auteur : Aquilino Ribeiro

Traducteur : Manuel Cardoso-Canelas | Jacques Cendrier

Date de saisie : 10/03/2010

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Albin Michel, Paris, France

Prix : 20.00 € / 131.19 F

ISBN : 9782226190635

GENCOD : 9782226190635

Sorti le : 03/02/2010

  • Les présentations des éditeurs : 12/03/2010

Tout à la fois roman de moeurs, satire socio-politique et récit d'aventures, ce livre picaresque raconte l'histoire d'une révolte paysanne contre la politique de reboisement des terres communales instaurée par la dictature de Salazar au pouvoir dans les années 30. Autour de Manuel Louvadeus, ancien chercheur de diamants au Brésil, magnifique personnage d'insoumis, les rebelles vont s'unir, «hurlant comme des loups affamés», pour garder les maigres terres que l'État veut leur confisquer. La répression sera sans pitié.
Considéré au Portugal comme une des grandes figures littéraires de la première moitié du XXe siècle, Aquilino Ribeiro (1885-1963) est encore peu connu en France. Originaire de la Beira Alta où se situent nombre de ses romans, il prendra toute sa vie durant la défense des opprimés et des libertés individuelles. Il sera traîné en justice par le gouvernement après la parution en 1958 de Quand hurlent les loups, sa dernière oeuvre, violente critique de l'oppression politique et du fanatisme idéologique, véritable chant d'amour à son pays natal et à tous les déshérités.


  • Les courts extraits de livres : 12/03/2010

Manuel Louvadeus d'un bond fut en haut des marches. Là, sur le palier, il trouva la porte fermée et se retint, alors qu'il s'apprêtait à frapper, comme quelqu'un qui reprend haleine. Sapristi, il trouvait tout dans le même état ! Les dix années d'absence s'effacèrent comme un souffle devant l'obsédante éternité qui s'offrait à son regard. Rien n'avait changé, le vieux heurtoir, usé à force d'être manié, la plaque de la serrure un peu de guingois, le montant de porte au bois fibreux et luisant, n'appelait-on pas le bois de châtaignier «les os du Portugal» ? Alentour, le hangar avec son toit aux tuiles simplement posées et ses supports efflanqués, la pierre noire du mur que la mousse broutait en dartres tremblotantes, et encore le silence, ah ! ce silence de la demeure paysanne aux heures tardives, humble, méfiant et attentif comme un chien de berger dans son nid de paille, et dans le lointain les chênes de la vallée et les toits voisins, tout se recouvrait de l'ancienne paix vespérale du ciel et de la terre, grise et insaisissable comme la verrière d'une gare. Que c'était loin ! Que d'années avaient fui dans la marche du temps ! Et là, les choses restaient parfaitement égales, statiques, obstinées dans leur aspect enchanteur ! Peut-être vieillies... Oui, vieillies, mordues plus profondément par les dents de la mort et se précipitant dans l'abîme comme les tuiles de la bordure du toit. Et voulaient-elles, par hasard, mieux résister aux vicissitudes que la carcasse d'un homme, alors que lui en voyait de toutes les couleurs par ces tristes terres du bon Dieu ! Ce sentiment, en exsudant son amertume, finit par le consoler et par absoudre la pauvre demeure de son inaltérable physionomie.


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