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Auteur : René Belletto
Date de saisie : 22/04/2010
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : POL, Paris, France
Collection : Fiction
Prix : 19.00 € / 124.63 F
ISBN : 9782818000076
GENCOD : 9782818000076
Sorti le : 03/03/2010
Une intrigue multiple (et pourtant une) consumée par un suspense de chaque phrase (de chaque mot) offre au lecteur en pâture et à foison de l'action («J'entendis alors une détonation sèche, pas très forte, et une petite parcelle de carrosserie vola en éclats tout près de ma tête : quelqu'un venait de me tirer dessus avec une arme à feu, j'en eus la certitude immédiate»), du mystère («Personne ne l'a approchée. Elle a disparu, elle était là et l'instant d'après elle n'était plus là. Croyez-moi, je vous dis ce que j'ai vu, elle n'était plus là»), du sexe («À cette fantasmagorie d'Irène se laisse aisément rattacher l'envie qu'elle eut alors que j'inondasse ses jolis seins de ma vénérienne expatriation»), du dépaysement («Il survolait les paysages roses et rouges de Nomen, la planète-geôlière, proie d'une tourmente immobile qui tenait la végétation courbée et figeait la mer écarlate et ses courants noirs, et où régnait un jour perpétuel»), diverses considérations sur le sens de la vie («On ne sait jamais ce que le passé nous réserve»), l'amitié complice du narrateur («La place de livraisons était libre, tentante, je m'y mis (oui, je m'y mis, je verrai plus tard si je conserve ce " m'y mis ", là maintenant je suis trop agité par ce que je vais raconter pour m'arrêter et réfléchir»), du sexe encore (Le lit à une place, ch. 19), en un mot on peut faire confiance à Luis Archer (le narrateur) lorsqu'il affirme cinq lignes avant la fin de son incroyable aventure : «Je pense avoir tout dit».
René Belletto est né à Lyon en 1945. Après des études de lettres, il publie son premier livre, un recueil de nouvelles, Le Temps mort (prix Jean Ray 1974 de littérature fantastique). Il devient un auteur à succès quelques années plus tard avec des romans comme Le Revenant (prix de l'été VSD-RMC1981), Sur la terre comme au ciel (Grand prix de littérature policière 1983, adapté au cinéma sous le titre Péril en la demeure), L'Enfer (Prix Femina, prix du Livre Inter et Gutenberg du meilleur suspense 1986), ou La machine, un thriller également porté à l'écran. Parallèlement à ses romans, René Belletto, développe une oeuvre plus discrète et plus secrète, aphorismes, poèmes, un essai sur Charles Dickens, etc. Coda (2005) est son dernier roman publié.
Dans le rôle de l'araignée patiente et discrète, qui tisse son oeuvre avec une inquiétante virtuosité, Belletto excelle. Il glisse d'une génération à l'autre et démultiplie son récit comme à travers un kaléidoscope pour mieux transformer sa saga familiale en thriller hitchcockien, son thriller en romance, sa romance en tragédie...
Il est impossible de résumer «Hors la loi», où la machine infernale huilée par Belletto tourne à plein régime de la première à la dernière ligne. Mais résume-t-on une fugue de Bach ? Tout tient ici en apesanteur, dans le savant désordre d'une composition qui multiplie les contrepoints, les modulations, les effets de symétrie, pour finalement donner corps à cette saisissante leçon de métaphysique : «La vie est un thème varié dont nous ne connaîtrons jamais que les variations.»
Il est évident que les habitants du IXe arrondissement de Paris éprouveront un plaisir particulier à la lecture de Hors la loi, le nouveau Belletto. Et plus spécialement, bien sûr, ceux qui logent rue des Martyrs ou aux immédiats alentours, entre Notre-Dame-de-Lorette et l'avenue Trudaine, entre le magasin Shopi, en bas, et celui des surgelés Picard, en haut, un parcours qui importe au personnage principal, Luis Archer, et que connait bien, pour y vivre, l'auteur du roman. Il a déjà utilisé ce décor, notamment dans Créature...
Nous sommes, ravis, hors la loi du roman traditionnel.
Retrouvailles inespérées avec René Belletto à travers un roman ample, labyrinthique, musical, hitchcockien...
Voilà cinq ans que nous étions sans nouvelles de lui. Comme dans son dernier livre au titre terminal, Coda, on le craignait avalé par ses propres mots, définitivement attrapé par l'une de ces chausse-trapes dont il a le secret. Et voici qu'il resurgit, dans la splendeur de ses contradictions : inchangé, transformé, solide, fragile, passéiste, futuriste. Au-delà de toutes les espérances que ses admirateurs ont fondées sur lui, en ces temps de longue absence, le nouveau Belletto méduse et déconcerte à chaque mesure. Si le vocabulaire musical s'impose pour le définir, c'est qu'une fois de plus, l'écrivain mélomane a frappé, signant la tablature impeccable d'une de ces «varcaroles» labyrinthiques et envoûtantes qu'il a toujours su composer.
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