Quand Mark Sundeen reçoit un appel d'un éditeur qui lui commande un livre sur la tauromachie en Espagne, il n'hésite pas une seconde. Il n'a jamais assisté à une corrida, ne parle pas espagnol et se considère comme un piètre reporter ? Qu'à cela ne tienne, il accepte. Car il sent qu'il tient là le sujet du futur best-seller absolu.Après avoir dépensé la majeure partie de son avance, ne pouvant plus se permettre un voyage en Europe où l'attend son éditeur hystérique, Sundeen décide d'aller enquêter sur la corrida au Mexique. Mais l'art de la tauromachie mexicaine reste décevant, son éditeur le harcèle et il sent que son chef- d'oe u vre lui échappe.
Pour compenser un probable fiasco, il invente un alter ego,Travis LaFrance, un écrivain aventurier dans la tradition de son idole, Ernest Hemingway. Et nous raconte la genèse de ce chef-d'oeuvre qu'aurait pu être "Toro".
Le Making Of de "Toro" est un livre hilarant dans la veine d'un Las Vegas Parano ou de La Conjuration des imbéciles. Mijournal de voyage, mi-parodie des moeurs littéraires américaines, ce roman est aussi un récit engagé sur les risques que l'on court à se prendre pour un artiste.
Mark Sundeen est né en 1970, en Californie. Il a publié deux romans salués par Hubert Selby Jr., George Saunders ou encore Hunter S. Thompson. Le Making Of de "Toro" est son second livre et le premier à être traduit en français. Tout comme Travis LaFrance, il vit dans le Montana.
Le courrier des auteurs : 10/06/2010
1) Qui êtes-vous ? !
Je m'appelle Laura Derajinski et je suis traductrice littéraire. Je viens de terminer la traduction de Le Making-of de «Toro», de Mark Sundeen, un roman plein d'autodérision, d'éclats de rire et de sagesse.
2) Quel est le thème central de ce livre ?
C'est un livre à mi-chemin entre le journal de voyage et la critique de l'autofiction, des valeurs littéraires américaines. Avec beaucoup d'humour, l'auteur met à mal cette tendance répandue à «l'écriture sur soi» et au nombrilisme de certains écrivains.
3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
«Peu importe ce que l'on dit sur les privilèges : la liberté à laquelle certains de nous aspirent ne se trouve pas en haut de l'échelle, mais en bas.»
4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Le premier air qui me vient, c'est la Cucaracha. Je pense aussi à l'album I Should Coco de Supergrass. Le mélange est étrange, mais il reflète l'ambiance du roman où l'on surfe entre clichés tournés en ridicule, écriture rapide et intense, et réflexions hilarantes.
5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Un grand éclat de rire, car le rire est le coeur et la colonne vertébrale de cet ouvrage.