«Les chemins sur lesquels se sont engagés les nouveaux mouvements paysans ne sont pas faciles tant les forces qui occupent le terrain depuis cent cinquante ans sont structurées et sûres d'elles. Dans tous les pays du monde, les organisations qui contrôlent l'agriculture et l'alimentation ont parasité les territoires, les ressources, les idées, et toujours avec le soutien des Etats. Elles se sont même coalisées à l'échelle mondiale par multinationales interposées, avec la complicité des organisations internationales. Les propositions que font les paysans vont bien audelà d'une simple remise en cause du modèle agricole. Il s'agit d'une interrogation globale sur les sociétés dans lesquelles nous vivons. Décidément, leur riposte nous concerne tous.» SILVIA PÉREZ-VITORIA
Economiste, sociologue, Silvia Pérez-Vitoria a réalisé des films documentaires sur les questions agricoles et paysannes aux Etats-Unis, en Espagne, en France, au Mexique, en Roumanie, en Erythrée, au Nicaragua... Chez Actes Sud, elle a déjà publié Les paysans sont de retour (2005). En Italie, cet ouvrage a reçu le prix Farmers'friend 2008 et le prix Nonino 2009. Il est également traduit en allemand et en espagnol.
La revue de presse Philippe Arnaud - Le Monde du 26 février 2010
Les paysans, affirme l'auteur, économiste et sociologue, ne sont pas un frein au développement. Au contraire ! Ils sont "une force motrice de transformation sociale". La planète a besoin d'eux...
Les paysans ont-ils le pouvoir de "riposter" - comme l'annonce le titre de l'ouvrage - aux géants de l'agroalimentaire et de la distribution ? Peut-on enrayer le processus de destruction des terres arables, qui a lieu un peu partout ? L'auteur cite en exemple ces paysans qui ne sont pas touchés par la crise parce qu'ils ne dépendent pas de crédits bancaires. Elle défend une agriculture paysanne "nourricière". Mais elle le reconnaît : "les portes de sortie" de l'agriculture industrielle seront difficiles à trouver.
Les courts extraits de livres : 12/03/2010
Extrait de l'introduction
La Riposte des paysans se situe dans le prolongement de mon livre Les paysans sont de retour, publié chez Actes Sud en 2005, dans lequel j'avançais l'idée que, loin d'avoir disparu, les paysans étaient toujours là et que ce "retour" constituait une chance pour nos sociétés. Depuis, l'agriculture est revenue sans cesse sur le devant de la scène : crises à répétition, émeutes de la faim, menaces écologiques, scandales alimentaires, débats autour des agro carburants, accaparement des terres. La montée du prix des produits alimentaires en 2007-2008 a provoqué des émeutes de la faim dans de nombreuses villes des pays du Sud. En réponse, il y eut un branle-bas de combat dans les instances nationales et internationales. Réunions d'urgence et rapports se sont succédé. La Banque mondiale, la FAO, les G8 et G20, tous ont affirmé ou réaffirmé l'importance de l'agriculture et la nécessité d'aider les paysans du Sud à produire davantage. Parallèlement, les mouvements paysans se sont renforcés un peu partout dans le monde. Les luttes se sont multipliées et la répression s'est accrue. Les enjeux agricoles apparaissent de plus en plus comme stratégiques pour l'avenir de l'humanité. L'agriculture, que l'on présentait comme une activité marginale, vient se rappeler à nos sociétés. La question paysanne est bien de notre temps.