6 ans de travail, plus de 400 pages, pour mettre au jour un massacre perpétré par l'armée israélienne sur la population de Gaza, en 1956, et que l'Histoire a tout fait pour oublier. Hautement considéré par ses pairs auteurs, les médias et ses lecteurs du monde entier, Sacco poursuit son engagement sincère, courageux, âpre, rigoureux et nécessaire.
La revue de presse Pascal Ory - Télérama du 10 février 2010
Au fond, le plus remarquable, dans son entreprise, est moins ce qu'il nous apprend sur cette atrocité que la manière dont il procède pour faire remonter à la surface les souvenirs des survivants, la critique à la fois rigoureuse et presque absurde du témoignage humain à laquelle il se livre...
Le tout est dessiné avec une méticulosité dure, à la limite de la caricature : mais la réalité est une caricature, dessinée par deux dieux très pervers.
La revue de presse Lucie Servin - L'Humanité du 28 janvier 2010
Après avoir dessiné la guerre en ex-Yougoslavie, il revient quinze ans après sur Gaza en interrogeant l'histoire, en décryptant cet événement singulier et terrible au coeur de la crise du canal de Suez, en confrontant les éléments par la vérification systématique des sources, avec cette manière d'interroger l'esprit critique du lecteur et d'opposer la distance de la réalité actuelle...
Le récit acquiert une modestie, une humilité et questionne la vérité. Scientifiquement, il collecte les témoignages, met en doute, nous invite dans l'intimité de ses entretiens et les coulisses de l'impuissance médiatique. Le genre s'impose ici comme une évidence, tant le jeu des digressions, des changements de décor, la multiplication de personnages sont efficaces, condensés et équilibrés entre texte et dessin. En noir et blanc, Sacco écrit comme il dessine. Avec une écriture graphique riche et sensible. Le crayon vibre dans l'expression des visages, la minutie des mises en scène. La BD s'arrête sur l'actualité, le temps d'une case, pour contempler le passé avec l'exigence critique d'un auteur qui ne triche pas et qui donne à comprendre les graines du chagrin et de la colère.
La revue de presse Jean-Claude Loiseau - Télérama du 27 janvier 2009
On connaissait l'acuité quasi photographique du dessinateur quand il met en images ce qu'il a vu et vécu. Il révèle en plus, cette fois, un sens dramatique exceptionnel pour reconstituer, par la seule imagination, cette lointaine journée tragique arrachée aux souvenirs de ses interlocuteurs. Dans ce saisissant télescopage entre le passé et le présent, Joe Sacco repousse les limites d'un genre qu'il a pratiquement inventé, et met en scène avec une rare puissance évocatrice un demi-siècle de souffrances des Gazaouis, «coincés dans les méandres d'un destin cruel».