Correspondant du journal Libération de 2002 à 2005 à Jérusalem, Jean-Luc Allouche retrace ses «choses vues», entendues, senties, au milieu des belligérants israéliens et palestiniens. Généraux et guérilleros, épiciers et paysans, intellos et travelos, colons et candidats kamikazes, mais aussi journalistes fanfarons et diplomates arrogants se retrouvent sous sa plume. Ce livre sait mêler la vie quotidienne à la «grande politique», avec ses héros et ses salauds, ses bravaches et ses humbles, ses moments d'humanité simple et sa cruauté inouïe. Pratiquant l'hébreu et l'arabe, l'auteur a parcouru Israël, la Cisjordanie et Gaza pendant les années de la seconde intifada. Jamais dupe de vérités trop tranchées, il cultive l'humour et la distance face aux deux camps. Et affiche une certitude : la paix n'est pas pour demain.
Jean-Luc Allouche est journaliste (rédacteur en chef à Libération jusqu'en 2007) et traducteur de l'hébreu et de l'anglais. Ancien éditeur (Lieu commun, Balland), il enseigne le journalisme à Paris-III.
Le courrier des auteurs : 16/06/2010
1) Qui êtes-vous ? !
Journaliste et traducteur (de l'hébreu et de l'anglais), ancien éditeur (Lieu commun, Balland), j'enseigne le journalisme à Paris-III. Ancien rédacteur en chef à Libération, correspondant de ce journal à Jérusalem, de 2002 à 2005.
2) Quel est le thème central de votre livre ?
Mes "choses vues", les petites et les grandes, pendant l'Intifada. Les mille faits vécus derrière la grande Histoire, entre deux adversaires, Israéliens et Palestiniens, irréductibles et, en même temps, si proches.
3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de votre livre, laquelle choisiriez-vous ?
"Depuis de nombreuses années, je crois connaître quelque chose de cette lutte inexpiable en Israéliens et Palestiniens. Je ne suis pas sûr de tout comprendre. Ou alors ai-je la vanité de comprendre mieux que d'autres. Je suis donc venu en tout orgueil faire une cure de modestie... Vivre la vie quotidienne de cette terre maudite de Dieu. M'abreuver d'informations, de bruit, de sang, de longues périodes chaotiques et d'étranges rémissions."
4) Si votre livre était une musique, quelle serait-elle ?
Sans doute de la musique arabo-andalouse. Jouée par un orchestre juif, comme dans mon enfance à Constantine, en Algérie.
5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Le sentiment de la complexité des choses, des situations, de l'Histoire. Comme dit Albert Camus : "Antigone a raison, mais Créon n'a pas tort..."