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.. J'aimerais revoir Callaghan

Couverture du livre J'aimerais revoir Callaghan

Auteur : Dominique Fabre

Date de saisie : 23/04/2010

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Fayard, Paris, France

Collection : Littérature française

Prix : 17.90 € / 117.42 F

ISBN : 978-2-213-65167-5

GENCOD : 9782213651675

Sorti le : 06/01/2010

  • Les présentations des éditeurs : 04/03/2010

Jimmy Callaghan, c'était mon pote anglais à l'internat. Il fumait des Benson, mettait les bouts en passant par un trou dans le grillage et allait parfois rendre visite à son père alcoolique dans la banlieue de Londres.
Je l'ai revu vingt ans plus tard. Il avait une grosse valise. De retour d'Australie, il était bronzé et SDF. Trop fort ! On est redevenus un peu amis. Puis il est parti en me laissant sa valise.
C'est moi qui la lui ai rapportée. Dix ans étaient passés. Calla était gérant d'un pub et avait une sale vieille tronche d'Anglais. C'était triste. Quoique. Il y a aussi des femmes, des enfants, des amours, des voyages, des fugues, des bitures et des galères immobilières. Une vie. J'ai même appris comment ne pas se faire voler à l'étranger !
On a tous en nous quelque chose de Callaghan.

Dominique Fabre est écrivain. Ses romans et recueils de nouvelles ont tons été salués par la presse, en France comme à l'étranger.



  • La revue de presse Christine Rousseau - Le Monde du 22 avril 2010

Qu'a-t-il connu de ce camarade d'internat, cet ami "courant d'air", "porteur d'ailleurs" ? Peu de chose : une vie de famille brisée, des parents divorcés, un père rongé par l'alcool parti trop tôt. Pourtant il est demeuré là, fiché dans sa mémoire. Mystère d'une absence, d'une présence en soi qui, un soir, se matérialise sous ses yeux. "Il était là", avec sa mèche blonde et ses yeux bleus. Au début, il n'a aperçu qu'un homme assis sur un banc près d'une valise fatiguée et boursouflée, de celles qui contiennent une vie. Vingt ans ont passé. Pour Callaghan, vingt ans à voyager, à tenter de faire fortune en Australie. Vingt ans à stagner dans une existence aux contours flous pour le narrateur, qui voit dans cette réapparition un signe, une chance. Car alors que "Calla" revient subrepticement dans sa vie, Hélène, sa compagne, choisit d'en sortir. A la croisée de ces chemins, de ces vies chiffonnées, disjointes, c'est là que Dominique Fabre noue à mots simples, presque chuchotés, ces retrouvailles qui disent l'amitié et l'étrangeté d'un lien qui perdure par-delà le temps. Là aussi qu'il montre une fois encore son art de saisir avec une grande sensibilité les "presque rien d'une vie".


  • La revue de presse Pascal Jourdana - L'Humanité du 18 mars 2010

Le monologue intérieur, marque d'écriture de Dominique Fabre, prend un ton de confession, créant une petite musique bien particulière, avec son humour et ses ritournelles («Si ça veut dire quelque chose pour toi», répétait Callaghan s'amusant à traduire mot à mot les expressions anglaises). C'est surtout le roman d'un rêveur, qu'on dirait la tête dans la lune, et qui en réalité est un extraordinaire guetteur du quotidien, attaché à tous ces types cabossés par la vie, trop seuls. Lui s'est mis à raconter des histoires pour dire «ces choses [si] dures à expliquer».


  • La revue de presse Christine Ferniot - Télérama du 24 février 2010

J'aimerais revoir Callaghan ressemble à une chanson triste qui vous trotte dans la tête au point de la fredonner longtemps. Un poème modeste en suspension. L'écriture est précise, détaillant les gestes et les décors, et pourtant chacun peut ici se retrouver, le temps d'une phrase, d'une attitude, d'un souvenir ou d'une cer­taine négligence. Ainsi, Dominique Fabre redonne à son lecteur l'occasion de revenir en arrière, à l'heure de l'extinction des feux et des chuchotements de dortoir.


  • La revue de presse Claire Devarrieux - Libération du 4 février 2010

Dans J'aimerais revoir Callaghan, le bar s'appelle le Chiquito, les internes ne sont pas censés y aller. C'est leur quartier général. De l'autre côté du grillage, on peut rejoindre le «bahut» des filles en traversant le bois de Saint-Cucufa. Lui, il est boursier. Plus tard, il sera professeur d'anglais, sa femme le mettra dehors, il habitera Asnières. Les autres s'appellent Didier Bizerte, Mathieu Ménager, Greg Langinieux. Il reverra certains. Il veut surtout revoir Callaghan. Ils l'appelaient Calla, plus rarement, Jimmy. Il passait son temps à disparaître et à revenir, «il avait son sourire habituel»...
«Je ne sais pas pourquoi la vie de Callaghan à 16 ans me revient si clairement aujourd'hui, plus que la mienne probablement ?» Ce n'est pas, ou pas seulement, la nostalgie de la jeunesse. Encore moins une fascination. On dirait plutôt une tristesse native que la figure de Callaghan, dût-elle s'abîmer, console. Et c'est réciproque. Les romanciers qui racontent leur vie sont rarement aussi généreux


  • La revue de presse Baptiste Touverey - Le Nouvel Observateur du 8 janvier 2010

Fabre rend palpable le vieillissement. Mais sans pathos - sa prose, bouleversante, est un modèle de dépouillement. Pas de lourde insistance non plus - jamais, par exemple, malgré les échecs et les désillusions de ses personnages, il ne parle explicitement de «vies ratées». Il suggère qu'elles le sont toutes un peu d'une manière ou d'une autre. Et que c'est bien pour ça qu'au fond elles ne le seront jamais tout à fait.


  • Les courts extraits de livres : 10/03/2010

Ça me prend encore de temps en temps. Je ne peux pas dire que je sois obsédé par cette idée, n'empêche, je dois l'avoir en tête depuis de nombreuses années. J'aimerais revoir Callaghan. Il était bien anglais comme son nom l'indique. Il était en classe avec nous. Je pense parfois à ce nous qui a cessé de m'intéresser. Les années, les dizaines d'années m'en ont un peu détaché, de ce nous. Mais pas de Callaghan ou de quelques autres. C'est une sorte de mystère, pour moi. Et alors même que rien ne me le prouve, je suis presque certain qu'il se souvient aussi de nous, où que nous soyons. Ça aide un peu, à l'occasion. Se sentir si proche d'un inconnu permet de croire qu'on ne parle pas seulement à soi-même, à voix basse, et que l'on va bientôt mourir ; un jour en tout cas. Pas tout à fait lointain comme il aurait dit. Il avait besoin de beaucoup de choses, mais il n'avait pas besoin de les dire, la plupart du temps. J'ai souvent parlé de lui à des types qui l'ont connu, auraient pu le connaître. Je ne pensais pas à des types qui auraient pu vraiment le connaître, par son nom, son adresse et son occupation actuelles, je parle de types dont la vie est hasardeuse, ces types que l'on rencontre dans des endroits qui ressemblent à nulle part et n'ouvrent jamais avant sept heures le soir. Et puis, avec les années, de plus en plus souvent je me suis posé cette question : se peut-il que je revoie vraiment Callaghan ? Se peut-il que je ne sois pas le seul à croire encore que nous sommes amis, et en un sens, pour toujours amis ? Passé un certain âge, l'âge qu'il doit avoir aujourd'hui, «toujours» veut dire plus que «longtemps».


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