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Auteur : Leonard Michaels
Traducteur : Céline Leroy
Date de saisie : 26/03/2010
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Bourgois, Paris, France
Collection : Littérature étrangère
Prix : 28.00 € / 183.67 F
ISBN : 978-2-267-02062-5
GENCOD : 9782267020625
Sorti le : 07/01/2010
Conteurs, menteurs regroupe trente-huit nouvelles de Leonard Michaels écrites sur une période de plus de trente ans. Cette anthologie contient notamment l'intégralité de ses recueils Faire son chemin (1969) et Avec grandes terreurs et répugnance (1975) ainsi que ses derniers écrits parus dans The New Yorker, The Threepenny Review et la Partisan Review, juste avant sa mort en 2003.
Dans une langue d'une inventivité toujours renouvelée, Leonard Michaels met en scène des histoires aussi noires que drôles et dresse le portrait de ses personnages, autant de doubles de lui-même, avec un humour dévastateur et une franchise déconcertante.
«Une avalanche dense, paillarde, astringente de talent pur.» (Susan Sontag)
«Ces nouvelles sont des diamants bruts, à lire et à relire.» (William Styron)
«Espiègles, brillantes, irrévérencieuses et pleines d'aphorismes, les histoires que raconte Leonard Michaels sont à mettre au même niveau que celles de ses contemporains les plus célébrés, tels que Grace Paley ou Philip Roth.» (Mona Simpson, The New York Times)
Leonard Michaels est né le 2 janvier 1933 à New York, de parents polonais. Il a étudié à l'Université de New York, puis à celle du Michigan où, après son master en littérature anglaise, il rédige une thèse sur la littérature romantique. De 1969 à 1994, il enseigne l'écriture, la critique littéraire ainsi que la poésie romantique à Berkeley. Il est l'auteur de deux romans dont l'un - The Men's Club - est considéré par certains, lors de sa sortie dans les années 80, comme un livre sur l'émergence d'une conscience masculine. Sylvia a été rédigé en 1992. Leonard Michaels a aussi écrit six recueils de nouvelles et essais. Il est considéré comme l'un des maîtres américains de la nouvelle. Parmi les écrivains qui l'ont influencé : Franz Kafka, Wallace Stevens ou encore Byron. Il a également écrit dans des journaux tels que Vanity Fair ou le New York Times Book Review et reçu les prix de la fondation Guggenheim, de l'Institut américain des Arts et des Lettres, le Pushcart Prize et le «National Endowment for the Arts». Il meurt le 10 mai 2003 à Berkeley, après avoir passé les dernières années de sa vie en Italie avec sa femme.
Si la France excelle dans la séparation des disciplines, au pays de Jack Kerouac, on peut être un sage professeur et un écrivain - c'est-à-dire un sauvage, un déviant, dont l'art n'obéit qu'aux règles qu'il s'est fixées lui-même. Mais ces règles, il faut savoir les transgresser pour donner du sens et du souffle à l'écriture et l'écarter aussi de son pire ennemi : le ronron. Aucun risque de ce genre dans l'aventure de Leonard Michaels : Son anthologie, Conteurs, menteurs, est une résistance à toutes formes de conformisme...
elon Leonard Michaels, l'humour est l'instrument idéal pour décaper le monde ou relever ses bizarreries. Que ce soit sur une dizaine de pages ou en trois phrases, ces récits sont toujours remarquables.
Dans les histoires courtes qui composent Conteurs, menteurs, éclatent le brio de la prose de Leonard Michaels, sa feinte nonchalance, l'acuité de son regard, sa crudité lapidaire, son ironie abrasive - tout ce qui fait de cet écrivain juif new-yorkais le cousin, en mode mineur, d'un Bernard Malamud ou d'un Philip Roth.
Mannequin
À l'université, elle rencontra un Turc qui étudiait la physique et s'exprimait dans un anglais venu d'ailleurs dont chaque mot traduisait le désir contre-nature de s'approprier l'idiome pour qu'il ne parle qu'en son nom seul. Il travaillait le soir comme serveur, les étés comme ouvrier sur des chantiers de construction, jouait au billard ainsi qu'au bridge avec les étudiants des différentes fraternités afin de gagner quelques sous, et s'efforçait par tous les moyens de préserver, voire d'arrondir, sa bourse d'études, notamment en vivant presque à deux kilomètres du campus dans une chambre sans évier ni placard, ni même de chauffage décent. Il volait aussi une bonne part de sa nourriture, si bien que le jour où le University Hotel fut cambriolé, on accusa le Turc de l'avoir fait, un acte perpétré avec une telle rapidité que le gardien de nuit fut incapable de dire quand il avait eu lieu ni qui s'était rué dans le hall pour lui asséner un coup si violent qu'il le prit pour une attaque personnelle. Les week-ends, le Turc donnait des cours particuliers de maths et de français à quelques cancres...
1) Qui êtes-vous ?
Une lectrice/traductrice en formation continue.
2) Quelles sont, selon vous, les qualités demandées à un traducteur ou une traductrice ?
Avoir l'oreille musicale.
Se méfier de la fascination pour la figure de l'auteur, mettre de côté toute timidité face au texte.
Avoir de l'équilibre car la traduction est aussi un métier de funambule. Par exemple : d'un côté, rester suffisamment attentif pour repérer l'arythmie qui saisit parfois la phrase parce qu'elle cache une citation, un clin d'oeil, un jeu de mot... de l'autre, laisser libre cours à l'intuition, au travail du subconscient.
Être un bon lecteur.
3) Quel est le thème central du livre que vous venez de traduire ?
Pour ce qui est de "Sylvia", car il me semble que les deux ouvrages de Michaels qui viennent de paraître sont difficilement séparables, je dirais l'amour à la folie, la ville et l'écriture.
Les nouvelles de "conteurs, menteurs" reprennent ces trois thématiques et l'auteur, à la manière d'un musicien, en propose des variations.
Michaels parle aussi beaucoup du corps dans un rapport souvent violent. La chair en prend un coup, mais elle est vivante, jamais triste.
4) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
Pour les nouvelles : "Le rire aux lèvres, racontant des anecdotes pour certaines un peu effrontées même, Beckman triturait le badge où était inscrit son numéro de taxi tandis que les yeux de sa mère persistaient, sans ciller, à lui dire qu'il était malheureux, et son père, tirant sur son cigare contre l'avis des médecin, restait assis en silence, se suicidait poliment, hochait la tête, gloussait aux histoires de son fils jusqu'à son départ, après quoi il pouvait sortir de la pièce en titubant et ramper le long du mur jusqu'à son lit." ("Faire son chemin")
Pour "Sylvia" : "Cette histoire a commencé sans début."
5) Si ce livre était une musique, laquelle serait-elle selon vous ?
Du jazz, sans doute, celui qu'affectionnait l'auteur et dont il parle. Mais pour moi, bien que je ne sache trop l'expliquer, du Janacek ou du Chostakovitch, des compositeurs d'Europe de l'est ou russes. Un quatuor à cordes, une petite formation, des moyens réduits et une composition serrée mais qui vous prend à la gorge dès la première note pour vous laisser ému et stupéfait à la dernière. Vous voyez ce que je veux dire ?
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