Inscrivez-vous àla Lettre des Bibliothécaires.
Bibliothécaires,partagez vos découvertes.
Clubs de lecture,envoyez vos choix.
Editeurs,valorisez vos livres.
Auteur : Pascal Souris
Date de saisie : 01/11/2009
Genre : Droit
Editeur : Bruylant, Bruxelles, Belgique
Prix : 60.00 € / 393.57 F
ISBN : 978-2-8027-2761-3
GENCOD : 9782802727613
Sorti le : 22/09/2009
Le procès est un combat.
Jacques Isorni disait : «Le combat déférent. comme l'épée mouchetée. n'est jamais efficace. Ménager l'adversaire, c'est craindre de le blesser» Tout art martial nécessite apprentissage. L'Université initie au droit. Elle n'enseigne pas la stratégie : la dialectique et la rhétorique ne figurent plus à son programme. Or ces matières concourent autant au gain d'un procès que la connaissance de la loi. Cet ouvrage synthétise les techniques de combat de gladiateurs des prétoires, de Cicéron à Quintilien.
de Maurice Garçon à Jacques Charpentier. il exemplifie leurs préceptes par des centaines de citations issues de l'histoire judiciaire. Pour en étudier les phases le livre suit le cheminement du procès détermination du noeud du problème (status causae), élaboration de la stratégie. élection du rôle que jouera le plaideur (ethos). argumentations logiques et sophistiques (invention). présentation (disposition) et expression (élocution) des arguments.
attitude durant les plaidoiries (action).
ÉTUDE DU DROIT
Le gladiateur andabata luttait à l'aveugle, coiffé d'un casque entièrement fermé sur le devant, ce qui amusait le public. Ainsi combat l'avocat qui plaide sans savoir le droit.
Dès le premier siècle après Jésus-Christ, Quintilien écrivait :
La connaissance du droit civil est nécessaire à l'orateur.
L'orateur ne pourra non plus se dispenser de posséder le droit civil, ainsi que la connaissance des moeurs et de la religion du pays qu'il sera appelé à régir. Comment, en effet, pourra-t-il donner son avis dans les assemblées publiques ou dans les conseils privés, s'il ignore tant d'éléments qui entrent dans la constitution d'un État ? Comment encore se prétendra-t-il à juste titre le défenseur de ses clients, s'il faut qu'il s'en rapporte à un autre pour ce qu'il y a de plus essentiel dans une cause ? Il sera à peu prés comme ceux qui récitent les vers qu'ils n'ont pas faits. Réduit, en quelque sorte, au rôle de truchement, il affirmera sur la foi d'autrui des choses où le juge lui demandera sa conviction personnelle ; et, chargé de porter secours aux plaideurs, il en aura besoin lui-même.
QUINTILIEN, Institutions oratoires, Livre XII, chapitre 3
Tout d'abord, une observation s'impose dans la vie courante : celui qui connaît bien une question peut en parler d'abondance et sans trop d'embarras. Un artisan, un ouvrier, sans lettres et sans esprit, n'est pas embarrassé pour parler d'abondance des choses de son métier. Un paysan devient prolixe dès qu'il parle de ses champs, de ses semailles, de ses récoltes, de ses bêtes, et surtout de ses voisins.
1) Qui êtes-vous ?
Un collectionneur d'anecdotes judiciaires.
2) Quel est le thème central de votre livre ?
Aristide Briand était avocat.
Il possédait deux robes : une vieille et une neuve.
Il portait la première - qu'il interdisait de raccommoder - quand il défendait les syndicats et l'autre pour plaider les grandes affaires.
Ainsi les procès ne se limitent pas à l'échange d'arguments : ils font appel à des techniques d'expression, de conviction, de manipulation...
Le propos de ce livre est de synthétiser ces procédés et des les illustrer par des exemples puisés dans l'histoire judiciaire.
3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de votre livre, laquelle choisiriez-vous ?
Le combat déférent, comme l'épée mouchetée, n'est jamais efficace. Ménager l'adversaire, c'est craindre de le blesser.
ISORNI J., Les cas de conscience de l'avocat, p. 111
4) Si votre livre était une musique, quelle serait-elle ?
La musique baroque, car elle suppose une réplique, comme le droit de la défense.
5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Mon admiration pour les grands avocats comme Jacques Isorni, Maurice Garçon, Jacques Charpentier, Vincent de Moro-Giafferri, ceux qui font mentir Piero Calamandrei quand il écrit : «Le client ne sait pas que, souvent après une victoire, il devrait aller embrasser, tout ému, non pas son avocat, mais l'avocat de son adversaire».
Copyright : lechoixdesbibliothecaires.com 2006-2012 - Informations légales - Programmation : Olf Software - Accessibilité, CSS et XHTML : Gravelet Multimédia