Lire Ahmed Kalouaz, c'est s'offrir une respiration d'humanité, s'accorder une pause au fil de récits d'une rare intensité où s'étirent l'élégance d'un style et le parcours d'un homme de coeur.
"Les gens de peu", chers au sociologue Pierre Sansot, sont très présents dans les récits d'Ahmed Kalouaz : réfugiés, prisonniers, hommes et femmes cabossés par la vie retrouvent dans ses lignes une dignité qui leur est trop souvent refusée.
Ahmed Kalouaz lit aussi ses textes à voix haute. Comment alors rester insensible à la prose de cet auteur qui "sait encore offrir une poignée de main" à "cet homme qui, à l'hiver de sa vie, avait connu son dernier gel".
La plupart de ses récits sont publiés par une "petite maison d'édition" sans laquelle nombre de textes ne trouveraient pas de lecteurs : Le bruit des autres.
Animée par un passionné, Jean-Louis Escarfail, cette maison organise depuis quatre ans un salon de la rentrée littéraire buissonnière à Limoges (87).
Une occasion rare de sortir des sentiers battus et de rencontrer des auteurs et des éditeurs qui ont beaucoup à dire et à écrire.
Un conseil : entrer dans l'univers d'Ahmed Kalouaz en frappant à la porte de son récit le plus récent, "La Part de l'ange". Le besoin de découvrir sa bibliographie viendra ensuite naturellement.
Les présentations des éditeurs : 25/10/2009
Le poète est un rôdeur. Il amasse, ramasse les mots entendus sur sa route. La part de l'ange, c'est ce qui d'habitude s'envole, s'échappe et qu'on ne peut retenir. Les textes de ce recueil donnent ainsi à lire des instants de vie, des souffles du monde comme il va. Comme ces tonneaux couchés au fond des caves et d'où s'échappent des brumes de vendanges, pour que reste le meilleur, ce qui donne le goût, la couleur. Parce que la mémoire ne sait pas vraiment retenir la vie qui file, toute note est bonne à prendre, tout mot cueilli est une borne, une marque du monde. La part de l'ange, c'est cela, une lèvre, un sentier, un regard partagé, un caillou, une lente traversée.