Ruslana a seize ans quand la plus célèbre agence de mannequins anglaise la découvre par hasard dans une brochure touristique sur le Kazakhstan. Elle quitte alors son pays natal, sa famille pour un Occident de dollars et de paillettes. De New York à Saint-Barth, de Londres à Milan, de la misère russe à la vie rêvée, Ruslana côtoie les people, défile devant les stars, devient une référence - la référence. Elle découvre aussi l'amour, les hommes, les rencontres, l'ivresse, le gâchis, la peur.
Quelques jours avant son vingt et unième anniversaire, Ruslana est l'une des beautés les plus fameuses de son temps. Mais elle est si seule... Alors puisque le monde est à ses pieds, elle saute dans le vide.
De ce destin déjà légendaire, Géraldine Maillet a tiré un roman-vrai. Une saisissante plongée dans le décor trompeur de la mode et des gloires éphémères.
Géraldine Maillet est l'auteur de plusieurs romans, dont Presque top model (2006) et French Manucure (2008)
La revue de presse Paulin Césari - Le Figaro du 22 octobre 2009
ans son nouveau roman, «Le Monde à ses pieds», Géraldine Maillet évoque avec grâce et profondeur le destin tragique de Ruslana Korshunova, météorite des podiums...
Gloire et beauté, donc. Ne manque que l'amour. Il ne viendra pas. La vie d'un top est un sacerdoce, une ascèse. Il faut payer le prix. D'abord celui de son corps, auquel il faut renoncer. Les mannequins doivent se soumettre aux formes quasi pures des couturiers. Leur corps doit disparaître derrière le vêtement, devenir un support quasi invisible : un cintre. L'anorexie n'est pas un dommage collatéral, elle est inhérente au métier, elle est la tyrannie du concept (taille zéro, ça a le mérite d'être clair : la personne n'existe pas !). Ruslana expérimente cette soumission...
Géraldine Maillet délaisse le rose à joue pour entrer dans la chair souffrante. Avec son style épuré, son ton laconique et léger, ses enchaînements fluides, elle nous invite à suivre l'accomplissement tragique d'une petite fille pauvre, belle et ambitieuse. Nous la voyons littéralement et littérairement devenir pure apparence animée de l'extérieur. Nous éprouvons sa désincarnation froide et progressive. Nous contemplons cette vierge artificielle livrée aux désirs des masses. Elle est moins que zéro, elle le sait. Lorsque elle s'écrase sur un trottoir de Wall Street, nous savons, nous, qu'elle est morte bien avant de toucher le sol.