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Auteur : Francisco Casavella
Traducteur : Claude Bleton
Date de saisie : 02/03/2010
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Actes Sud, Arles, France
Collection : Romans Nouvelles Recits
Prix : 19.80 € / 129.88 F
ISBN : 9782742752935
GENCOD : 9782742752935
Sorti le : 30/12/2004
Campés dans les entrailles d'une Barcelone aussi gouailleuse qu'implacable, Les Jeux féroces constituent le premier volet d'un magistral roman picaresque sur une Espagne de la transition qui titube entre franquisme moribond et démocratie balbutiante.
Sur commande d'un mystérieux "Lecteur", le narrateur ravive le souvenir fondateur d'une journée qui l'aura marqué au fer rouge.
Ce 15 août 1971, deux adolescents des Taudis de Montjuïc arpentent une ville fantomatique, noyée par un déluge d'apocalypse, pour tenter de sauver le Watusi, un voyou romantique indûment soupçonné de meurtre.
Courant à perdre haleine de docks désaffectés en tripots grouillants, les apprentis justiciers parcourent en un éclair le spectre des sentiments, pour se réveiller à l'aube dans un monde plus réel et plus sordide. Désorientés dans la ville, ils ont trouvé leur boussole pour la vie.
Avec une langue des faubourgs, habilement corseté dans un style soutenu, Francisco Casavella trace la topographie d'un monde réaliste et magique qui abrite déjà Juan Marsé.
L'Espagne est un pays étrange. Qui a lu Nada, le roman de l'écrivain catalan Carmen Laforet, publié en 1944 et réédité chez Bartillat, l'année dernière, n'a pu oublier cette histoire d'un existentialisme impossible dans une Barcelone franquiste, assombrie par l'ordre moral et ses arrière-boutiques sordides du XIXe siècle. En 1944, en effet, l'Espagne est un pays qui n'a pas connu sa libération, et qui a été privé de l'euphorie de l'après-guerre.
Or, il revient aujourd'hui à la génération des quadragénaires, qui se penchent sur la mémoire du régime de Franco, de raconter leur après-guerre anachronique. Ainsi en est-il du Catalan Francisco Casavella, né en 1961, et de son dernier roman Les Jeux féroces (Actes Sud). Campé dans une Barcelone populaire du début des années 70, ce roman, qui fait date, raconte une dolce vita à l'espagnole d'avant la Movida madrilène, quand l'âge avancé de Franco nourrissait, à chaque instant, l'impatience générale, comme l'avancée des troupes américaines dans le Paris encore occupé... Pour tenter d'y voir clair devant le spectacle d'une démocratie en eaux troubles, Casavella, tel Céline dans l'Europe en ruines, revient à la moelle populaire. Son tableau des bas-fonds de la Barcelone des années 70, ne se prive ni de mauvaises rencontres ni de bagarres au couteau... Casavella a plongé dans ses souvenirs d'ordures et de ciel bleu ; sa connaissance des malfrats de banlieue, ces ragazzi di vita qui fascinaient Pasolini par leur débordement d'énergie, le néoréalisme qu'il affiche par un style brillant dopé aux substances illicites et excellemment traduit...
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