«C'EST LA SEULE IMMORTALITÉ QUI VAILLE : LES AUTRES VIVENT EN NOUS, NOUS VIVONS DANS LES AUTRES.»
Comment un jeune et timide étudiant bulgare, réfugié dans l'étude des structures du langage, s'est-il transformé en l'un des intellectuels français les plus lus dans le monde ? C'est à la découverte de cet itinéraire personnel unique que nous convie La Signature humaine. Qu'il évoque La Rochefoucauld ou Goethe, Germaine Tillion ou Edward Said, Tzvetan Todorov compose dans l'éclairage de la vie et de l'oeuvre des autres un autoportrait en creux.
Débarqué à Paris dans les années 1960 en plein empire du signe, il n'a eu de cesse de trouver l'homme qui se cachait derrière. Sa vie s'est déroulée en rencontres avec les personnes et les livres, qui, sans lui dicter de «système» (entreprise improbable pour un évadé du totalitarisme), définissent un humanisme marqué par la rencontre avec le mal mais qui échappe tant à la lassitude qu'au pessimisme.
À la Renaissance on croyait que chaque chose porte en son extérieur une «signature» par laquelle nous pouvons juger des forces et des qualités qu'elle recèle. Dans cet ouvrage, Todorov a revisité et remanié vingt-cinq années d'études, de publications, de réflexions qui toutes tentent de déchiffrer la signature humaine.
Un livre à la fois éblouissant d'érudition et source d'inspiration pour l'honnête homme soumis à l'inquiétude des temps.
Tzvetan Todorov est historien et essayiste, directeur de recherches honoraire au CNRS. Il est l'auteur d'une trentaine de livres consacrés à l'analyse des oeuvres et des sociétés, ainsi qu'à l'histoire des idées. En 2008, son oeuvre a été couronnée par le prestigieux prix du Prince des Asturies.
La revue de presse Nicolas Truong - Le Monde du 5 mars 2010
Chercher les figures du Bien qui ont su résister à ces sombres temps, lointains ou récents, où le Mal radical était devenu banal. Portraiturer celles et ceux qui, en plein coeur du nazisme ou du stalinisme, sont devenus des héros ordinaires ou des tortionnaires de bureaux. Relever les traces de l'humain là où il est censé n'en rester plus rien. Tel est le pari réussi de Tzvetan Todorov, qui réunit ses meilleurs articles et courts essais dans un ouvrage en forme d'autoportrait...
A travers des figures et des "lectures" (La Rochefoucauld, Goethe, etc.), ce livre dessine le portrait chinois d'un "honnête homme" qui a quitté l'empire des signes pour le monde du sens. Et qui sait bien que "l'extrême gît au sein du commun", même s'il a résolument choisi de faire le pari enthousiaste et incertain de l'humain.
La revue de presse Bruno Frappat - La Croix du 21 octobre 2009
Todorov, esprit libre et debout, nous livre un recueil riche d'une curiosité sans frontière...
Sa quête inlassable de faits, de documents, de lectures qui, toujours, le mène en chemin en direction de l'homme. Un humaniste qui tient bon dans une époque de dureté et de cynisme. Mais un humaniste sans niaiserie, sans illusion et sans faiblesse sur les utopies et les systèmes. En somme, un esprit libre et debout. Le livre, de prime abord, semble partir dans tous les sens. En vérité, il n'a qu'un seul sens: dire que tout ce qui a trait à l'homme mérite examen, que les grands phénomènes collectifs comme les faits individuels ont de l'attrait pour qui s'efforce à penser...
Dans son introduction générale, Todorov écrivait: «Si faire d'autrui une fin est une valeur légitime, c'est que l'être humain est frappé d'une incomplétude constitutive, qu'il a besoin des autres pour exister.»