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.. Les jardins publics

Couverture du livre Les jardins publics

Auteur : Gilles Leroy

Date de saisie : 09/07/2009

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Gallimard, Paris, France

Collection : Folio, n° 4868

Prix : 6.50 € / 42.64 F

ISBN : 978-2-07-035987-5

GENCOD : 9782070359875

Sorti le : 26/02/2009

  • Les présentations des éditeurs : 08/07/2009

C'est l'histoire d'une couturière qui aimait trop la photographie et c'est l'histoire de ses photographies.
C'est l'histoire d'un jardinier qui aimait trop les femmes et c'est l'histoire de son jardin. C'est l'histoire du zouave qui chantait et celle de Sarah qui abandonne son tambourin. C'est l'histoire du prêtre défroqué, amoureux de Sarah. C'est l'histoire de Muriel, l'enfant inachevée. Il y a aussi deux miliciens interlopes, une contrebandière scandaleuse et son mari boucher. Il y a aussi un lieutenant allemand, des aviateurs dans les déserts, des architectes dans les jardins.
Et il y a Lou. Lou au centre du monde et qui réunifie le monde. Enfin, il y a cet homme qui se souvient sans avoir rien connu, qui les interroge tous et cherche une réponse. Dans Les jardins publics, l'univers de Gille Leroy atteint l'ampleur d'une fresque contemporaine.


  • Le courrier des auteurs : 09/07/2009

«Le jeune homme interdit et désirant devant la vitrine aux livres.» Ç'aurait pu être le titre d'un roman flashy des années 70, ces années mêmes où, adolescent, je me tenais immobile, dans une fascination presque douloureuse, collé à la devanture de cette librairie hauturière du boulevard Saint-Germain à Paris qui était - à en croire mes professeurs de lycée - LA librairie.
Ici, était le Graal ; ici, l'alpha et l'oméga ; ici, le Beau, le Bon et le Bien.
Si j'avais quelques francs en poche, j'entrais et j'achetais au hasard un Folio, un 10/18, parfois un Fata Morgana où mon maître Henri Michaux avait eu la bonne idée de faire court, encore plus concis et poétique qu'à l'habitude, assez bref en tout cas pour entrer dans mes prix.
Il y avait toujours cette trouille au ventre, cette sensation qu'on me surveillait tel un voleur, sans me lâcher du regard une seconde. Longtemps après être passé à la caisse, longtemps après avoir quitté le lieu sacré, un sentiment d'injustice me poursuivait. Je n'ai jamais volé un livre. De la nourriture, oui, et des vêtements, des lames de rasoir - mais jamais un livre.
Je voulais écrire des livres : c'est peut-être cela qui me donnait le regard d'un voleur. Concupiscent, dangereux.
Trente ans plus tard, par une soirée d'automne douce et dorée, je suis entré dans ce temple du livre pour y être fêté. Dans les vitrines, c'étaient mes livres qui s'offraient au regard des nouveaux jeunes gens, des futurs écrivains.
Vendeuses et vendeurs formaient une haie chaleureuse. Je les ai embrassés, ému, oui, et tellement reconnaissant. Soudain, au creux de mon ventre, le signal s'est réveillé qui susurrait : «Es-tu bien à ta place ? Es-tu sûr de mériter cela ? Qui as-tu encore volé ?»

Mais c'était un signal amuï, une ironie de Nego, mon vieux double farceur. Car si je ne cultive guère ce jardin à la mode appelé «estime de soi», j'avais sous les yeux, ce soir-là, à La Hune, la manifestation des deux rares qualités que je me connaisse, la fidélité et la détermination.

Gilles Leroy


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