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Auteur : Marie-Hélène Lafon
Date de saisie : 04/12/2009
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Buchet Chastel, Paris, France
Collection : Littérature française
Prix : 15.00 € / 98.39 F
ISBN : 978-2-283-02348-8
GENCOD : 9782283023488
Sorti le : 03/09/2009
Marie-Hélène Lafon creuse son sillon livre après livre. En repartant de personnages du livre précédent, elle leur invente un autre destin. Paul, paysan cantalou et célibataire endurci, vit avec sa soeur et deux vieux oncles. Il décide de prendre femme en la personne d'Annette, rencontrée par petite annonce. Elle quitte le Nord de la France avec son fils pour s'installer définitivement à la ferme.
La langue magnifique utilisée dit la rude beauté de la nature, la sauvagerie du monde rural, l'acceptation de l'autre, la complexité des histoires familiales et des sentiments.
Eric savait par coeur certaines annonces choisies, Célibataire quarante-quatre ans un mètre soixante-sept soixante-neuf kilos sans enfants chauffeur agriculteur cherche jeune femme aimant campagne voulant fonder un foyer heureux désirant enfants ; ou encore, Cherche compagne cinquante soixante-deux ans féminine (bien bustée) sans attaches pour vie alternée Paris campagne.
Paul, quarante-six ans, paysan à Fridières, Cantal, ne veut pas finir seul. Annette, trente-sept ans, vit à Bailleul dans le Nord avec son fils. Elle n'a jamais eu de vrai métier. Elle a aimé Didier, le père d'Éric, mais ça n'a servi à rien. Elle doit s'en aller. Recommencer ailleurs. Elle répond à l'annonce que Paul a passée. Ce nouveau roman de Marie-Hélène Lafon raconte leur rencontre et leur histoire. C'est une histoire d'amour.
Marie-Hélène Lafon est professeur de lettres classiques à Paris. Tous ses romans, dont Les Derniers Indiens (2008), sont publiés chez Buchet/Chastel.
Ce roman, à la simplicité d'épure, proche des Profils paysans de Raymond Depardon, est comme le volet apaisé d'un diptyque, après Les Derniers Indiens (Buchet-Chastel). Paru en 2008, ce roman très noir offrait une issue tragique à des paysans survivants d'un monde traversé de "forces anciennes". Cernant la sensation au plus près, Marie-Hélène Lafon continue à tracer son singulier sillon, en évoquant la sourde tension de ce monde clos, sa violente autarcie. On pourrait entendre un écho de Rimbaud - "la réalité rugueuse à étreindre". Admiratrice de Flaubert et de Michon, la romancière rabote son texte, ajuste le phrasé à son souffle. Il y a, dans ce corps-à-corps avec l'écriture, une énergie et une exigence qui donnent à Marie-Hélène Lafon une place parmi les grands prosateurs. Elle traduit, dans cette langue qu'elle fait métier d'enseigner, la rudesse et "l'empêchement de parole", au sein d'un monde rural dont elle s'est éloignée pour mieux y revenir. Ainsi, elle mêle à l'âpreté une douceur possible, que la fin ouverte de cette rugueuse et belle romance laisse peut-être présager.
Quand une femme du Nord rencontre un agriculteur du Cantal. Une romance simple et âpre signée Marie-Hélène Lafon...
Sans doute faut-il voir en L'Annonce le plus beau roman d'amour de cette rentrée. Chez Marie-Hélène Lafon, les sentiments n'ont rien de niaiseux, à l'image de la rudesse des personnages et des décors. Comme dans son précédent roman, Les Derniers Indiens, l'auteur brosse ici une peinture tout en nuances d'un milieu rural, loin de tout folklore campagnard. Et il est difficile de ne pas admirer ces phrases, à la fois douces et âpres, qui rappellent moins l'émission L'Amour est dans le pré que Pierre Michon, l'auteur de Vies minuscules.
Le récit exquis d'une rencontre entre une mère célibataire et un agriculteur du Cantal...
C'est sans doute l'élément le plus difficile à acquérir en littérature : le style, cette manière singulière, personnelle, reconnaissable entre toutes, de raconter une histoire ou de laisser glisser sa plume. Marie-Hélène Lafon a du style. Et il est unique. Par sa façon d'assembler les mots, de jouer avec la musique des adjectifs, de construire de longues et délicieuses phrases désuètes, par sa ponctuation étonnante, elle donne à cette chronique paysanne un charme extraordinaire ; et le compliment n'est pas excessif. Sinon, par quelle magie s'attacherait-on aussi fortement à ce récit où deux solitudes tentent d'unir leur sort ?
Mais il ne faut pas s'y tromper, Marie-Hélène Lafon n'est pas une ethnologue de la vie rurale contemporaine, ni le pendant littéraire du cinéaste et photographe Raymond Depardon. Elle est une romancière qui agrippe les phrases pour les malaxer, transmettre à son lecteur une sensualité terrienne d'une beauté qui n'est jamais familière. Sa fiction devient d'une redoutable puissance grâce au rythme de ses phrases longues, tantôt pressées, tantôt languides. Elle déniche le mot juste qui cingle, l'adjectif qui hypnotise, la ponctuation qui rend la phrase vertigineuse. Ce septième livre est le plus abouti, le plus apaisé, plein de silences, de pudeurs et de désirs.
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