Et j'ai découvert Thérèse, en même temps que je découvrais ma Messe en fa. Pendant les répétitions, j'avais écouté la messe et Thérèse et, là, je les entendais.
Alors, en pleine béatitude, j'ai senti l'amour s'abattre sur moi, comme d'autres sont foudroyés par la beauté, la foi. A moins que ce ne soit de ma propre musique que je sois tombé amoureux. Ou de l'amour lui-même. Ou de Dieu.
Bien que mort prématurément à trente et un ans, Franz Schubert aura eu le temps de composer plus de mille oeuvres, dont quelque six cents lieder. Par-delà les siècles, comme le génial témoin revenu d'un voyage dans le temps, Pierre Charras fait entendre au présent la voix du compositeur, au plus près du processus créatif, et dessine les contours d'une âme tourmentée.
Pierre Charras est l'auteur de nombreux romans, dont Comédien, Dix-neuf secondes (prix Fnac 2003) et Bonne nuit, doux prince (prix des librairies Initiales).
La revue de presse Jean-Claude Lebrun - L'Humanité du 5 novembre 2009
Le roman est construit selon les quatorze parties rituelles d'une messe pour les morts, un requiem en forme d'hommage à la puissance créatrice du musicien viennois. Pierre Charras s'approche au plus près du point où s'effectue la métamorphose d'une simple pratique en un art. Il montre Schubert au moment où sa matière le dépasse et le porte là où il n'aurait jamais conçu d'aller : «Je n'étais plus qu'un passeur. Qu'un outil. Pas un artiste, non, pas même un artisan. Juste un véhicule. Un relais.»...
On songe à Mozart écrivant son Requiem dans le film de Milos Forman, même si l'on entre ici autrement dans le processus créatif, selon un mode plus allusif et suggestif. Pierre Charras a écrit en même temps un livre de compréhension et d'admiration. Son Schubert vit à présent lui-même l'empoignade si merveilleusement rendue tangible dans son quatuor la Jeune Fille et la Mort, alors qu'il ressentait les premières manifestations de la syphilis. Le roman se termine sur une note laissée en suspens, en émouvant mimétisme avec cette musique.
La revue de presse Thierry Clermont - Le Figaro du 15 octobre 2009
Pour rendre hommage au plus mélancolique des compositeurs, Pierre Charras s'est mis dans la peau et la musique du Viennois, qui nous confesse sa vie, rythmée par la ferveur créatrice. Un texte tendre et mélodieux, découpé selon les séquences classiques du Requiem.
Le courrier des auteurs : 09/03/2010
Chère Nathalie,
D'abord Merci d'exister et d'avoir installé ta caverne d'Ali Baba si près de chez moi. Avant ton arrivée, j'étais obligé de traverser Paris pour aller chez Alain. C'était un ami. C'est un ami. Il y avait bien une librairie dans le quartier, mais ils n'aimaient pas les enfants : je les soupçonne donc de ne pas aimer les livres non plus, puisque c'est pareil, n'est-ce pas, et de n'être que des marchands de papier. Ma fille t'en dira plus long sur eux.
J'ai goûté, comme toujours, notre chaleureuse discussion sur les choses de la vie devant ta vitrine où tu proposais du bonheur pour l'été. Tes vacances vont être studieuses tant est torrentielle la Rentrée littéraire. Je publie moi-même un roman à l'automne et prie pour que ce Titanic de mes vanités ne percute pas l'iceberg du déplaisir pour sombrer au fond de cet océan de titres. Les éditeurs construisent de magnifiques paquebots mais, tu le sais bien, il n'y a pas que la coque, il y aussi les entrailles, la fournaise grasse des machines, et nous souffrons.