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_ Alias Caracalla : mémoires, 1940-1943

Couverture du livre Alias Caracalla : mémoires, 1940-1943

Auteur : Daniel Cordier

Date de saisie : 11/05/2011

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Gallimard, Paris, France

Collection : Témoins

Prix : 32.00 € / 209.91 F

ISBN : 978-2-07-074311-7

GENCOD : 9782070743117

Sorti le : 15/05/2009

En 1940, la France est en pleine déroute et Daniel Cordier a 18 ans. Il décide de s'embarquer sur un cargo pour continuer la lutte contre les Allemands et contre la reddition choisie par Pétain. Après deux ans de formation avec les Français libres à Londres, il est parachuté en France et devient le secrétaire de Jean Moulin. Alias Caracalla est le journal de ces mois passés dans la clandestinité. Le jeune garçon militant d'extrême droite devient le plus proche collaborateur du représentant du général De Gaulle et voit s'effritées ses convictions anti-démocratiques et antisémites. Alias Caracalla est un récit formidable. Ouvrage d'aventure et d'initiation, il permet de saisir également les complexités de la Résistance française, ses rivalités, sa faiblesse, loin de l'image de mouvements unis et structurés.


  • Les présentations des éditeurs : 08/06/2009

Voici donc, au jour le jour, trois années de cette vie singulière qui commença pour moi le 17 juin 1940, avec le refus du discours de Pétain puis l'embarquement à Bayonne sur le Léopold II. J'avais 19 ans. Après deux années de formation en Angleterre dans les Forces françaises libres du général de Gaulle, j'ai été parachuté à Montluçon le 25 juillet 1942. Destiné à être le radio de Georges Bidault, je fus choisi par Jean Moulin pour devenir son secrétaire. J'ai travaillé avec lui jusqu'à son arrestation, le 21 juin 1943. Ces années, je les raconte telles que je les ai vécues, dans l'ignorance du lendemain et la solitude de l'exil. J'ai choisi pour cela la forme d'un «journal», qui oblige à déplier le temps et à fouiller dans les souvenirs. Les conversations que je relate ont pris spontanément la forme de dialogues. Qu'en penser après tant d'années ? J'ai trop critiqué les souvenirs des autres pour être dupe de mes certitudes : là où finissent les documents, commence le no man's land du passé, aux repères incertains. Mais s'il est dans la nature d'un témoignage d'être limité, il n'en est pas moins incomparable : instantané du passé, il permet de faire revivre les passions disparues. J'ai consacré beaucoup de temps et de soins à traquer la vérité - elle seule donne un sens à une telle entreprise - pour évoquer le parcours du jeune garçon d'extrême droite que j'étais, qui, sous l'étreinte des circonstances, devient un homme de gauche. La vérité est parfois atroce.
D.C.

Daniel Cordier est l'auteur de Jean Moulin, l'inconnu du Panthéon, 3 vol., Jean-Claude Lattès, 1989-1993, et de Jean Moulin, la République des catacombes, Gallimard, 1999.



  • La revue de presse Olivier Wieviorka - Libération du 25 juin 2009

Servie par le verbe enflammé d'André Malraux, la panthéonisation de Jean Moulin, en 1964, a soudainement conféré au représentant du général de Gaulle le statut de symbole incontesté de la Résistance française. Pourtant, l'homme, mort des tortures infligées par Klaus Barbie, reste un inconnu. Si son oeuvre a, depuis de longues années, suscité des débats passionnés entre résistants et historiens, l'individu, figé derrière son écharpe légendaire, conserve une part de son mystère - malgré les biographies qui lui ont été consacrées. C'est dire que les mémoires de Daniel Cordier étaient attendus...
Le lecteur découvrira ainsi, au fil des pages, le milieu des premiers Français libres, poignée de braves qui brûlent de laver l'affreuse défaite de 1940 tout en subissant un entraînement militaire d'autant plus ingrat que les troupes attendirent de très longs mois avant de faire la guerre.


  • La revue de presse Thomas Wieder - Le Monde du 19 juin 2009

Ces 900 pages sont éblouissantes. Elles constituent l'un des témoignages les plus précis, les plus honnêtes et les plus bouleversants qui aient jamais été publiés sur la Résistance. Celui d'un homme dont le destin fut doublement exceptionnel. D'abord parce que Daniel Cordier compta parmi les tout premiers Français à rejoindre Londres, dès le 25 juin 1940, à l'âge de 19 ans. Ensuite parce qu'il fut, pendant onze mois, le secrétaire de Jean Moulin, et à ce titre la personne qui connut le mieux celui sur qui comptait le général de Gaulle pour rallier autour de lui la Résistance intérieure...
Chez lui, l'histoire de l'armée des ombres n'a rien d'une épopée. Ce qui a souvent été décrit comme une aventure grisante n'est plus que grisaille. Les premiers mois en Angleterre ? "J'étais obligé de rester là à attendre qu'on veuille bien nous parachuter", confie-t-il. La première mission pour Jean Moulin, à l'été 1942 ? "Il m'a demandé de faire des centaines de kilomètres pour porter une lettre à un type. Une journée de train aller-retour pour une rencontre de deux minutes ! Franchement, je n'avais pas été volontaire pour jouer au facteur !"...
"Depuis que je me suis mis à écrire sur Moulin, j'ai un rapport absolu à la vérité. L'idée même de mentir m'est insupportable. Mais c'est compliqué, la vérité..."


  • La revue de presse Jean-Pierre Rioux - La Croix du 17 juin 2009

La rencontre sans fard entre l'Histoire et la sensibilité de Daniel Cordier fait un grand livre...
Quoi qu'il en soit, on trouvera d'abord chez Cordier, outre une nouvelle description de la vie quotidienne d'un clandestin dans Lyon et dans Paris, la confirmation de l'acharnement de Moulin à remplir la mission d'unification de la Résistance que lui avait confiée le général de Gaulle, à faire front contre des chefs des mouvements, à court-circuiter Henri Frenay qui guigne la place et fait allégeance en douce aux Américains; à entretenir, par contre, l'amitié de celui qui lui succédera à la tête du Conseil national de la Résistance, Georges Bidault, dont Cordier trace un beau portrait fraternel. Et, surtout, on comprend comment Rex tenait aussi son monde en faisant distribuer l'argent, nerf de la guerre. Rarement, donc, l'incompatibilité politique entre la France combattante de Londres et la Résistance intérieure au début de 1943 a été décrite aussi cruellement.


  • La revue de presseFrançois Busnel - L'Express du 20 mai 2009

Pourquoi un homme décide-t-il de s'engager ? Et comment glisse-t-il d'un monde de certitudes à un océan de doutes ? Voilà les deux questions qui traversent les remarquables Mémoires de Daniel Cordier, né en 1920 dans une famille antisémite, maurrassienne et bourgeoise, et qui devint l'ami de Raymond Aron, fervent gaulliste et, surtout, secrétaire particulier de Jean Moulin...
Ce livre est à la fois un témoignage capital, par un acteur de premier plan, mais aussi le roman vrai d'une vie consacrée à l'action, à l'audace, à la sculpture de soi. Indispensable !


  • La revue de presse Eric Roussel - Le Figaro du 14 mai 2009

L'historien, qui fut secrétaire de Jean Moulin après avoir été un fervent lecteur de «L'Action française» publie enfin ses souvenirs de guerre. Un témoignage de première main et le récit d'un itinéraire intérieur...
Si l'historien qu'est devenu Daniel Cordier s'est imposé, l'acteur et le témoin essentiels qu'il fut durant les années noires demeurait jusqu'à présent dans l'ombre. Ce volume de souvenirs les révèle enfin, et l'on s'en félicite, car au-delà d'un itinéraire personnel peu banal, il éclaire la sensibilité d'une génération...
Beaucoup de mémorialistes ont déjà raconté ces temps héroïques. Aucun n'a donné un récit aussi juste, aussi vrai des débuts de la France libre...
Pour tous ceux qui veulent comprendre cette époque, le livre magnifique de Daniel Cordier est désormais indispensable. Vu de près et avec un parti pris de vérité, la Résistance et ceux qui l'illustrèrent apparaissent plus grands encore.


  • La revue de presse Marc Riglet - Lire, mai 2009

Dans le monumental travail historique qu'il a consacré à Jean Moulin, Daniel Cordier a fait de l'usage exclusif de «documents» sa règle impérieuse. C'est à la force probante du document, comparée à la faiblesse du témoignage, qu'il doit d'avoir terrassé tous ceux qui ont tenté de diminuer l'oeuvre ou de diffamer la personne de celui qui fut l'artisan de l'unité de la Résistance française. En outre, Daniel Cordier n'avait pas, jusqu'alors, jugé bon de parler de sa propre action dans la Résistance. Il l'estimait modeste. Il faut lui être reconnaissant de s'être affranchi de cette pudeur en rédigeant ses Mémoires pour la période courant de 1940 à 1943...
Un grand livre d'histoire, une bouleversante histoire de vie.


  • La revue de presse Laurent Lemire - Le Nouvel Observateur du 30 avril 2009

De 1940 à 1943, jour après jour, le résistant se souvient du héros dont il fut le secrétaire et le confident : Rex, de son vrai nom Jean Moulin...
Cordier rapporte des engueulades mémorables, des conflits féroces, avec en toile de fond Vichy, les Allemands et la Gestapo qui veillent... Hormis l'autorité que lui a transmise de Gaulle, le seul argument de Moulin, c'est l'argent. Pour faire vivre et armer les réseaux, il faut des moyens. La façon dont Cordier nous présente les choses prend des allures de «Touchez pas au grisbi». Au-dessus de cette Résistance, ce désordre de courage qui fonctionne selon ses mots par «l'imprudence corrigée par le miracle», plane l'ombre portée de ce refus collectif, celui dont on parle peu, mais qui est toujours là : le général de Gaulle...
A cela s'ajoute une question, toujours sans réponse : qui a parlé ? La seule chose qui demeure constante dans ce millier de pages, c'est l'admiration pour la cause et la fascination pour Moulin. Cordier a été conquis par le personnage sans savoir qui il était, avant qu'il ne devienne le «Carnot de la Résistance», selon la formule de Malraux. Quant au titre, «Alias Caracalla», c'est Roger Vailland, un ami de Cordier, qui lui avait choisi ce pseudonyme pour son roman sur la Résistance. Il l'avait intitulé «Drôle de jeu».


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