Inédit en France jusqu'à ces derniers mois, "Le Compagnon de voyage" de Curzio MALAPARTE est de ces récits qui se lisent d'une traite.
Paru en Italie il y a deux ans à l'occasion du cinquantième anniversaire de la mort de l'auteur, ce livre est en quelque sorte l'allégorie du parcours politique sinueux de MALAPARTE, passé du fascisme à l'extrême gauche.
Calusa, un soldat originaire du nord de l'Italie, perdu dans la débandade de 1943 en Calabre après la chute de Mussolini, a fait le serment de ramener la dépouille mortelle de son lieutenant dans l'aristocratique maison napolitaine de ce dernier.
Le lecteur assiste à la longue remontée de la Péninsule en ruines, marquée par la présence de figures dignes ou méprisables. Un portrait du peuple italien, abruti par la faim et la peur, corrompu par la défaite, capable des pires bassesses, mais aussi plein de générosité et de courage.
Pour ceux que l'Italie inspire, comment aussi ne pas conseiller les fabuleux romans de Dino BUZZATI, Léonardo SCIASCIA, Marcello FOIS et autre Mario RIGONI STERN, de magnifiques moments de lecture en perspective.
Les présentations des éditeurs : 21/04/2009
Fable pudique, baroque et pleine d'humanité, Le Compagnon de voyagea pour cadre l'Italie de 1943. Après le renversement de Mussolini et le chaos que provoque la signature de l'armistice, les hommes de troupe, désormais sans ordres et sans chefs, décident de rentrer chez eux.
Au milieu de cette débandade, Calusia, un soldat bergamasque, entame la lente remontée de la Péninsule jusqu'à Naples. Il s'est juré de rendre à sa famille la dépouille de son lieutenant, mort en Calabre lors des ultimes combats désespérés et vains contre le débarquement allié.
Cet honnête paysan, fier de ses origines, traverse l'Italie en compagnie de l'âne Roméo et d'une jeune fille qu'il a prise sous sa protection. A travers ses rencontres se dessine un portrait tout en finesse du peuple italien, capable des pires bassesses, mais aussi plein de courage et de générosité.
La revue de presse Nathalie Crom - Télérama du 10 juin 2009
Paru en Italie il y a deux ans, à l'occasion du cinquantième anniversaire de la mort de Malaparte, ce court roman, dense et pur comme une pierre, s'offre à lire tout à la fois comme une plongée presque réaliste dans l'Italie de 1943, en proie à la débâcle, et comme une fiction allégorique dans laquelle se déchiffre la relation complexe et contrariée de l'auteur de La Peau avec son pays.
La revue de presse Jacques de Saint Victor - Le Figaro du 14 mai 2009
Dans ce roman resté inconnu en France jusqu'à aujourd'hui, l'auteur de «Kaputt» plonge le lecteur dans le désarroi de l'Italie en 1943. Comme avec Brahms, la question peut se poser. Aimez-vous Malaparte ? Si la réponse est positive, malgré les ambiguïtés du personnage et son parcours politique d'un joyeux opportunisme, alors il faut se plonger dans ce petit texte inédit, au charme si italien, qui a pour titre Le Compagnon de voyage. L'histoire est simple et nous plonge au coeur d'une de ces terribles meurtrissures de l'histoire d'un peuple qui a le chic de transformer le drame en farce.