Ronald Dunand est un écrivain connu, très connu même.
Un après-midi, alors qu'il attend un rendez-vous d'affaires dans un grand hôtel parisien, il aperçoit au bar sa propre femme. Un individu étranger lui remet une mallette...
Et le mystère s'épaissit.
Qui se promène cet après-midi-là avec un chapeau haut de forme bleu ?
Qui est ce flic ventripotent spécialiste de la lutte antiterroriste ?
Quelle est cette bohémienne dans le métro, détentrice d'un secret redoutable ?
Quel est cet étranger marchand de valises dont le magasin a deux entrées ?
Surtout, surtout, ne vous précipitez pas au chapitre final pour le savoir... Déclic est un suspense...
A vous, si vous le pouvez, de trouver la clef de l'énigme.
Patrick Cauvin, de son vrai nom Claude Klotz, vécut sa petite enfance à Marseille avant de venir à Paris. Professeur de Lettres en banlieue pendant dix ans, il est devenu l'un des romanciers français les plus populaires : E=MC2 mon amour, Villa Vanille. Derniers livres parus chez Plon : le Dictionnaire amoureux des Héros (2005), Les Pantoufles du Samouraï (2008).
Les courts extraits de livres : 07/03/2009
Olivier
Ils étaient une vingtaine.
Peut-être pas tout à fait. S'il était pointilleux, il les compterait, mais il préféra entretenir l'illusion.
D'ailleurs, même en supposant qu'ils ne soient que dix-huit, «vingtaine» n'était pas faux.
Qu'est-ce que ça signifiait exactement, «vingtaine» ? Est-ce que ça allait de vingt à trente ou de quinze à vingt-cinq ? Et vingt-six, dans ce cas, c'était quoi ? Une trentaine ?
Ronald croisa les jambes. Il avait rempli des salles de deux cents personnes, davantage quelquefois. Ce soir, il en était à la vingtaine : s'il voulait être honnête, à la petite vingtaine... Et demain ? N'y aurait-il pas, au bout de la route, un soir de chaises vides ?
«Nous regrettons, monsieur Dunand, mais personne ne viendra. D'ailleurs, vos livres ne sortent plus des rayons. C'est terminé pour vous. La date de péremption est dépassée. Tirez-vous d'ici ou on appelle la police !»
Il se secoua. C'était le survol des corbeaux. Ils surgissaient par vagues du fond des horizons, très lents, presque majestueux mais inexorables. La déprime en ailes noires. C'était à cet instant qu'il fallait parler : la seule façon de chasser les plumes de ténèbres.
La bibliothécaire s'approcha.