Au cours de son service national dans un petit village de brousse, Amantle trouve, au fond d'un placard, des vêtements ensanglantés. Une courte enquête lui apprendra que ces derniers appartenaient à la petite Néo, disparue quelques années auparavant prétendument victime de la voracité d'un lion.
Ce roman raconte la persistance de crimes rituels dans certains pays d'Afrique noire. Ces crimes, perpétrés par des personnes possédant un certain statut social, visent à les maintenir dans leur position, mieux à les aider à progresser. Les familles concernées ne peuvent que subir car ces horreurs sont tolérées, admises par l'ensemble de la société qui laisse les assassins dans une totale impunité.
Ce roman à l'écriture sobre, sans effet superflu, est porteur d'un message d'espoir. En effet l'héroïne, éprise de vérité, mènera son enquête envers et contre tous et parfois au péril de sa vie. Elle est en effet la première à oser protester, s'élever contre l'ordre établi, reprocher à la police, aux pouvoirs publics et politique leur inertie. Amantle réussira à transmettre à l'ensemble des villageois son exigence de vérité pour enfin avec eux, tenter d'esquisser un avenir meilleur. Parce que cette volonté vient d'une simple fille du peuple, l'on se prend à espérer que l'Afrique va enfin se libérer de l'emprise de ses traditions et entrer dans la modernité.
Un très beau roman, difficile de par le sujet évoqué, à lire absolument.
Les présentations des éditeurs : 28/02/2009
Amantle accomplit son service national dans un dispensaire de brousse, du côté des superbes paysages du delta de l'Okavango. Affectée à des tâches subalternes, elle découvre une boîte contenant les vêtements d'une petite fille, couverts de sang. Il s'avère que ce sont ceux de la jeune Neo, disparue cinq ans plus tôt. La police avait classé l'affaire : "attaque par un lion, aucune trace de l'accident".
Véritable empêcheuse de danser en rond, Amantle va relancer l'enquête, au grand dam des autorités locales. Dans les hautes sphères aussi on s'inquiète de cette exigence de vérité qu'osent poser des villageois supposés dociles. On ne parle plus de lion mais d'erreur humaine, d'élimination de preuves, de crime rituel perpétré par des gens haut placés. La découverte des vêtements gêne du monde, les coupables sans doute, ceux qui ont peur des pouvoirs occultes certainement, ceux aussi qui craignent et jalousent leurs supérieurs.
Mais Amantle ne lâche pas, elle contacte une amie avocate et se fait des alliés parmi les villageois qui voient en elle la seule chance d'en savoir plus, de coincer peut-être les coupables impunis de ces meurtres rituels relativement réguliers qui frappent de petites campagnardes.
Maîtrisant parfaitement les dialogues, les portraits, les cadres de vie, Unity Dow écrit là non seulement un bon thriller sur fond d'Afrique partagée entre modernité et tradition mais aussi un réquisitoire contre des pratiques excessivement barbares.
Unity Dow, Botswanaise née en 1959, juge à la Cour suprême du Botswana et première femme à occuper ce poste, possède une longue expérience du droit humanitaire. Elle est membre de l'International Women's Rights Watch et, outre plusieurs rapports sur la condition des femmes et des enfants, elle est l'auteur de deux romans Far and Beyon et Juggling Truths.